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que le pays ne pouvoit lui fournir tin ci-metière allez grand. On ne fauroit décri-re les horreurs auxqtielles se livrerentlesdeux partis : les rebelles fembloient re-naître d’eux mêmes, & combattaient avecle double fanatisme de la religion & de laliberté. Le pape leur avoit fait croirequ’ils vengeraient l’un & l’autre, & s’é-toit fur- tout appliqué à faire palier l’em-pereur pour le plus implacable ennemi d uvrai culte. Frédéric indigné , s’abandanneà tous les excès où peut le livrer une ca-lomnie qui tend à lui faire perdre toutesces couronnes. II se rend maître de laToscane , du duché d Urbin , & marcheà Rome , qti'il affiege. Les Romains& les' croises font une sortie vigou-reuse , excités par les prières & les lar-mes du pape. Les Impériaux les taillenten pieces ; & déployant l’appareil d unejustice effrayante , au milieu de ces com-bats sanglans , ils impriment une croix ,avec un fer ardent, furie front des fa-natiques. Grégoire qui voit que ses fou-dres éclatent en vain contre le prince leplus a-ctif & le plus éclairé qui fût jamais,eroitles rendre plus puissantes en les lan-çant au milieu d’un concile général : ilinvite tons les prélats de la chrétienté àpassera Rome , & les fait escorter d’uneflotte. Entius, fils naturel de l’empsreur,& son lieutenant dans le royaume de Sar-daigne , attaque eette flotte , prend vingt-deux galères , «n coule trois à fond , dé-clare prisonniers de guerre tous les pré-lats , au nombre desquels étoient troiscardinaux. Ce désastre rompt les mesuresdu pape L lui cause la mort. Célestin IV,qui lui succédé , ne tint le liege que dixjours. Le cardinal Fiesque , ancien amide Frédéric, donne quelque espoir à l’Eu-rope. L*empcreur , qui connoît le pou-voir de l’anibition , témoigne une vivedouleur : Fiesque est pape , dit-it, il serabientôt man ennemi. Cette prédiction futbientôt justifiée : Innocent IV , tel étoitle nom qúe prit Fiesque à son avenementau trône pontifical, suivit auffi - tôt lestraces de Grégoire. Plus dangereux enco-re , il accuse l’empereur d’avoir voulurattirerdaíis une conférence pour l’arrê-ter prisonnier : & lorsque ce bruit a pro-duit son effet, il l’excommunie, Frédéricrépond â ces anathèmes par dés victoi-res , Sc force son ennemi à fe réfugier en
France. Ce fntlàqu'íanoeentiV atíèmbla
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ce fameux concile, où, après un procèsjuridique, où l’on nedevoit pas manquerd’accusateurs , il prononça la dépositionde Frédéric avec les formes les plus ef-frayantes , au milieu d'nn nombre infinide prélats , & en présence de plusieursprinces, auxquel, l'tmpereur crie inuti-lement que ía cause est celle de tous lesrois. Un moine, dont les déclamationsdictèrent l’oracle dtl pontife, l'accufoitd’athéisme & d’bérefie : ce qui répugnedans la même personne, & prouve quela vengeance Sc l'intérét guidoient égale-ment le juge & l’accusateur.
Frédéric ne fut pas entendu ; & cepen-dant il fut déposé , comme sacrilège , hé-résiarque & fauteur d’hérélie. “Je décla-re , dit le fier pontife, Frédéric déchu de('empire : j’ordonne aux électeurs denommer un autre empereur JamaisJésus - Christ ne s’étoit servi de ce styleni Pierre : ce dernier préchoit l’obéiffim-ce à Néron. Le pape publie auffi-tôt unecroisade contre Palliée prétendu : les in-dulgences deviennent le prix de la révol-te , qui leve un front hardi fous la ban-nière de la religion. Frédéric apprendcette nouvelle, & gémit du zele indiscretdes princes. II porte lui seul tout le poidsd’nne grande ame, & s’apprête à soute-nir les droits des souverains contre l’Eu-rope qui semble les méconnoître. II se faitapporter la couronne impériale ; & lamettant sur son front, ils ne me font pointencore ravie, dit-il. Conrad son fils re-tient les ducs dans le devoir , & les op-pose aux évêques, qui couronnent des fan-tômes d’empereurs. L’Italie & l'Allema-gne ne contiennent pas une bourgade quele pape n’anime de fou elprit. Ses parti-sans, fous le nom de Gudpbes, ceux deFrédéric, fous celui de Gibelins, se li-vrent de continuels combats. Frédéricmontre un courage supérieur à la hainede ses ennemis , qui ne pouvant le vain-cre , forment l’odietix projet de l’assaisi-ner. Chaque jour on trouve dans soncamp des religieux déguisés : des traîtresse glissent dans tous les coins de son pa-lais. Conrad même est sollicité de s'armercontre son pere , qui meurt au milieu deces désordres, du poison que verse sur savie le chagrin de se voir abandonné deses meilleurs amis, & de ne pouvoir dé-gager Entius son fils , que le parti desGuelphes retenoit dans une cage de fer.,