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Tome XV. FORE - GENU
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cette premiers ébauche de l’ouvrage dela lumière, commence à colorer faible-ment les objets , & à donner une idée Foi-ble de l’effet des jours & des ombres. CetefFet devient plus sensible de moment enmoment; ies couleurs en conservant en-tr’elles les mêmes proportions, devien-nent plus éclatantes ; enfin, lorsque lejour est entièrement développé, le tableaude la nature est terminé.

L’opération de la fresque, qui ne per-met pas de progression , exige donc com-me un secours nécessaire celui que Four-nit une esquisse arrêtée, à moins que Ti-magination de l’artiste ne soit tellementvive & fidelle, qu’il y trouve à sa volontéla nuance du tout de chaque partie de sontableau. Mais ce don de la nature est rare,& l’esquisse qui en est l’équivalent y sup-plée d’une maniéré certaine & Facile.J’ai indiqué une seconde précaution , quiconsiste à employer ce qu’on appelle, entermes de peinture, des cartons. Je m’ar-rêterai un instant fur l’explicatjon de cemot.

L'étude, on le dessin , on le trait d’uneou de plusieurs figures qui doivent êtreemployées dans un ouvrage de peinture ,est ce qu’on appelle carton , lorsque cetrait de la grandeur juste des figuresqu’on doit peindre est tellement étudié,qu’on le destine à être calqué fur la sur-face sur laquelle on doit exécuter l’ou-vrage. Ce qui convient le mieux pourdessiner ces études ou ces traits , est lecarton composé de plusieurs feuilles depapier collées les unes fur les autres, demaniéré qu’il ne soit ni trop mince, nitrop épais. Le simple papier, trop sujetaux impressions del’air , a ^inconvénientde se retirer ou de s’alonger ; ce qui peutproduire , lorsqu’on veut calquer degrandes figures , des erreurs qui éloigne-raient de l’extrême correction que l’oncherche à atteindre par ce moyen. Je vaisreprendre Tordre des opérations diffé-rentes du peintre , pour placer celle-ci àion rang.

L’artiste compose plusieurs croquins oupensées de son sujet ; il choisit celle quilui convient le mieux, il fait alors uneesquisse dans laquelle il arrête fa compo-sition , fans se contraindre cependant àdonner à chacune de ses figures tonte la«orrection de dessin dont il est capable ,pour ne point trop perdre de temps. Après..

Tome XF. Partie L

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avoir terminé cette esquisse , il forme uncarton de la grandeur de l’ouvrage mê-me , pour pouvoir Tappliquer, lorsqu’iíy.aura dessiné ses figures, fur la surfacequ’il doit peindre; il établit par uneéchelle de proportion , ou par des quar-rés , la grandeur que doivent avoir ses fi-gures dans fa grande composition ; il lesdispose alors fur son carton, comme ellesdoivent l’être dans le tableau ; ensuiteplaqant & examinant le modelé, il per-fectionne son trait d’après la nature nue ,il dessine chacune de ses figures, il corri-ge , il efface jusqu’à ce qu’il soit satisfait :alors coupant ce carton par parties, ilponce, il calque, ou enfin par quoiquemoyen que ce soit, il porte exactement cescontours du carton fur l’enduitde chauxdont j’ai donné la préparation : alors iln’est plus occupé que de peindre , en as-sortissent les nuances de fa palette à l’es-quisse colorée, qai lui sert de modèle Lde guide. On trouvera aux mots Pon-cer , Calquer , Graticuler , dumot italien gratìcolare , les moyens detransporter aisément & fidèlement le traitdes figures dessinées fur les cartons, sucla surface où Ton doit peindre.

Je vais passer à l’énumération des cou-leurs , & rapporter ce que T u sage & lesbons auteurs nous en apprennent. Je fi-nirai par quelques petits détails del’exé-cution , qui ne font pas fans utilité.

Les couleurs indiquées par plusieursbons auteurs comme les plus convenables-pour peindre à fresque , font :

Ze blanc de chaux. Ce blanc , le meil-leur qu’on puisse employer, se mêle aisé-ment avec toutes les autres couleurs.L’usage en est bon & facile, pourvu qu’ilsoit composé d’excellente chaux éteintedepuis un an ou six mois tout an moins »on la délaie avec de l’eau commune ; en-suite on la verse doucement dans un va-se ; on y laisse déposer ce blanc, qn’otiemployé après avoir ôté Peau qui le.couvre.

Quelques auteurs font mention de Tapoudre faite avec du marbre blanc pilé.On mêle un tiers de cette poudre avecdeux tiers de chaux ; mais il est à crain-dre, si la proportion, qui doit varier àcause des différentes qualités de la chauxn’est pas juste, qu’il n’en résulte de* inlconvéniens : par exemple , si la pondrede marbre est trop abondante, eii e f frs