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Tome XV. FORE - GENU
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enfin Iss plaies de l’Europe, après huitans d’u ne guerre opiniâtre & sanglante.Le Irai té fut signé à Aix-la-Chapelle (18octobre 1748 ) en Forme de paix perpé-tuelle. Tontes les conquêtes Furent resti-tuées de part L d’autre : la reine céda àl’infant don Philippe , Parme, Plaisan-ce & (riiastalla , avec clause de réveríì-bilíté au défaut de postérité masculine :le duc de Modene sut rétabli dans sesétats, à l’exceptiou de quelques places:toutes les putréfiions du duc d c Savoielui forent confirmées : la pragmatiquesanction de Charles VI, qui assure anxfemmes la succession d’Atitriche au dé-faut de postérité masculine, fut garantiepar tontes les puissances stipulantes, quimaintinrent le roi de Prusse dans toutesles possessions qu’il avoit avant la guerre.

Louis XV s’étoit acquis beaucoup degloire pendant la guerre j il eu acquit en-core plus par cette paix. Ce monarque ,oubliant les droits de fa victoire ,11e sor-tit point de cette modération qu’il s'étuitprescrite; il fit le généreux sacrifice deïes conquêtes . & ne parut soniìble qu’anbonheur de fermer les plaies qne Viu-quiétude de l’Angleterre devoit bientôtro"vrir. LVTpoir de nous ravir nos pos-sessions d’Amérique , d’anéantir notremarine & notre commerce , fut le vérita-ble motif dc cette guerre qui exerça sesravages dans Vancien & dans le nouveaumonde, & déchira fur-tout le soin del’Alleniagne» Le roi d’Angleterre, quiprévoyoit bien que Louis XV ne man-querait pas de fendre fur son électoral:d’Hanovre, jeta les yeux furie princed’Aliemagne qu’il savoit le plus en ctatde le défendre : il conclut avec Frédérictin traité de ligne défensive, dont le butétoit d’empècher les troupes étrangèresde pénétrer fur les terres de l’Empire.Le roi de France, de son côté, cherchaìin allié qui pût en imposer à Frédéric ;il se lia étroitement avec Marie - Thérè-se : un traité conclu entre les cours deVersailles & de Vienne , portoit uneneutralité absolue quant à ce qui concer-noit l’Amérique; mais en cas que l’unedes deux puissances viendrait à être in-quiétée dans lés états du continent, Vau-tre s’obligeoit à lui donner un secours devingtrqnatrc mille hommes. Cette allian-ce déconcerta tous les politiques, & cefut le premier noeud qui réunit les mai-íons li'Autriche & de Bourboa, li long-

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tems rivales. Cependant Frédéric se lassabientôt du rôle d’sllié: jaloux de paraîtrele premier sur ce nouveau théâtre, il faitune irruption dans la Saxe , allié de lareine, avec soixante mille hommes ; &il ne se fait précéder par aucune décla-ration de guerre , par aucun manifeste.Ces formalités indispensables 11e surentremplies que quand il eut mis le pied soirles terres ennemies : alors son ministre dlaconr de Vienne déclara à Marie-Thé-rese qne son maître , instruit de Vaillanceossenfive conclue entr’clle ,- laczarine&le roi de Pologne, contre lui, exigeoitque la reine , pour détruire les alarmesqu’il en concevoit, déclarât que son in-tention étoit de n’attaquer m cette année,ni la suivante, ni de faire aucune entre-prise soir la Silésie.

Ce traité , dont Frédéric feignoit de seplaindre, étoit ancien; il regardoit laPorte , & non pas la cour de Berlin. Cen’étoit pas ce traité qtii excitoit ses in-quiétudes ; mais celui que la reine avoitconclu avec la France , dont il ne parloitpas. Marie - Thérèse lui fit une réponsepleine d’élévation & de sagesse : elle hlidit que le traité conclu contre soli entre laczarine , le roi dc Pologne & elle , étoitimaginaire; que ses préparatifs eu Bohê-me étoient postérieurs à ceux qu’il avoitfait en Silésie ; que quant à la promessede ne point attaquer fa majesté Prussien-ne , elle ne se croyoit point obligée de selier les mains, qu’elle siiivroit le coursdes événemens ; L qu’au surplus, la courde Berlin itevoit se reposer sur le traitéd’Aix- la-Chapelle.

Le roi de Prusse,qui ne cherchoit qu'imprétexte, prit cette réponse pour unedéclaration de guerre, & répandit unmanifeste à la cour de Dresde. Augusteeût bien voulu prévenir l'orage : il fit auroi de Prusse des propositions qui furentrejetées, non fans une espece de dureté.Tout ce que vous me proposez, lui ré-pondit Frédéric , ne me convient pas, &je n’ai aucune condition à vous proposer.Auguste , qui ne s’étoit point mis en étatde défense , abandonna Dresde , capitalede son électoral, & se retira à son campde Pidna , d’où il se rendit ensuite à Var-sovie. II laissa son épouse à Dresde: cetteprincesse y mourut du chagrin que lui oc-casionnèrent les excès des Prussiens dansl’électorat. Le roi de Prusse, s’étant faitouvrir les archives, 11e trouva aucune