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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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i°. ÍI se présente {sabord une grandequestion sor îa maniéré dont les qualitésdes objet* produisent en nous des idées«u drs sensations; & c’est fur cel ' es - ciprincipalement que tombe la difficulté.Cur pour les idées que Rame appel coît enc'ie-mêrtte, la cause en estl’intelligence ,ou la faculté de penser, ou li l’on veutencore, sa maniéré d’exister ; & quant àcelles que nous acquérons en comparantd'autres idées, elles nnt pour califes lesidées elles-mêmes, & la comparaison quel’ame en sait. Restent doue les idées quenous acquérons par le moyen des sens jfur quoi l’on demande comment les oh-jets produisant seulement un mouvementb>ns les nerfs , peuvent imprimer desidées dans notre ame ? Pour résoudrecette question , il Fandroit connoître àfond la nature de l’ame & d u corps, ncpas s’en tenir seulement à ce que nousprésentent leurs facultés & leurs pro-priétés, mais pénétrer dans ce mystè-re inexplicable, qui fait l’union merveil-leuse de ces deux substances.

Remonter à !a premiere cause, en di-sant que la faculté de penser a été accor-dée à l’homme par le créateur, ou avan-cer simplement que toutes nos idées vien-nent des sons ; ce n’est pas assez, & c’éstmême 11e rien dire fur îa question : ou-tre qu’i! s’en faut de beaucoup que nosidées soient dans nos sens, telles qu’el-les font dans notre esprit, & c’est-là laquestion. Comment à i’occafion d'nneimpreffion de l’objet fur l’organe, la per-ception se forme-t-elle dans l’ame ?

Admettre urre influence réciproque d’u-ne des substances fur l’autre , c’est encorenc rien expliquer.

Prétendre que l’ame forme elle-mêmeses idées, indépendamment du mouve-ment ou de l’jmpreffion de Psbjet, &qu’elle se représente les objets desquelsparle feu! moyen des idées elle acquiertîa connoissance , c’est une chose plus dif-ficile encore à concevoir, c’est ôter touterelation entre la cause & l’effet.

Recourir aux idées innées, ou avancerque notre ame a été créée avec toutes sesidées, c’est le servir de termes vaguesqui ne signifient rien; c’est anéantir enquelque forte toutes nos sensations , cequi est bien contraire à l’expérience ;c’est confondre ce qui peut être vrai àcertains égards, des principes, avec ce

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qui ne Pess pas des idées (font il «ft iciquestson; & c’est renonveiler des dispu-tes qui ont été amplement discutées danst’excellent ouvrage fur l’entendement hu-main.

Assurer que l’ame a toujours des idées ,qu’il ne faut point chercher d’autre causeque sa maniéré d’êtve, qu’elle pense lorsmême qu’elle ne s’cn apperçoit pas, c’est-à-dire , qu’elle pense sons penser, asser-tion dont par cela même , qu’on n’en a nile sentiment ni le souvenir, l’on ne peutdonner de preuve.

Ponrroit-on supposer avec Mallebrati-che, qu’il ne sauroit y avoir aucune au-tre preuve de nos idées , nue les idéesmêmes dans l’Être souverainement in-telligent, & conelure que nous acqué-rons nos idées dans l’instant que notreame les spperçoit en Dieu ? Ce romanmétaphysique ne semble-t-il pas dégra-der l’inteiligence suprême? La faussetédes autres systèmes suffit-elle pour le ren-dre vraisemblable? & n’est-ce par jetterune nouvelle obscurité sor une questiondéja très-obsoure par elle même ?

A la fuite de tant d’opinions différen-tes fur l’origine des idées, l’on ne peutse dispenser d’indiquer celle de Leib-nitz, qui se lie en quelque sorte avecles idées innées) ce qui semble déja for-mer un préjugé contre ce système. De lasimplicité de l’ame humaine il en con-clut, qu’aucune chose créée ne peut agirsur elle ; quetousles changemens qu’elleéprouve dépendent d’un principe inter-ne; que ce principe est la constitutionmême de l’ame, qui est formée de ma-niéré, qu’elle a en clie différentes per-ceptions, les unes distinctes, plusieursconfuses, & lin très - grand nombre defi obscures, qu’à peine l’ame lesapper-qoit-elle. Que toutes çes idées ensem-ble forment le tableau de l’univers ; quesuivant la différente relation de chaqueame avec cet univers, ou avec certainesparties de l’univers, elle a le sentimentdes idées distinctes, plus ou moins, sui-vant le plus ou moins de relation. Toutd’ailieurs étant lié dans l’nnivers, cha-que partie étant une fuite des autres par-ties ; de même Vidée représentative aune liaison si nécessaire avec la représen-tation du tout, qu’elle ne sauroit en êtreséparée. D’où il suit que, comme les cho-ses qui arrivent dans l’umvers se succé-