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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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li-vre II. des Fable* Fgypt. & Grecquesdévoilées, (f)

JASPE, l' m. , ílist. mit. Litholog .,c'elt le nom d’une pierre d u nombre d ecelles qii’on appelle précieuses. Elle esttrès-dure, prend très- bien le poli, don-ne des étincelles lorsqu’on la frappe avecde l’acier ; elle est opaque à cause de lagrossièreté de ses parties colorantes , fansquoi le jaspe ne différerait en rien del'axate, & l’on ponrroit avec raison direque le jaspe est une agate non-transparen-te , mêlée d’un plus grand nombre de par-ties terrestres & gtoffieres. Cependant ily a des morceaux de jaspe dans lesquelson trouve des taches ou veines transpa-rentes; cela vient de ce que la matièrequi lui a donné l’opacité, n’a point éga-lement pénétré dans toutes les partiesde la pierre. Ce qu’il y a de certain , c'estque le quartz ou le caillou Fait la base dajaspe, ainsi que celle de I’agate, & quetout caillou opaque & coloré qui prend lepoli, doit être regardé comme un véri-table jaspe.

11 régné une grande variété de couleursparmi les jaspes ; il y en a qui n’ontqu’une feule couleur, qui est ou blan-che , ou brune , on bleue , ou verte ,ou grise , &c. 1 c jaspe rouge est le plusrare , & cela dans différentes nuances;d’autres sont de plusieurs couleurs diffé-rentes , tels font ceux qu’on nommé jas-pes fleuris , dans lesquels on volt des cou.leurs jaunes , rouges, grises , blanches,&c. confusément répandues. E'imagîna-tion des naturalistes a travaillé fur ces sor-tes de jaspes , où quelques uns ont vu oudu moins ont cru voir les figures les plusextraordinaires, qui ne font souvent re-- présentées que très-imparfaitement, &que l’on ne peilt regarder que commeformées par le hasard pur, & par la dis-position fortuite des couleurs &desvei-ves qui s’y -trouvent.

Les moindres accidens & les différen-tes couleurs des'jaspes leur ont fait don-ner des noms différons parles anciens na-turalistes; c’est ainsi qu’ils ont nommélapis panfheriut nu pierre de panthère ,lin jaspe jaunâtre moucheté de rouge ,Pline donne le nom de grammatias à unjaspe dans lequel on voyoitdes taches oudes veines blanches , fans parler d'uncinstnité d’autres noms qui ont été donnés:'Mti jaspes en faveur de différences qui ne

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sont qu’accidentelles, & qui ne changentrien à la nature de ces pierres. Ces nomsne sont donc propres qu’à charger inuti-lement la mémoire : les vrais naturalis-tes ne doivent s’embarrasser que de ce q niconstitue l’estênce d’une pierre, fans s’ar-rêter à des petites variétés minutieuses.

Si cependant quelqu’un vouloit un dé-tail fur les différentes dénominations don-nées au jaspe à cause de ses différentes coa-leurs , il le trouverait dans Ilill, histoirenaturelle des fossiles en anglois,

Le jaspe sanguin est verd , & remplide taches rouges comme du sang.

Le jaspestoriie austenrj est de plusieurscouleurs différentes, comme nousl’avonsdéjafait remarquer.

Le lapis lazuli est un vrai jaspe d’unbleu plus ou moins vif, parsemé de pe-tits points brillans comme de l'or. Voy.Lapis.

Le caillou d’Egypte est lin vrai jasped’une couleur brune , dans lequel onvoitdes accidens tout-à-fait singuliers.

Le caillou de Rennes ou pavé de Ren-nes est suffi un vrai jaspe jaunâtre , oud’un brun clair & rougeâtre.

La pierre qne les Minéralogistes alle-mands nomment hontftetn óu pierre cor-née , n’est qu’une el’pece d e jaspe mêléd’agate , comme on verra à la tìn de cetarticle.

Wallerius & quelques autres auteursmettent auffi le porphyre au rang desjaspes.

Quelques naturalistes mettent le jadeau rang des jaspes’, mais il y a des diffé-rences entre ces deux pierres. FoytzJade.

Quelques auteurs confondent mal-à-propos le jaspe avec lc marbre. La dif-férence entr’eux est très - sensible : lepremier donne des étincelles, lorlqtt’onle frappe avec un briquet, & ne fe dis-sout point dans les acides; au lieu quele marbre s’y dissout, & ne fait pointfeu lorsqu’on le frappe avec le briquet.

Le jaspe se trouve dans le íein de laterre par masses détachées de différentesgrandeurs : des voyageurs parlent d’unmorceau d e jaspe de neuf piés de diamè-tre , qui fut tiré d’uue carrière de l’ar-chevêché de Saltzbourg, & placé parmile pavé d’une des cours d n palais impé-rial à Vienne en Autriche.

M. Gmelin, dans ion voyage deSibé-