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Tome XV. FORE - GENU
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sous laquelle est un âtre ou aire plate, sul’on range le pain.Le/»Krn’aqu’uue feu-le entrée par-devant, qu’on nomme pro-prement bouche de four.

Construílion à'un four à sain sans beau-coup de frais. Pour en poser les fonde-mens, on creuse l’enceinte jusqu’à l’ar-pille , s’il est possible, ssnon l’on Fouilleenviron deux pieds au-dessus du ter-rein , une enceinte aussi large que doitl'être tout le four ; on bat bien la terre decet endroit ; ensuite on y met une assisede pierres plates , puis une couche demortier, & une assise de gros cailloux oupierres à fusil ; L ainsi successivement,pour former l’enceinte du mur. Cette en-ceinte a communément environ un pied& demi d’épaisseur.

Ii n’est pas besoin de creuser la terreque cette enceinte environne : c’est le lieudestiné à recevoir les cendres, ou à met-tre du bois. Quelquefois à la campagneon y met les poules, en leur faisantiineentrée par la cour ; sans quoi le poulail-ler repandroit une fort mauvaise odeurdans la maison en tems de pluie.

Si l’on n’a ni briques ni pierres pourfaire une voûte fous Pâtre , on peut faireun plancher de pieces de chêne , d'ormc,ou d’antres bons bois, que l’on couvrede cailloux , demoilonsou pierrailles &de mortier, puis d’ime aire de bons car-reaux.

Pour la voûte ou chapelle da four, onpeut la commencer avec des blanches decoudrier, attachées ensemble en formede mailles quarrées avec de la ficelle.Lesbrins perpendiculaires font fichés dansle mortier, hors de Paire du carreau.Cette cage est très-solide. On Penduit in-térieurement avec parties égales de mor-tier & de foin , dont on fait des pieceslongues comme le hras , en forme de ra-ves , & qui bouchent les mailles , en ra-battant les bouts par dedans les angles dedeux mailles voisines, & bourrant bienle trou de la maille ; on couvre le de-hors de cette voûte , comme on le jugeà propos.

Un four construit de la forte , chaussebien en peu de tems, dure plusieurs an-nées , & n’est pas plus sujet que d’autresaux accidens du feu, tant qu’il n’est pointtrop vieux.

Les fours faits de tuileaux , ou pecés ,^uifont des fragmens de briques & de

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terre rouge , font préférables , quoiquele précédent soit bon.

Maniéré de chauffer le four. Les éclatsdebois sec y font beaucoup meilleurs queles fagots, & les fagots préférables à tantd’antres bois dont on se sert pour chauf-fer le four. II y en a même qui sont obli-gés d’employer de la brnyere on de lapaille. Chacun chauffe selon que la natu-re du lieu qu’il habite le permet.

On prendra garde de ne point brûler lebois par-tout en même teins, mais tan-tôt d’un côté, & tantôt de l’autre , net-toyant continuellement les cendres enles attirant avec le fourgon.

Lorfqn’on voudra savoir si le four estchaud , on n’anra qu’à frotter un bâtoncontre la voûte ou contre Pâtre; lors-qu’on s’appercevra qu’il fera de petitesétincelles, ce fera une marque qu’ilest chaud; & pour lors on cessera dechauffer : on ôtera les tisons & les char-bons , rangeant un peu de brasier à l’undes côtés près de la bouche du four'- ceque l’on fait ordinairement avec un cro-chet de fer nommé fourgon. On nettoye-ra le reste avec la patrouille, faite devieux linges ; on la mouillera dans dePeau claire , puis on la tordra avant des’en servir. Après cela on bouchera lefour nn peu de tems , afin de laisser abat-tre fa chaleur, qui pourroit noircir lepain, fi onl’enfournoit aussi-tôt-! Lorf-qu’on juge que l’ardeur est u u peu ralen-tie , on ouvre le four, & on enfourne leplus promptement possible.

Maniéré d'enfourner. On prend la pel-le destinée à cela , qui doit être toujourstenue fort propre, & on met le pain des-sus. On commence toujours par les plusgros pains, dont on garnit le fond &lescôtés du four, gardant le milieu pour yplacer le petit pain. C’est aussi par ce mi-lieu qu’on finit d'enfourner.

Après avoir enfourné , on a foin debien boucher le four , L d’en étouper laboueheavec des linges mouillés,de crain-te que la chaleur ne se dissipe. Deux bon-nes heures L demie après, qui est envi-ron le tems nécessaire pour cuire le painbourgeois, on en tire un pour voir s’il estassez cuit, particulièrement en - dessous.On le frappe du bout des doigts; '& js’ilrésonne ou qu’il soit assez ferme, c’estune marque qu’il est tems de le tirer;sinon , on le laisse encore quelque tems »