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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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quelques souverains d’exterminer cet or-dre, en fanant mettre à mort tous lesmembres ; mais les violences qu’on exerçoit ailleurs contr’eux, ne furent pas,au jugement de ce prince équitable , desréglé? qu’il dût suivre : il fit examitur,dans un concile assemblé à Tarragonepour cette grande affaire , la conduitedes chevaliers de crt ordre; ceux quifurent trouvés coupables des crimes donton les accusait, furent punis ; les autrvs dèclaiés innocens, & maintenusdans la pofTUIion des biens de leur or-dre. Cet arrêt honora autant les peresdu concile de Tarragone, qu’il fit f élo-ge de l’cxacte & impartiale justice duroi, qui, peu de temps après, envoyaune flotte contre les corsaires de Tunis,qui ruinaient par leurs pirateries ie com-merce d’Aragon & du royaume de Va-lence. Les mers libres, le commercenational protégé & florissant , Jayme IIépousa dona Marie, fille du roi de Chy-pre; Ss i! donna en mariage don Al-phonse, le second de ses fils, à donaTherese , héritière du comté d’Urgel ,qu’Aìphonse , dans la fuite, annexa à laCouronne , lorfqu’il succéda à son peFe.Le sceptre Angonois devoit néanmoinspasser des mains de Jacques -II, danscelles de l’infant don Jayme , son filsaine; mais la finguìa iíé du caractère dece prince, assura le trône à don A‘ph° ll_se. En elfe t, le roi d’Aragon ayant,après bien des instances inutiles été ob-ligé de contraindre Aon Jayme à épouser,comme il s’y étoit obligé, Eléonore deCastille, Tinfant se prêta forcément àcette cérémonie, abandonna le momentd’après son épouse, & déclara qu’il re-nonqoit à la courone. Le roi soit perefit tous le s efforts pour le faire changerde résolution , mais l’infant pcrlìlia,& dit qu’il préférois les douceurs de lavie privée, à tout l’éclat de la souverai-neté: il renouvelia fa déclaration devantles états assemblés, qui, fur fa renon-ciation, reconnurent don Alphonse pourhéritier présomptif de la couronne. L’in-fant don Jayme ne parut pas se repentirde la démarche , ou très-raiscnnab!e , outrés intentée qn’ilavoit faite; il pritl’ha-bit des chevaliers de Calatrava, & passaensuite dans les chevaliers de Monteio :on dit qu’il eut des vices : cela peut être ;mais on convient aussi qu’il vécut & mon-Tame XVIII. Part. I.

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rut content, & je crois que cet avanta-ge vaut bien celui de porter une cou-ronne pour laquelle on ne le sent pasFait. Jayme vit avec plailìr Alphonse ,dant il coimoissoit les excellentes quali-tés , succéder aux droits d’un princedont il ne connoissoit que trop auiìì lesmœurs peu régulières & les inconséquen-ces; mais fi cet événement lui donnaquelque satisfaction, eile fut cruelle-ment troublée par la mort imprévue de lareine dona Marie ; mais comme les roislé doivent à leurs sujets, & que la mortpouvoit encore lui enlever dans leurjeunesse ses enfans, il lé détermina àsouscrire aux voeux de la nation, en épou-sant . en troisièmes noces, dona Elisiu.de Moneade. Le- fêtes célébrées à l’ocea-fion de ce mariage, l’occuperent moinsque les préparatifs qu’il avoit ordonnéspour l’expédition de Sardaigne. Les étatsa voient approuvé le plan deiaconquêiede cette isle, que don Sanche, roi deMajorque, avoit offert de faire à sesdépens avec vingt galères ; l’inFantdouAlphonse avoit été nommé général decette entreprise , il partit suivi d'unaflotte redoutable , & réulfit au gré riesvœux du roi don Jayme qui, pendantcette expédition , donna à tons les sou-verains l’exemple le pins rare d’équité,de désintéressement & de générosité. Leroi de Majorque, don Sanche , étantmort fans postérité , son royaume parois-soit appartenir à Jayme II, qui en en-voya prsndre postêifion en fou nom ;mais don Philippe, oncle paternel riel’infant de Majorque, fils de don Fer-dinand , ayant reprci’enté au roi d'A-a-gon les droits de son neveu , Jacqf.es II,qui, s’il l’eút voulu , pouvoir relier pai-sible possesseur de ce troue , Fut assezjuste pour ne pas abuser des droits que ,lui donnoit la force; renonçant à lesprétentions au trône de Majorque, ilnomma don Philippe tuteur du jeune sou-verain. Cependant il s’éleva dans Pis lede Sardaigne des troubles qui enflent puavoir des suites très - fâcheuses , fi parson activité, le roi d’Aragon , ne leseût appailés; il acheva, avec act rit dsbonheur qn9 de gloire, la conquête decette isle; & il ne songeait pins qu’àassurer la paix &la prospérité qn’ri avoitprocurées à ses sujets, lorsque partageantavec trop de sensibilité le chagrin de l’in.

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