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Tome XV. FORE - GENU
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fraises blanches, se multiplie de plantenraciné. Le plant de fraisier qu’on tiredes bois, vaut mieux pour transplanterque celui des jardins ; les fruits qu’il pro-duits fout plus odorans.

On met les fraisiers en planche on enbordure, dans une terre bien préparée;& pour le mieux , on les plante fur desà-dos, contre un mur exposé au midi,afin d’avoir des premieres fraises : onles espace de huit pouces en terre sa-blonneuse. On observe que les planchesou les bordures soient un peu plus en-foncées que les allées ou que les sentiers ,pour y retenir les eaux de pluie & des ar-rosemens.

Si l’on en plante dans des terres gras-ses & presque fraîches , comme la gran-de humidité pourrit les pieds, ou leséloigne communément de dix ou douzepouces ; & on en met deux à trois piedsdans chaque trou , que l’on fait avec unplantoir.

Le terris de les planter est au commen-cement de Juin , c’est-à-dire , avant lessécheresses ; on en plante néanmoins toutl’été dans les tems pluvieux. II est im-portant d’en faite des pépinières dansquelque endroit exposé au nord, pouréviter les grandes chaleurs d'été: ouïesplante pour lors à trois ou quatre poucesl’un de l’autre. Lorsque ces pieds fontfortifiés, on les replante dans le mois deSeptembre, pour en faire des planches oudes quarrés, selon le besoin qn’on en peutavoir.

La principale culture des fraisiers con-siste en premier lieu à les arroser fré-quemment dans la sécheresse : on laissecn second lieu quelques montans des plusforts à chaque pied ; en troisième lieu ,on ne laisse fur chaque montant que trois jou quatre Fraises , qui font les premieres Ivenues, & les pins près du pied. On pince itoutes les autres fleurs de la queue desbranches qui ont déja fleuri, ou qui fontencore en fleurs; car rarement on voltnouer & venir à bien toutes ces dernie-res fleurs ; il n’y a que les premieres quiréussissent ; & quand ou est soigneux debien pincer, on est assuré d’avoir de bel-les fraises.

Les fraisiers font fort bien l'année sui-vante qu’ils ont été plantés, si c’est aflmois de Mai qu’on les a plantés ; mais

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médiocrement, s’ils n’ont été plante*qu’au mois de Septembre.

Ou doit renouveller les fraisiers nuplus tard tous les cinq aus; leur coupertous les ans la vieille fane, quand lesfraises font finies ; ce qni arrive vers lafin dé Juillet. Les premieres mûrissentau commencement de juin , ce font cellesdont les pieds ont été plantés le longd'une muraille au midi & au levant; &les dernieres mûres font celles dont lespieds font au nord.

Lorsque les fraisiers font leurs traînas-ses, il les faut soigneusement châtrer,& n’y laisser que celles qu’on destine pouravoir du plant. On fera tous les ans d*nouvelles planches, & on détruira cellesqui ont plus de quatre ans, parce qu’aprèsce tems, les fraises commencent à dé-eheoir de leur bonté & de leur grosseur.On fumera ces planches de petit fumierun peu avant les gelées, afin de les amé-liorer , coupant toutes les feuilles , com-me on le pratique à l'égard de l’ofeilie.Par rapport à la terre que les fraisiers dé-sirent, le fablon leur est meilleur que laterre forte: on choisit pour cet effet lapartie du jardin la plus sablonneuse ,pour les y planter. Si l’on veut avoir desfraises dans l’automne, on n’a qti’à cou-per toutes les premieres fleurs qui pouf-feront , & les empêcher de fructifier;elles reproduiront d’autres fleurs , quidonneront des fruits dans l’arriere-faison.

Les ennemis du plant du fraisier fontles taons, qui, pendant les mois de mai& de juin , mangent le col de la racineentre deux terres, & font ainsi périr laplante : on doit donc alors parcourir tousles jours ses fraisiers , & fouiller anpied de ceux qui commencent à fe faner;d’ordinaire on y trouve le gros ver, qui,

! après avoir causé ce premier mal, passe,fi on n’a soin de le détruire , à d’autresfraisiers, & les fait pareillement mourir.

Les Anglois, qui ont poussé plus loinque les autres peuples la culture d u frai-sier, font non-l’eulement très-attentifs àdétruire la vermine qui peut endomma-ger cette plante, mais encore à choisirrexposition la plus favorable ; à arracherperpétuellement toutes les mauvaisesherbes ; à bêcher le terrein; à l’arroferabondamment ; à former chaque annéede nouveaux plants avant que de dé-truire les anciens ; à les espacer à une dis-