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Tome XV. FORE - GENU
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chaînesdu clergé germanique ; mais cettepolitique n’entroit pas dans ses desseins.í,es états mécontens «'assemblèrent àNuremberg & à Francfort, & le sommè-rent de s'appliquer aux assaires lin gou-vernement . fi d’avoir loin de t’adminif-tration de la justice. Ils le menacèrentAs le déposer , Si de lui donner un suc-ci sseur , lui vivant : Frédéric reçut avecindifférence cette injurieuse sommation;& pour les.empêcher d’exécuter leursmenaces, il fit élire pape Enéas Sylvius,son secretaire. On apprit sur ces entre-faites la mort de Ladislas : l’empereuranffi-tôt se porta pour héritier universeldes états de ce prince en Allemagne , &voulutfaire revivre d'anciens actes pourfe faire couronner roi de Boheme & deHongrie; mais il fut obligé de se con-tenter de la basse Autriche. Le duc Al-bert , son frere , eut la haute ; & laCarinthie échut à Sigismond son cousin.Le s Bohémiens & les Hongrois méprisè-rent se s prétentions. Les premiers se don-nèrent à George Podiebrad, qui s’étoitsignalé par plusieurs actions éclatantes ;les antres iì Mathias , fils du grand Hu-niade. L’empereur voulut en vain justi-fier par les armes ses prétendus droits;il Fut vaincu dans toutes les rencontres,soit qu’il combattît en personne , ou parfes généraux. Ii engagea cependant Ma-tiiias à faire un traité qui lui fut avanta-geux. Ce traité, dit un moderne , nerest'embloit à aucun traité. Mathias re-Connut Frédéric pour pere , & Frédéricreconnut Alathias pour fou (ils ; on sti-pula que , fi ce fils adoptif mourois fansenfans & fans neveux, le prétendu pereseroit roi de Hongrie. Ce fut à ce prixque Frédéric remit à Mathias la couronnede St. lïtienne qu’íl retenait, & à la-quelle les peuples semblaient avoir at-taché le droit de régner. Dans ces tempsde discorde , les rois dévoient peu comp-ter fur leurs sujets. Les Bohémiens , quiavoient appelle George Podiebrad, Sciui avoient donné la préférence fur plu-sieurs préteruìans, voulurent briser cetteidole, & offrirent leur couronne à Fré-déric qui le disposa aussi-tótà déposséderPodiebrad ; niais les états assemblés àNuremberg, prirent le parti dti roi deBoheme , Louis de Bavière. Lanshuldit , fans user d’aucun déguisement ,qu’au lieu île donner ía Boheme à Fré-

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deric, il falloit donner l’empire à Podie-brad. L’enipcreur & les électeurs fem-bloient ne s’étudier qu’à fe donner desmortifications réciproques, & tous tom-baient dans f avilissement & dans le mé-pris. Cette inimitié , qui dura pendanttout le régné de Frédéric, étoit très-funesteà l’état. Le pape, qui voyoit queson appui étoit nécessaire à ['empereur ,vexoit à son gré le clergé d’Allemagne.Frédéric ne se donnoit aucun mouve-ment pour ramener les esprits à un cen-tre d’union. Toujours occupé de satis-faire fa passion pour Purgent, il accu-muloit trésor sur trésor, & se consoloitainsi des outrages qu’il recevoit chaquejour. Cependant il ne laissoit échapperaucune occasion d’élever fa famille, &c'étoit là qu’il meltoit tous fes foins.Charles le Téméraire , à fa mort ( 1477)laissoit une fille nommée Marie. Fré-déric fit épouser cette riche héritière àMaximilien son fils, & par ce mariageil acquit à fa maison la Flandre impé-riale , avec ton b les Pays-Bas & laFran-che-Comté ; mais il ne donna rien antrechose que son consentement. Maximilienarriva à Gand dans le plus mince équi-page ; ('empereur lui refusa même leschoses les plus nécessaires. La mort deMahomet II, arrivée depuis la conclu-sion de ce mariage , offroit aux chrétiensune occasion favoiabte de fe venger desinsultes des Turcs ; mais leurs divisionslaissèrent ces peuples en possession deleurs conquêtes. Toutes les villes d’Alle-magne , mécontentes de ce régné anar-chique, fe soulevèrent à l’envi, & Ma-thias Huniade profita de leurs mouve-mens pour attaquer l’empereur qui pre-noit le titre de roi de Hongrie. L’empe-reur n’éprouva que des défaites & desdisgrâces; chaste de la basse Autriche,il erra de monastère en monastère, répé-tant cette maxime estimable dans un so-litaire, mais dangereuse dans lin souve-rain , que l’oubli des biens qu'oti a perduétoit ia félicité suprême. I! termina cetteguerre par un traité honteux , & laissala basse Autriche à Mathias Huniade,jnfqu’à ce qu’il l’eût dédommagé desfrais de la guerre : mais toujours jalouxde son titre de pere , il fe réserva le droitde succéder à son fils adoptif dans leroyaume de Hongrie. II faut convenirque Frédéric svoit dans Mathias un fils