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mauvais échappé de fa prison, employoitpour perdre la France, la ruse & !a per-fidie, les seules armes qu il connût. Unfimple bourgeois sauva Paris de fa fu-reur ; Edouard s’avança jusqu’anx por-tes de cette capitale, pillant, brûlant,saccageant : c’est ainsi qu’il chetchoif àmériter l’affection d’un peuple fur lequelil vouloit régner. Enfin , le fatal traitéde Bretigny rendit la liberté à Jean II,en 1360. 11 renonçoit à toute el'pece desouveraineté sur ía Guiennc & sur lesplus belles provinces de France,'à peinerevenu à Paris, on voulut l’empéchcr deremplir ces conditions onéreuses. “ Si lajustice & la bonne-fois, répondit-il,étoientbannies du reste du monde, el-les devroient se retrouver encore dansJe cœur & dans la bouche des rois. „Toutes les provinces qui dévoient pas-ser sous la domination angloífe, s’oppo-serent à l’exéciitiou dn traité } quelques-unes même menacèrent de se révolter, fion vouloit les livrer à Edouard, & de dé-sobéir au roi pour lui être fideles. Cepen-dant Edouard fut mis en posseffîon dosesconquêtes ; mais ses ambassadeurs man-quèrent au rendez-vous où l’on devoitïeur remettre les renonciations authenti-ques de Jean. Ce prince permit, en 1360,aux juifs de fixer leur séjour dans leroyaume pendant vingt ans. I.a mort dePhilippe de Rouvre, duc de Bourgogne,lui laissa ce duché dor# il étoit héritier ;il le donna à Philippe son quatrième fils,comme apanage réversible à la couronneau défaut d’enfant mâles. Le duché deNormandie, les comtés de Champagne &de Toulouse furent aussi réunis à la cou-.ronne.Cependant le duc d‘Anjou qui étoitleste à Londres en otage, s’échappe & re-paroít à la cour. Jean est indigné de fadémarche; fur le champ il prend la ré-solution d’alier à la place de son fils re-prendre ses fers à Londres : en vaintoute la cour s’oppofe à ce dessein. Nou-veau Régulus, il ferme Poreille aux priè-res de ses pareus, de ses amis, de ses su-jets : il part , arrive à Londres , & ymeurt le ia avril 1364. Jean n’eut pasassez de talens pour rétablir la Francedans la situation horrible eù elle se trou-voit: il en suroît eu assez pour la rendreheureuse au sein de la paix. On ne peutpoint lui faire un crime des guerres con-tinuelles,qtli troublèrent son régné: le
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droit naturel de la défense les rendort legs.times. Meilleur soldat que général, meil-leur citoyen que roi, plus juste qu’éclai-ré , si quelque qualité l’éìeve au-dessusdti vulgaire des rois , c’est fa bonne foi.(As. de Sacy.~)
"Jean Sans-tesre, Histoire â ' Ati -ghterre, quatrième fils du roi Henri II ,usurpais couronne d’Angleterre,en 1199,fur Arthus de Bretagne , son neveu, àqui elle appartenoit, & par un nouveaucrime , ôta la vie à ce prince ; au moinsil fut soupçonné de ce meurtre , & ce nefût pas sans raison, puisqu’ayant fait en-fermer Arthus dans la tour de Rouen, onrefait ce qu’il devint. Jean soutint malle poids d’une couronne qu’il avoit ac-quise par un double forfait. Philippe 1*dépouilla de toutes les terres qu’il possé-doit en France. II fe brouilla avec le pa-pe Innocent III, Lee pontife le força desoumettre,fa personne & sa couronne ausaint siégé*, & de consentir à tenir sesétats comme feudataire de l'églíse deRome. Un légat dn pape reçut l'hom-magede/m;, il étoit conçu en ces ter-mes : “ Moi Jean , parla grâce de Dieu ,roi d'Angleterre L seigneur d’Hibernie ,pour l’expiation de mes péchés , de m#pure volonté & de l’avis de mes barons,je donne à l'églíse de Rome , au pape In-nocent & â ses successeurs , les royaumesd’Angleterre & d’Irlande,avec tous leursdroits; je les tiendrai comme vassal dupape ; je ferai fidele à Dieu, à l’églíseromaine, au pape mon seigneur, & àses successeurs légitimement élus. Jem’oblige de lui payer une redevance demille marcs d’argent par an , savoir , septcents pour le royaume d’Angleterre, &trois cents pour l’Hiberuie. „ Ce traitsuffit pour caractériser ce prince. LesAnglois outrés de la lâcheté de leur roi,résolurent de le faire tomber du trône.Jean , informé de la disposition des es-prits , assembla Les barons ; & trembladevant eux comme devant le légat dupape. II jura d’ohserver tous les articlesde la grande charte , ajouta de nouveauxprivilèges aux anciennes prérogatives, Lmit la liberté publique au.dessus de l’au-torité royale. Le monarque toujours in-conséquent dans fa conduite, sc repentantd'avoir accordé des droits fi exorbitans àses sujets , s’en vengea en pillant lesbiens des barons & en ravageant leurs