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Tome XIV. FERM - FORL.
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chercher dans tine source tout-à-Faitétrangère , la cause du plaisir que la mu-sique nous procure ; le calcul peut à lavérité faciliter ('intelligence de certainspoints de la théorie, comme des rapportsentre les tons de la gamme , & du tem-pérament ; mais ce qu’il faut de calculpour traiter ces deux points est si simple,&, pour tout dire , si peu de chose, querien ne mérite moins d’étalage. Combiendonc doit-on désapprouver quelques mu-siciens qui entassent dans leurs écrits chif-fres fur chiffres, & croyent tout cet ap-pareil nécessaire à l’art?La fureur de don-ner à leurs productions un faux air scien-tifique, qui n’eti impose qu’aux ignorans,les a Fait tomber dans ce défaut, qui nesert qu’à rendre leurs traités beaucoupmoins bons & beaucoup plus obscurs. Jecrois qu’en qualité de géomètre, on mepardonnera de protester ici (si je puism’exprimer de la forte ) contre cet abusridicule de la géométrie dans la musique,comme j’ai déja réclamé ailleurs contrel'abus de la même science clans la physi-que, dans la métaphysique , V. Ap-plication , Uc.

Qu’il me soit encore permis d'ajouter( car une vérité qu’on a dite , conduitbientôt & comme nécessairement à uneautre ) que les explications & les raison-nernens physiques ne font pas plus utilesà la théorie de l’art musical, ou plutôt lefont encore moins que les calculs géomé-triques. Nous savons , par exemple, &nous le disons ici par l’intérêt que nousprenons aux ouvrages deM.Rameau,quecet artiste célébré se reproche avec raison«savoir mêlédans le premier chapitre defa génération harmonique,aux expérien-ces lumineuses qui font la hase de Ion sys-tème, l’hypothese physique dont nousavons parlé fur la différente élasticité desparties de l’air, par le moyen de laquelleil prétend expliquer ces expériences; hy-purement conjecturale, & d’ail-insuffisante pour rendre raison desphénomènes. Ceux qui ont les premiersproposé cette hypothèse (car M. Rameauconvient qu’il o’en est pas sauteur) , ontpû la donner comme une opinion ; maisjamais on n’a dû en faire la base d’un trai-té de l'harmonie. Des faits, & point deverbiage ; voilà la grande réglé en physi-que comme cn histoire.

Tenons-nous-cn donc aitx fairê, K

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pour finir ce long article par quelquechose qui intéresse véritablement les ar-tistes & les amateurs,entretenons iei noslecteurs d’une belle expérience du célé-bré M. Tartini, qui a rapport à la baffefondamentale.

Voici cette expérience telle qn’elle estrapportée par fauteur même , dans sonouvrage qui a pour titre, Trattnto di Mu-Jtca .secundo la ventscicnzu deU'armonia,imprimé à Padoue 1754; ouvrage quin’est pas également lumineux par-tout,mais qui contient d’excellentes choses,& dont nous pourrons faire usage dans lafuite pour enrichir plusieurs articles de{'Encyclopédie.

Etant donnés à-la fois ( c'eft M. Tar-tini qui parle) deux sons produits par unmême instrument capable de tenue,c’est-à-dire qui puisse faire durer L soutenirle son, comme trompette, hautbois,violon , cor-de-chasse , £íc. ces deuxsons en produiront un troisième très-sen-sible. Ainsi, qu’on tire en même tempsd’un violon deux sons forts & soutenusen tel rapport l'un à l’autre qu’on vou-dra,ces deux sons en produiront un troi-sième,que nous assignerons tout-à-l’heu-re. La même chose aura lieu , fi au lieude tirer les deux sons à-la-Fois d’un mê-me violon, on les tire séparément dedeux violons éloignés l’un de l’autre decinq ou six pas ; placé dans l’intervalledes deux violons, on entendra le troisiè-me son, & on 1 ’entendra d’autant mieux,qu’on sera plus près du milieu de cet in-tervalle , & d’autant moins, qu’on serapprochera davantage d'un des deuxviolons. La même expérience aura lieu,& même plus sensiblement encore,si l’onfe sert de hautbois au lieu de violons.Voici maintenant quel est ce troisièmeson dans tous les cas.

Deux sons à Tunisien ou à l’octave, nedonnent point de troisième son.

Deux sons à la quinte, comme ut solidonnent pour troisième son ('unissonut d u son le plus grave. Cet unisson fedistingue difficilement, mais il se distin-gue.

Deux sons à la quarte , comme ut, st,donnent la quinte/n au-dessous du son leplus grave ut.

Deux sons à la tierce majeure , commeut, mi, donnent l’octave ut au-dessousdu son le plus grave ut.