FOU
Quand la derniere calcination est finie,ce mèlarçge de chaux & de cendres estsoigneusement rassemblé & jeté dans degrands vaisseaux pleins d’eaux ; & furchaque quintal de poids, ils y mettentune livre de ltékio. Ils remuent le toutensemble ; & quand la partie la plus gros-sière est tombée au fond, ils enlevent laplus fine qui surnage au-dessus en formede crème , qu’ils mettent dans un autrevaisseau d’ean ; ils la laissent tomber auFond par le séjour; aiors ils versent l’eaudu vaisseau, & y laissent le résidu en for-me d’une huile épaisse.
Ils mêlent cette liqueur avec de l’huilede cailloux préparée, en pulvérisant &en blanchissant de la même maniéré unesorte particulière de p erre à caillou, &ils en couvrent tous les vaisseaux qu’ilscnt intention de vernisser. Ces deux hui-les, comme on les nomme,font toujoursmêlées ensemble, & ils les font soigneu-sement de la même épaisseur,parce qu’au-trement la vernissure ne seroit point éga-le. Les cendres de fougere o ntune gran-de part dans l'avantage que cette huile aau-dessus de nos vernis communs. On ditque la manufacture de Bristol est parve-nu e à attrapper la beauté du vernis qu’ellepossede , par limitation des deux huilesdont les Chinois vernissent leurs porce-laines. ( D. J.)
Fougeke , forte d’agrémens dont lesfemmes ornent leurs ajuftemens & leurshabits.
FOUGERES, Géogr. Filgerium , Fi-lìcerìœ , ville de Bretagne fur le Ranson.Longit. 16.12. latitude 48. 20, désignéedans k-s itinéraires romains,par le nom «dfines , relatif à son voisinage des côtes, onà fa situation limitrophe des provinces deBretagne , du Maine L de Normandie ,& située dans le territoire dont Césarnomme les habitans Dicmlìtte ou Diablìn-thes. Elle contient environ 8000habitansdistribués fur trois paroisses.
Le gouvernement de Fougères est mi-litaire; M. le comte de Coigny en est letitulaire actuel.
La juridiction se nomme sénéchaussée,e’est le premier fiege royal de Bretagne.
L’hôtel-de-ville est composé du gou-verneur , de deux maires alternatifs,dont l’un est électif & triennal, du séné-chal , du procureur du roi, du lieutenant(U-roiquwi'est ici qu’va officier muni-
F O U 147
cipai, de deux lieutenant de maire , qua-tre échevins, du connétable, & quelquesantres officiers en í'ous-ordres : deux gen-tilshommes , fans y avoir de charge , yont de droit voix détibérative ; ce fonttoujours les deux plus anciens de ceuxqui se trouvent à ces assemblées.
Fougères a une maîtrise des eaux &forêts, & un college mal tenté. Elle dé-pute aux états de Bretagne , & une de-leurs assemblées s’est tenue dans cetteville dans le dix-septieme siecle. Avantla réunion de la Bretagne à laFrance,c’étoit la clef du duché; & ses Fortifica-tions multipliées & élevées à grandsfrais, prou voient son importance. Sonchâteau subsiste encore presqu’en entier,& l’on admire avec raison comme un desplus beaux restes de l’ancienne manierade fortifier , fa poterne & le rempart quila joint jusqu’aux tours Saint-Sulpi-ce, qui font eiles-mêmes d’tine grand»beauté.
Le commerce de cette ville consiste entoiles dites de Fougères , qu’on exportepour l’Amérique, en flanelles, en cuirs,en chapeaux, en mie!, en cire, en gruau,en beurre qu’on envoie à Paris fous lenom de !a Prévalais , & qui légale enbonté. Ses marchés se tiennent tous lesmercredis & samedis. Elle est l’entrepôtd’un commerce immense de bestiaux quipassent de là dans les pâturages de Nor-mandie , d’où on les tire pour Paris. Ellea en antre quatre grandes foires par an.Des fabriques de papier & une verreriefont près de ses portes, & l’on y manu-facturoit autrefois des draps & del’écar-late renommée ponr t’excellenee de fateinture. Cette branche d’industrie estabsolument perdue.
La place royale & la place de Bretagneqni sont consignés, Forment une prome-nade agréable par i’étendue & la variétéde ses vues.
Fougères doit être à jamais célébrédans l’histoire de France pour avoir étála cause de l’expuifion totale des Angíoishors du royaume,qu’ils inquiétoierft fanscesse & dont ils po-ssédoient plus de !»moitié depuis long-tems.
Une armée Françoise fit le fiege de Fou»gères e n Í48S , & M. le duc de la Tri-tnouvlle s’err rendit maître trois joursavant de gagner la bataille de 8. Aubin*du-Co.rmio.r où il désistes Bretons & cri