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Tome XIV. FERM - FORL.
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«jui donne tout à ses fantaisies, commel’avare qui refuse tout à ses besoins; & lesybarite plongé dans les voluptés n’estpas plus sensé que l’hy pocondriaque,dontí’ame est Fermée à tout sentiment de plai-sir; il n’y a de vrais biens fur la terreque la santé, la liberté, la modérationdes désirs, la bonne conscience. C’estdonc une folie âa premier ordre que de sa-crifier volontairement de si grands biens.

Parmi nos folies il y en a de tristes ,comme la mélancolie : d’impétueulés ,comme la colere & l’humeur ; de dou-loureuses, comme la vengeance, qni atoujours devant les yeux un outrageimaginaire ou réel, &i’envic, pour quitous les succès d'autrui font un tourment.

II y a des fous gais; tels font en géné-ral les jeunes gens : tout les intérell’e ,parce que tout leur est inconnu; tousleurs senti mens font excessifs , parce queleur ame est toute neuve: un rien les metan désespoir , mais un rien les transportede joie; ils manquent souvent de l’aisance& de la liberté,mais ils possèdent un bienpréférable à ceux-là , ils font gais. Folieaimable, & qn’on peutappellerbenrerí/è,puisque les plaisirs l’emportent fur lespeines;/»//? qui passe trop vite, qu’on re-grette dans un âge plus avancé, & dontlien ne dédommage.

II est des folies satisfaisantes, fans êtregaies ; telle est celle de beaucoup de gensà talens, sur-tout à petits talens. Ils atta-chent (fautant plus d’importance à leurart, que dans la réalité il en a moins.Maiscette/»//? flatte leur amour-propre ; ellea encore pour eux un autre avantage ; ilsauroient peut-être été médiocres dansleur état, elle les y rend supérieurs, ellea mèine quelquefois reculé les limites del’art.

Ilestpnfindes folies auxquelles on se-roit tenté de porter envie. De cette especeest celle d’un petit bourgeois, qui , parson travail & par son économie , s’étantacquis une aisance au-dessus de son état,en a conçu pour hii-même la plus sincerevénération. Ce sentiment éclate en luidans Ion air , dans ses maniérés , dans sesdiscours. Au milieu de ses amis, il aime àfaire le dénombrement de ce qu’il possé-dé. Ii leur raconte cent fois, mais avecune satisfaction toujours nouvelle,les dé-tails les moins intércssans de fa vie & deL fortune.Dans l’intérieur desa maisonil

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ne parle qne par sentences ; il se regardecomme nn oracle, & est regardé commetel par sa femme, par les enfans, & parles gens qui le servent. Cet bomme-là as-surément eíï fou , car ni sa petite fortune,ni le petit mérite qui la lui a procurée,ne sont dignes de l’adiniiation & du res-pect qu’ils lui inspirent * mais cette foliene fait tort à personne, elle amuse le phi-losophe qni en est spectateur ; & pour ce-lui qui la possede, elle est nn vrai tré-sor, puisqu’etle fait son bonheur.

Que li quelques-nns de ces fous parois-soient pour la premiere fois chez une na-tion qui n'eût jamais connu-que la raison,il est vraisemblable qu’on les Feroit en-fermer.Mais parmi nousl’habitude delesvoiries fait supporter ; quelques-unes deleurs folies nous font nécessaires, d’antresnous font utiles, presque toutes entrentdans l’ordre de la société, puisque cet or-dre n’est autre chose que la combinaisonAc^ folies humaines. Qne s’il en est que!-'ques-nues qui paroissent inutiles ou mêmecontraires , elles font le partage d’un íígrand nombre d’individus, qu’il n’est paspollìble de les en exclure. Mais elles nechangent pas de nature pour celaiehaeimreconnoît pour folie celle qui n’est pas lasienne, & souvent la sienne propre, quandil la voít dans un autre.

Folie , Médecine , est une espece delésion dans les fonctions animales ; cettemaladie de l’esprit est si connue de tout lemonde, qu’il n’est aucun des plus fameuxnofographes qui ait cru devoir en donnerune idée précise, une définition bien dis-tincte ; iin’en est traité expressément nul-le part. V. les œuvres île Sennert, de Ri-vière, d’Ktmuller, d'Hoffman, de Boer-haave , £/c.

Comme la folie consiste dans une forted’égarcment de la raison, dans une dé-pravation de ia faculté pensante (dontl’a-bolition est ee qu’on appelle démence , v.Démence); dépravation qui a lien aveedifférentes modifications dans le délire ,dans la mélancolie , dans la manie : on aconfondu la folie avec l’ttne ou I'autre deces maladies, mais plus communémentavec la derniere de ces trois ; parce qtl«la folie est comme le prélude de la manie ,& a essentiellement plus de rapport avecelle qu’avec aucune autre ; de maniérécependant que la folie peut avoir lieu Sisubsister pendant long-teras,pendant tou-