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fit ouvrir lts portes, & le couronna roid’Jtalie & empereur. Eléonore fut aussicouronnée impératrice, quoiqii’eile nefût encore que fiancée. On doit observerque le couronnement de Frédéric fut ledernier qui fe soit fait à Rome. Ses suc-cesseurs durent renoncer fans effort àune cérémonie auffî vaine que ridicule.Elle ne consistoit plus qn’à baiser lespieds d u S. Pere, & à conduire fa mule.Tant que Frédéric resta à Rome, NicolasV ne le quitta point un seul instant. Desécrivains ont pensé que c’étoit un effetde la crainte q ne les Romains, mécon-fens du gouvernement papal, nc fissentdes tentatives pour rétablir les anciensdroits des empereurs ; mais ce soupqonnous paroît peu fondé: au reste, il estcertain que Frédéric ne fit rien pour lesfaire revivre. Alphonse ayant requ savisite, le détermina à consommer sonmariage avec Eléonore : il sc décida avecpeine, Sc eut grand soin auparavant.,de Faire écarter toute espece d’enchaute-mens. C’étoit alors le temps des sortilè-ges, & l’esprit de cet empereur étoitimbu de tons les préjugés vulgaires. Ce-pendant les droits de ï’empire n’étoientpas entièrement méconnus en Italie. Eneffet, Frédéric tira quatre mille ftoiinsd or , mi forme de cens , pour le duchéde Rhegio & de Modene , dont il donnal’investiture à Bortius d’Est. II venditla principauté de Piombino auxUrsius,& refusa l'investiture dn Mílanois àFranqois 8force, qui ne voulut points’engager à payer un cens annuel, nirendre Panne à l’empire. A son retouren Autriche, il trouva Neustdat assiégépar les Hongrois & les Bohémiens, quilui redemandoient le jeune Ladislasqu’il gardoit toujours fous fa tutele. I!fut obligé de le leur rendre , après avoirfait plusieurs tentatives pour ie retenir.II s’étoit même fait aider des foudres deRome. Cependant la chrétienté étoitdans la plus grande agitation. Les Turcs,qui ne voulnient reconnoître aucuneborne à leur puissance, la pressoient àPorient. L’empereur Constantin XIIIvoyant anx portes de fa capitale ces con-quéransque rien ne pouvoit arrêter , demanda inutilement des secours à Frédé-ric. Ce prince , abandonné , mit toute faressource dans un noble désespoir : iljjjérít sur la brèche, & laissa son trône à
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Mahomet II, son vainquent. En lui finitl’empire Grec , après avilir fleuri plusde douze siécles. La division des chré-tiens occidentaux , la foiblesse & l’ava-rice de Frédéric, ainsi que la désunionentre les églises grecque & latine, fu-rent les principales causes de cette révo-lution. La conquête de cet empire neremplissoit point encore les désirs ambi-tieux de l’invincible Mahomet ; & parune fatalité inconcevable , presque tousles princes chrétiens, an lieu de se réu-nir dans ces tristes conjonctures, s’épui-soient par de petites guerres les unscontre les atitres. La maison de Bruns-wick étoit en armes pour des salines ;la maison Palatine, pour le titre d’éiec-teur, qu’un administrateur vonioitpren-dre. Le duché de Luxembourg étoit en-vahi par le duc de Saxe , L réclamé parLadislas, roi de Bohême & de Hongrie,Cependant on indiqua une dicte à Katis-bonne, pour délibérer sur les moyensd’atrêter les progrès des Turcs. Le»nonces de Nicolas y proposèrent mie croi-sade ; elle étoit nécessaire, & Philippele Bon offrit à l’empereur lés biens, sestroupes & Ion bras. Frédéric le refusa,dans la crainte que cette guerre n’aug-mentàt la puissance de ce généreux duc ,qui réitéra inutilement ses offres dansune seconde dicte à Francfort. Les Hon-grois , menacés des malheurs que ve-noitiit d’éprouver les Grecs,sollicitaientde prompts secours t mais l’empereur &le pape calculoìent feus cesse les sommesqu’exigeoit tine telle expédition. Lesétats d'Allemagne , qui connoiífoient lacupidité de lu u & de l’autre , refusèrentleur contingent, & s’offrireut de con-duire eux-tnémes leurs troupes , parcsqu’iis voyoient que leur principal desseinétoit de s’attribuer l’argent des levées.Dans une troisième dicte à Neustadt ,au lieu de discuter les plus grands inté-rêts , on s’occupn à disputer fur la pré-séance, & l'on se quitta fans rien termi-ner. L’empereur préparoit sourdementla grandeur que fa maison lit éclater peude temps après fa morts & >1 lui parais-sent nécessaire,pour parvenir à son but,dase tenir uni au pape. 11 fe hâta de prêterl’obédience à Califte III, successeur deNicolas. Les états vouloient qu’il tem-porisât , L que l’on mît le pape en dan-ger, afin de l’engager à diminuer lesA a 3