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Tome XIV. FERM - FORL.
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rient plus familières, nous acquérons furelles le pouvoir de les appellcr ou de leséloigner, & de les comparer à notre gré,an moins hors des cas des grandes pas-sions ; & tout cela tient fans doute engrande partie an méchanisine de nos or-ganes. Or , du pouvoir que nous avonsd’appeiler, d’écarter & de comparer ànotre gré les idees , fuit manifestementl’empire que nous avons fur notre per-suasion : car toute persuasion résulte dela comparaison de deux idées, & li nousécartons les idées dont la comparaisonnons conduiroit à la persuasion de cer-taines vérités, nons fermerons par-làl’entrée de notre esprit à la persuasion deces mêmes vérités.

Mais, pourra-t-on dire, lorsque nonsécartons ces idées , la persuasion est déjaentrée dans notre ame ; car nous ne lesécartons que pour ne pas faire ia compa-raison qui nous y conduiroit. Nous sa-vons donc que cette comparaison nousconduiroit à ia persuasion ; mais cela po-sé , nous sommes déja persuadés.& nousne faisons que nous dispenser de réflé-chir fur notre persuasion.

Je réponds qu’cn faisant cette instance,on conviendroit que la persuasion réflé-chie est libre.Or un théologien peut sou-tenir avec beaucoup de vraisemblanceque la foi est une persuasion réfléchie ; &l'on voit que dans ce sentiment il est fa-cile de concevoir comment elle est méri-toire , & comment elle est une vertu.

Mais fans considérer ici la foi en par-ticulier , on peut dire que toute persua-sion eu général est libre, entant que ré-fléchie, quoiqu’elle ne le soit pas entantque directe. II y a une premiere vue deJ’esprit jetée rapidement sur les idées &fur les motifs de la persuasion , qui sus-dit pour soupçonner la liaison des idées& ia solidité des motifs, & qui ne suffitpas pour en convaincre. Ce soupçon n’estrien autre chose qu’un sentiment confus ;c’estla vûe mal terminée d’un objet quinous épouvante dans l'éloignement, quenous reconnoisson?, & que nous crai-gnons de fixer. Dans cet état on n’a pasfur la liaison des idées , le degré ^atten-tion nécessaire jftur former un jugementdécidé, & pour avoir une persuasion ré-fléchie. Or je croirois volontiers que l’e-xercice de la liberté n’a pas lieu dans cepremier moment : auffi n’est.ce pas alors

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| que la persuasion des vérités de la soi eíl( méritoire. L’incrédule le plus obstinéî peut sentir confusément la vérité des mo-tifs de crédibilité qui conduisent à la re-ligion , & 11e pas en être persuadé ; & lesremords St les inquiétudes dont on ditque ces gens-là font tourmentés, pren-nent leur source dans ce sentiment con-fus.

î°. Voici encore une autre maniéréd’expliqner comment la persuasion estlibre. Les vérités île la religion sont éta-blies par des preuves, & combattues pardes objections. La persuasion résulte dela conviction intime, de la force de cel-les-là,& de la foiblest’e de celles-ci. II estcertain que celui qui détournera Ion es-prit de la considération des preuves pourl’attafher aux difficultés qui les combat-tent quoique les difficultés soient foi-- blés & les preuves fortes, opposera très-librement des obstacles à la persuasion ;& c'estjce que nous voyous arriver tousles jours.

La volonté, dit Paschal, est un des prin-cipaux organes de la créance , non qu'eíleforme la créance , mais parce que les cho-ses paroijjepit vraies ou fausses , selon laface par hïquelle on les regarde. La vo-lonté qui fecplait à l’une plus qu’à l’autre,détourne ïesprit de confidérer les qualitésde celle qu'elle n aime pas : ístf aìnji Vespritmarchant d’une piece avec la volonté,s'ar-rête « considérer la face qu'eíle aime j &en jugeant par ce qu'elle y voit, il réglé itt-sensiblement sa créance suivant Finclina-tion de la volonté.

3°. Toute cette difficulté suppose quel'évidence des preuves de la religion esttelle , qu’on ne peut pas ne pas s'y ren-I dre auffi-tôt qu’on les comprend : or e’estce qui n’est point. Ecoutons encore Pas-chal sur ce sujet, liy a , dit-il, dans l’é-conomie générale de la religion , assez delumière pour ceux qui ne désirent que devoir , és assez d'obscurité pour ceux quiont une disposition contraire.... assez A'obs-curité pour aveugler les réprouvés, sfasez de clarté pour les condamner & lesrendre inexcusables.

E11 général , quoique les preuves dugenre moral, loriqu'elles font portées ìun certain degré d’évidence , entraînentle consentement avec beaucoup dc force,il est cependant vrai qu’elles n’exercentpas fur l’esprit un empire aussi puissant