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de leur attachement, & de leur recon-noilîance pour leur roi Jayme ou JacquesII. Ce n’étoit point Pillage alors de pren-dre desvêtemens lugubres à la mort riessouverains ; mais les nations étoient dansl'usage plus raisonnable, rie gémir, dele livrer à leur profonde triste île , lorf-qu’eîles perdoient en eux,les piofecteurs,les peres, les bienfaiteurs de leurs su-jets. Les historiens contemporains deJacques II assurent que par Kurs lar-mes & leur douleur les Avagonnois con-firmèrent , après la mort, le beau sur-nom de Juste qu’íls lui avoient donnépendant fa vie , L qn’il avoit méritémême avant que de régner fur eux ;& il est vrai que toutes les actions dece prince marquent en lui l’équité laplus pure & !a plus inaltérable. Avantque de mourir, don Pedrc III , sonpere, roi d'Aragon , lui laissa la cou-ronne de Sicile , qui lui appartenoitdu chef de son épouse dona Constan-ce , fille de Mainfroi, prince de 'Pa-rente , & qui lui appartenoit bien plusincontestablement encore par la conquê-te qu’il en avoit faite , de l’aveu inêmedes Siciliens, & malgré tous les effortsdu pape, qui vouloit qu’il y renonçât.A peine les Siciliens eurent reçu la nou-velle de la mort de don Pedro, qn’ilsse hâtèrent de proclamer Jayme, sonfils, qui gouverna avec autant de bon-heur que de sagesse ees insulaires fi dif-ficiles à gouverner, jusqu’à la mortd’Alphonse IV , sou frere. Alphonse,après cinq années de règne , niourutfans postérité , & transmit au roi de Si-cile le sceptre d’Aragon. Jayme II sehâta de venir en Espagne, & fut co»-ronnéà Sarragosse, le 6 septembre-1291;il lelignaavec Sanche, nii île-. Castille ,dont Alphonse, son frere, avoit aban-donné les intérêts pour soutenir les pré-tentions de l’infantiìe la Cerda , & .con-sentit à l'aeccpter pour médiateur dansles différends; qti’jl avoit aveíssfes rdis,de-France &-de Naples. ABa tnême deprouver à Sanche combien.il déíìroitqnecette nouvelle alliance fût solide & dura-ble , il demanda en mariage dona Isabel-le, fille de ce monarque; L -s’engage»par Ion conseil â renoncer autrdne deSicile , fur lequel Charles de Valois necessoit de faire valoir ses prétentions; ces,fion, au reste , ri’autast plus inutile , que
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îa reine dona Constance, mere du roid'Aragon, ni Frédéric, ion frere, au-qud il avoit remi’s le gouvernement dela Sicile, n’étoient rien moins que dis-posés à abdiquer cette couronne. Chez laplupart des hommes les liens de l'amitié.font faciles à rompre ; ces liens pour lesrois font encore plus fragiles ; & mal-gré les protestations mutuelles des sou-verains de Castille & d’Aragon , leurunion fut de très - courte durée. Jayntene prévoyant que des désavantages aausl'aììiance qu’il avoit contractée.-avec ceroi fbible- fè. timide, y renonça , se dé-clara le défenseur des droits rie l’infantdon Alphonse de la Cerda, le reconnutpour roi de Castille, emporta.d’assautAlieante, & se rendit maître d’une par-tie du royaume de ÍVlureie Jacques IIeût bien voulu se délivrer des importn-nicés du pape Boniface, auffi facilementqu’il s’étoit dégagé de Vaillance de donSanche , mais il étoit alors trop dange-reux de marquer feulement «'indiffé-rence au souverain rie Kome. Bonifacene cessoit rie !e presser ri’engager ou riecontraindre Frédéric à renoncer à lacouronne, rie Sicile, que le pape vouloitabsolument placer sur la tête rie Charlesde Valois,. eLe-roi d’Aragon, dans l'es-poir de-ménager les intérêts de sim fre-re , prit 1 g parti (Palier â Rome : Bimi-face lui fit l'aceueil le plus distingué ,le nomma, fans en être sollicité, gon-falouier rieri’Eglilé, lui donna les islesde-Sardaigne & rie. Corse qui ive lui iip-partenoient pas ; le combla ri’li tnneurs rrie distinctions , & le pressa fort vive-mentde faire la guerre à son frere: con-seil rempli d’humanité, fort charitable& digue,du pontife qui le donnoií. Leroi ri Aragon résista., refusa de consentirà cette giierre parricide , sortit dc Romeavec ía-mere,:.y laissa la Heur, qui yépousa .Kobert dnc rie Calabre, & re-vint (fausses états. Boniface ne l’y laissapas plps tranquille qu'à Rome; en fortequ’exeédé pan les instances, ijes émissai-les d u pontife, & be-ucoup plus encorepar Ims larmes rie Ion épouse, il se ilé-termma; .entia, mais malgré lui, à por-ter la guerre en Sicile , & à y passer lui—même-ponratétrôner son frere : il mit eneffet à la voile, &• tenta cette expédi-tion mais le roi. de Sicile le défenditfi courageusement, que Jayme fut abli-