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remonte assez haut itans l'histoire mo-derne.
Au commencement du neuvieme sié-cle , l’empereiir Théophile, avoit pourfou un nommé Daudery, qui par son in-iliicrétion pensa causer lesplus cuisanschagrins à i’impératrice Théodora II s’?-viía d’sntrer ùn jour brusquement dansle cabinet de cette princesse, lorsqu’ellefaisoit ses prières devant son oratoire or-né de très-belles images qu’elle gardoiten grand secret, pour éviter que l’empe-reur, qui étoit Iconoclaste , en eut con-noissancc. Daudery, qui n’avoit jamaisvu d’images , lui demanda vivement cequec’étoit: à quoi Théodora réponditque c’étoit des poupées qtt’elle préparoitpour donner à ses filles: fur cela Dact-dery vint dire au dîner de l’empereur,qu’il avoit trouvé l’impératrice occupéeà baiser les plus jolies poupées du mon-de. Théodora eut hien de la peine à setirer de ce mauvais pas : mais elle fit sibien châtier le fou de l’empereur, qu’ellele corrigea pour jamais de parler de toutce qui nourroit la regarder.
Après l’expédítion des croisades , onvit la mode d’avoir des fous s’établirdans toutes les cours de l’Europe, danscelles d’Italie, d'Allemagne, d’Angleter-re, & de France. Ici les princes du bonair voulurent avoir dessous à leur fuite,qui leur servissent de jeuet & d’a m u sè-ment. I.à les grandes maisons se procu-raient un fol qu an habilloit ridicule-ment, afin que l’héritier présomptif eûtoccalìon dese divertir de ses discours oude ses bévues. En Italie , Nicolas III.marquis d’EH & de Ferrare, avoit à fatour un fou eu bouffon nommé Gonelie ,qui devint célébré par íés reparties.
En France, on poussa la chose plusloin que par-tout ailleurs : car l’emploide fou à la cour y fut érigé en titre d'offi-*e particulier. On conserve dans les ar-chives deTroiesen Champagne une let-tre de Charles V., qui écrivit au maire& aux échevins, que (on fou étant mort,ils eussent à lui envoyer un autre fau ,suivant la coutume. A 8. Maurice deSeniis , on lit cette épitaphe ; “ Cy gistThévenîn de Saint-Légier, fou du roinotre lire, qui trépassa le premier Juillet1374 : priez Dieu pour l’aine de ly „.
Le fou de François I. nommé Tribou-let , dií'ûit qtie Çharls$-Quint étoit plus
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/o» que lui de passer par laFrance pour al-ler aux Pays-bas ; mais , lui dit FrançoisI. Si je le laiffe f a fer ! E11 ce cas , dit T ri-boulet, j'effacerai son nom de mes tablet-tes s if j'y mettrai le votre. CependantCharles-Quint avoit raison de ne pas hé-siter, en se rendant dans lesPays-Bas ,de passer en France fur l’invitation d’rmmonarque qui, après ta bataille de P avis,mandait à la duchesse d’Angoulême: toutejl perdu , hormis l’honneur.
Le dernier fou de cour dont il soit par-lé dans notre histoire, est le fameux l’An-gely , que M. le Prince amena des Pay$-Bas, & qu’il fefit un plaisir de donner àLouis XIV. Maisl’Angely étoit un fouplein d’efprit, qui trouva le secret deplaire aux uns, de se faire craindre desautres, & d’amasser par cette adresse unesomme de vingt-cinq mille écus de cetemps-là. On fait à ce sujet les deux versde Despréaux, & le bon mot de Ma-rigny , qui étant un jour au dîner du roi,dit à quelqu’un, en voyant l’Angeiy quiamusoit Louis XIV. par ses bons mots :
1,1 De tous nous autres fous qui avons sui-vi M. le Prince, il n’y a que l’Angeiy quiait fait fortune „. Cependant ces raille-ries piquantes de l’Angeiy le firent à latin chasser de la cour ; & depuis, cetteelpece de fous n’y a plus paru. L’Angeiydifoit qu’il n’alloit pas au sermon , parcequ'il n'aimait pas U brailler, U qu il n'en-tendait pas le raisonner. (D. J.)
Fou Appel , Jurìsprud., est celui quiest interjeté témérairement & sans cause,ni moyens valables. L’amende du fol ap-pel , proprement dit, est la grosse amendeà laquelle on condamne celui que l’on dé-clare non recevahle dans son appel. Eoy.l'ordonnance de 1539, art. 96 if le prati-cien de Ferriere, tit. des appellut. Cepen-dant quelques-tins entendent pus fol ap-pel tout appel dans lequel l'appeilant suc-combe ; & par amende du fol appel ilsentendent aullì l’amende ordinaire à la-quelle en ce cas on condamne l’appeilant,
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FOLIATION, f. f. Bot., c'est propre- f-ment l'assemhlage des feuilles o» pétalescolorés qui composent la fleur même.
FOLIE, f. f .Morale. S’éearter de laraison, sans le savoir, parce qu’on est pri-vé d'idées, c’est être imbécille ; s’écarterde la raison le sachant, mais à regret,par-ce qu’on est esclave tl’une passion violen-