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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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ges ou des ressemblances parfaites de cequ’il y a dans le sujet qui les produit;entre la plupart de nos sensations & leurscauses, il n'y a pas plus de ressemblance,qu’entre ces mêmes idées & leurs noms ;mais pour éclaircir ceci, saisons une dis-tinction.

Les qualités des objets , ou tout ce quiest dans un objet, se trouve propre à ex-citer en nous une idée. Les qualités fontpremìeres & essentielles, c'est-à-dire, in-dépendantes dc toutes relations de cetobjet avec les autres êtres , & telles qu’illes conserverait, quand même il existe-rait seul. Ou elles font des qualités secon-des , qui ne consistent que dans les rela-tions que l’objet a avec d’antres, dans lapuissance qu’il a d’agir fur d’autres, d’enchanger Pétat, ou de changer lui-mêmed’état, étant appliqué à un autre objet jfi c’est fur nous qu’il agit , nous appel-ions ces qualités sensibles ; si c’est fur d’au-tres , nous les appelions puijfcmces ou fa-cultés. Ainsi la propriété qu’a le Feu denous échauffer, de nous éclairer, font desqualités sensibles , qui ne feraient riens’il n’y avoit des êtres sensibles, chez les-quels ce corps peut exciter ces idées ousensations; de même la puissance qu’il ade Fondre le plomb, par exemple, lors-qu’il lui est appliqué , est une qualité se-conde du feu, qui excite chez nous denouvelles idées, qui hous auraient étéabsolument inconnues, si l’on n’avoit ja-mais fait fessai de cette puissance du Feufur le plomb.

Disons que les idées des qualités pre-mières des objets représentent parfaite-ment leurs objets ; que les originaux deces idées existent réellement ; qu’ainsiVidée que vous vous formez de l’étendue,est véritablement conforme à l’étenduequi existe. Je pense qu’il en est de mêmedes puissances du corps, ou du pouvoirqu’il aen vertu de ses qualités premìeres& originales de changer l’étatd’un autre,ou d’en être changé. Quand le feu consu-me le bois, je crois que la plupart deshommes conçoivent le feu comme unamas de particules en mouvement oucomme autant de petits coins qui coupent,séparent les parties solides du bois , quilaissent échapper les plus subtiles & lesplus légeres pour s’élever en fumée tan-dis que les plus grossières tombent enforme de cendre.

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Mais pour ce qui est des qualités sensi-bles , le commun des hommes s’y trompebeaucoup. Ces qualités ne font pointréelles, elles ne font point semblablesaux idées que l’on s’en forme; ce quiinflue pour l’onlinaire, fur le jugementqu’on porte des puissances & des qualitéspremìeres. Cela peut venir de ce quel’on r.’apperçoit pas par les sens, les qua-lités originales dans les élémens dont lescorps font composés, de ce que les idéesdes qualités sensibles, qui font effective-ment toutes spirituelles , ne nous parais-sent renirrien de la grosseur, de lasigure,ou des antres qualités corporelles : & en-fin de ce que nous ne pouvons pas con-cevoir, comment ces qualités peuventproduire les idées & les sensations descouleurs, des odeurs, & des autres qua-lités sensibles, fuite du mystère inex-plicable qui régné, comme nous l’avonsdit, fur la liaison de Came & du corps.Mais pour cela , le fait n’en est pas moinsvrai ; & si nous en cherchons les raisons,nous verrons que l’on en a plus d’attri-bueraufeu, par exemple, de la chaleur,ou de croire que cette qualité du feu quenous appelions la chaleur, nous est sidel-lement représentée par la sensation à la-quelle nous donnons ce nom, que l’onen a de donner à une aiguille qui me pi-que , la douleur qu’elle me cause; fi cen’eft que nous voyons distinctement l’iin.pression que l’aiguille produit chez moi,en s’insinuant dans ma chair , au lieu quenous n’appercevons pas la même chose àl’égard du feu; mais cette différence,fondée uniquement fur la portée de nossens, n’a rien d’essentiel. Autre preuveencore du peu de réalité des qualités sen-sibles , & de leur conformité à nos idées,ou sensations; c’est que la même qualiténous est représentée par des sensationstrès différentes, de douleur ou de plaisirsuivant les temps & les circonstances.L’expérience montre d’ailkurs en plu-sieurs cas, que ces qualités que les sensnous font appercevoir dans les objets, nes’y trouvent réellement pas. D où nousnotre croyons fondés à conclure que lesqualités originelles des corps font desqualités réelles, qui existent réellementdans lescorps, soit que nous y pensions,soit que nous n’y pensions pas , & queles perceptions que nous en avons, peu-vent être conformes à leurs objets ; mais

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