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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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dent suivant certaines loix, de mêmedans faîne, les Otées deviennent succes-sivement distinctes , suivant d’autresloixadaptées à la nature de {'intelligence.Ainsi ce n’est ni le mouvement, ni l’im-preflìon fur l’organe , qui excite des sen-sations on des perceptions dans l’ame ; jevois la lumière , j’entends un ion , dansle même instant les perceptions représen-tatives de la lumière & du son s’excitentdans mon ame par fa const tution, &par n ne harmonie nécessaire d’un côtéentre toutes les parties de l’univers, del’autre entre les idées de mon ame , quid’ofalcures qu’elles étoient, deviennentsuccessivement distinctes.

Telle est l’exposition la plus simple dela partie du sysiéme de Leibnitz , qui re-garde l’origine des idées. Tout y dépendd’une connexion nécessaire entre uneidée distincte que nous avons, & toutesles idées obscures qui peuvent avoir quel-que rapport avec elle, qui se trouventnécessairement dans notre ame. Or , l’onn’apperqoit point, & l’expérienee sem-ble être contraire à cette liaison entre lesidées qui se succèdent; mais ce n’est paslà la feule difficulté que l’on pourroit éle-ver contre ce système , & contre tousceux qui vont à expliquer une chose quivraisemblablement nous fera toujoursinconnue.

Que notre ame ait des perceptions dontelle ne prend jamais connoissance , dontelle n’a pas la conscience ( pour me servirdu terme introduit par M. Locke ) ou que ■l’ame n’ait point d’autres idées que cellequ’elle apperçoit, en forte que la per-ception soit le sentiment mime, ou laconscience qui avertit l’ame de ce qui sepasse en elle; i’nn ou l’autre système,auxquels se réduisent proprement tousceux que nous avons indiqués, n’expli-que point la maniéré dont le corps agitfur Paine, & celle-ci réciproquement.Ce font deux substances trop différéntes ;nous ne connoissons l’ame que par sesfacultés, & ces facultés que par leurseffets : ces effets fe manifestent à nouspar l’intervention du corps. Nous voyonspar-là l’influence de l’ame fur le corps :& réciproquement celle du corps fur l’a-me; mais nous ne pouvons pénétrer au-delà. Le voile restant fur la nature del’ame, nous ne pouvons savoir ce qu’estune idée considérée dans l’ame , ni com.-

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ment elle s’y produit; c’est un fait, lecomment est encore dans l'obfcurité, &fera fans-doute toujours livré aux con-jectures.

2°. Passons aux objets de nos idées. Once font des êtres réels , & qui existentbors de nous & dans nous, fuit que nousy pensions, soit que nous n’y pensionspas; tels font les corps, les esprits»l’Etre suprême. Ou ce sont des êtres quin’existent que dans nos idées , des pro*dustions de notre esprit qui joint diver-ses idées. Alors ces êtres ou ces objets denos idées, n’ont qu’une existence idéale »ce font ou des êtres de raison , des ma-niérés de penser qui nous fervent à ima-giner, à composer, à retenir, à expli-quer plus facilement ce que nous con-cevons ; telles font les relations, les pri-vations, les signes, les idées universel-les, &c. Ou ce font des fictions distin-guées des êtres de raison , en ce qu’ellesfont formées par la réunion ou la sépa-ration de plusieurs idées (impies, & fontplutôt un effet de ce pouvoir ou de eettefaculté que nous avons d'agir fur nosidées , & qui, pour Pordinaire est dési-gnée par le mot d’imagination. VoyezImagination. Tel est «n palais dediamans, une montagne d’or, & cent au-tres chimères, que nous ne prenons quetrop souvent pour des réalités. Enfin,nous avons, pour objet de nos idées, desêtres qui n’ont ni existence réelle, niidéale, qui n’existeut que dans nos dis.

, cours, & pour cela on leur donne sim-plement une existence verbale. Tel estun cercle quarré, le plus grand de tousles nombres, & fi l’on vouíoit en donnerd’autres exemples, 011 les trouveroitai-sément dans les idées contradictoires, queles hommes & même les philosophes joi-gnent ensemble, fans avoir produit au-tre chose que des mots dénués de sens &de réalité. Ce feroit trop entreprendreque de parcourir dans quelque détail,les idées que nous avons fur ces différensobjets ; disons feulement un mot fur lamaniéré dont les êtres extérieurs & réelsfe présentent à nous au moyen des idées i& c’eft une observation générale qui selie à la question de i’origine des idées. Neconfondons pas ici la perception qui estdans l’efprit avec les qualités dn corpsqui produisent cette perception. Ne nousfigurons pas que nos idées soient des ima»