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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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gé de se retirer, après avoirassuyé despertes très-consi.lérables. Plus irrité desrevers qu’il avoit éprouvés, que zélépour les volontés du pape, Jaytne IIfit en Aragon les plus grands prépara-tifs, mit en mer une flotte nombreule ,S’embarqua lui-même, & alla pour laseconde fois entreprendre de détrônerson frere ; il n'eût tenu qu’à lui , s’ileût voulu profiter des avantages que luidonnoit la victoire complété qu’il rem-porta fur la flotte Sicilienne , & quipensa coûter la vie à Frédéric , mais ledanger que ce prince avoit couru fit unefi forte impression sur fe cœur tendre &sensible du roi d’Aragon, qn’an lieu depasser en Sicile , cemme il le pouVoit ilse retira à Naples , revint dans ses états ;& ne pensant qu’avec horreur a,ix re-mords qu’il eût eus si son frere étoit mortdans le combat naval qu’il lui avoit li-vré , il déclara avec la plus inébranlablefermeté, au légat du pape, que jamaisRome ni toutes les puissances réunies nePengageroient à tourner ses armes con-tre le sein de Frédéric ; & afin d’occuperses troupes ailleurs, & de maniéré àôter aux alliés de Charles de Valois toutespoir de t’entrainer encore dans leur li-gue , il fe disposa à soutenir auffi vive-ment qu’il seroit possible, les préten-tions de l’infantdon Alphonse de la Cor-da ; mais lorsqu’il avoit embrassé cettecause , í! s’étoit flatté que le roi de France,parent de UCerda, le seconderoit auíìì,& du moins partageront les frais de laguerre: il fut trompé, & fe vit seulobligé de lutter contre les forces de Cas-tille ; il ne se découragea point, & mal-gré le mécontentement d une fouie degrands qui se liguèrent avec la reinerégente de Castille, il soutint avec au-tant de dignité que de valeur les inté-rêts de son allié. Cependant , après quel-ques hostìllités, Jeyme n’ayant point eule succès qu’il eût obtenu , s’il eut étémieux secondé, & voyant que cette guer-re n’abutiroit qu’à épuiser infructueuse-ment ses états , 11 fit proposer la paixà la régente de Castille , & conseilla la-cement à don Alphonse de tirer, parla voie de la négociation , le meilleurparti qu’il pourroit de ses droits, & defe ménager un accommodement utile,J'aynte 11 avoit alors d’autant moins d'in-tátét à combattre contreia Castille,-que

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le pape, las enfin de la guerre de Sici-le , venoit de reconuoítre le roi don Fré-déric , & qu’it l'ongeoit lui-même à fairevaloir, par les armes, la concession quilui avoit été faite des islesde Corse &de Sardaigne. Dans cette vue , à pei-ne il eut terminé les contestations quiavoient divisé l’Aragon & la Castille , ausujet des droits d’Alphonse , qu’il ob-tint du pape Clément V, la bulle de do-nation île ces deux isles, & qu’il pritles plus sages mesures pour s’en assurerla conquête ; mais alors une importanteaffaire le retenoit dans ses états , le cruel& inique procès intenté aux templiers ,qui , poursuivis par - tout ailleurs avecune inhnmaité fans exemple , étoienttraité avec la plus atroce rigueur, cnCastille & en France. Le peuple égale-ment prévenu contr’eux, en Aragon,demandoit à grands cris qu’on les en-voyât tous périr dans les supplices; àla sollicitation du pape, & fut les ac-cusations les plus graves, portées con-tr’eux, le roi d’Aragon les fit tous ar-rêter, mais il refusa de les juger avantque d’avoir eti des preuves évidentesdes crimes qu’on leur imputoit. Pendantla fuite de l'instruction de cette affaire,Jaynie eut une entrevue avec Ferdinand ,toi dc Castille , & successeur dc Sanche-ks différends des deux monarques furentterminés dans cette conférence ; & ilfut convenu entr’eux qn’ils feroieut con-jointement la guerre aux Maures, &quel’infant don Jayme d’Aragon époussroitdona Eléonore , infante de Castille: fidè-le à ses engagemens, le roi d’Aragonfit équiper une flotte formidable , s’em-barqua lui-même à Valence , K alla as-siéger Abnerie, tandis que le rdi de Cas-tille aflìégeoit Algczire. Les armes desdeux souverains eurent des succès écla-tons , ils battirent' séparément les Mau-res; & dans une entrevue qu’ils eurent ,ils convinrent, pour resserrer les nœudsde leur alliance, qne don Pedre, freredu roi de Castille, épouserait dona Ma-rie , fille du roi d’Aragon. Jacques IIvint dans ses états, couvert de gloire ,mais le cœur rempli de tristesse , &profondément affligé de' la perte qu'iívenoit de faire de la reine dona Blanche ,son épouse. Le procès des templiers sepoursuivait tcujours avec activité ; Jayme//fut vivement sollicité pat le pape &

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