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Tome XIV. FERM - FORL.
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ppse celles qui sont de Tordre métaphysi-que. La possibilité absolue du contraireque les preuves morales laissent toujourssnhíifter, suffit poiir donner lieu à l’in-crédoliíé. C’est ainsi qu’on a vû au com-mencement de ce siécle un savant appuyéde conjectures légeres,révoquer en doutedes kits établis fur les preuves moralesles plus eomplettcs.

Voilà ce que nous avions à dire de laJoi considérée comme vertu.

La foi est encore une grâce. Ceci a be-soin d’explieation ; car on ne voit pas«Tabou! ee qne peut avoir de communavec ta grâce , nne persuasion qu’iin cer-tain concours de preuves produit dansFesprit. Voici donc comment cela peuts’cnfendre.

l”. La foi eíl une grâce extérieure, c’ est-à dire que Dieu fait une grande grâce,«ne extrême faveur à ceux qu’il placedans des circonstances où les ve'ritésí chré-tiennes entrent plus facilement dans leu râme, &où les préjugés «'opposent pointá la foi des obstacles trop grands.

2-®. La foi efì une grâce intérieure. Siî’homme a besoin du conconrs'de Dieupour la moindre action, ce concours Inifft nécessaire pour arriver à la persuasiondes vérités d c ia foi. Or ce concours estsurnaturel.

On n’a pas encore expliqué bien net-tement ce qu’on doit entendre par cemot, fíolden dit qne les actes de foi fontdivins & surnaturels, tant à cause qu’ilsfont appuyés fur la révélation divine ,qne parce qu’ils ont pour objet des mys-tères & des choses divines fort au-dessusde Tordre de la nature. IAv. L , chap. ìj.Cela s’entend assez bien. Mais les théolo-giens regardent cette explication commeinsuffisante, & ils exigent qu’on dise en-core que Tacts de foi est surnaturel enti-tativement. Voyez Grâce & Surna-turel.

La foi n’est pas la premiere grâce ; carDieu donne des grâces aux infidèles pourarriver à la foi : e’est la doctrine catholi-que.

Bans les définitions 81 les divisionsqu’on a données de la foi , on a assez or-dinairement confondu la foi comme per-suasion, comme grâce & comme vertu :c’est pourquoi nous allons faire quelquesremarques fur ces définitions & ces divi-sons.

FOI

On définit la foi, une vertu divine-ment infuse ; une lumière surnaturelle,un secours, un don de Dieu qui nous faitacquiescer fermement aux vérités révé-lées , par le motif même de Tautorité deDieu.

Je crois qu’il faudroit dire que c’estune persuasion ferme des vérités révéléespar Dieu , fondée fur Tautorité de Dieumême, sauf à faire entendre ensuite quecette persuasion est méritoire , & qu’elleest une vertu; que nous avons besoind’un secours surnaturel pour nous y éle-ver , & qu’elle est une grâce en ce sens.

1 On voit au contraire dans la définitioncommunément reçue , la vertu ds la foi ,la grâce de la foi & la persuasion que ren-ferme lifoi , entièrement confondues.

Quelques théologiens ajoutent danscette définition , après ces mots révéléespar Dieu , ceux-ci, cf proposées par ÏE-giise.

Mais Jnanin remarque que cette ad-dition n’elt pas essentielle à la définitionde la foi-, & que quoique TEglife pro-pose communément les choses révéléescomme telles, on peut cependant croireun dogme fans que TEglife le propose.Cette question dépend de l’examen decelle-ci, quand U comment VEglise pro-pose-t-ciìe aux fideles un dogme comme ré-vélé? On doit en trouver la solution auxarticles Eglise céf Révélation.

On divise la foi i°. en habituelle &actuelle, & cette division peut s’enten-dre de la foi considérée sous les trois rap-ports,de persuasion,de grâce & de vertu.Mais qu’est-ce que 1 3 foi habituelle ? Est-oc une qualité habituelle dans le sensde la philosophie d’Aristote ? C’est surquoi TEglife n’a point prononcé définiti-vement. Cependant,depuis la fin du dou-zième siecle , les théologiens se sont ser-vis du terme d 'habitude pour expliquerce que TEglife enseigne sur la nature dela grâce sanctifiante qui est répandue enl’ame par les sacremens , à savoir quec’est quelque chose d’interne ou d’inhé-rent & distingué des actes.

La foi est aussi acquise on infuse. Onappelle/ói acquise, celle qui naît en nouspar une multitude d’actes répétés; & in-fuse , celle que Dieu fait naître fans au-cun acte préalable : telle est la foi des en-fans ou même des adultes, que Dieu jus-tifie dans la réception des sacremens.