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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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Jesflatte , e’eíi que rien ne lent résiste,e’est que, mal élevés, mal instruits, malformés , ils font réellement persuadasque rien ne leur résiste, que rien ne peutleur résister : environnés , dés le ber-ceau , d’adulateurs qui ne leur parlentque de leur toute-puissance, ils font detrês-bonne heure , immuablement con-vaincus que tous font faits pour eux,& qu’eux seuls , exceptés de la loi gé-nérale , rie font nés que pour régner im-périeusement sur le reste des mortels.De cette absurde & très-fausse opinion ré-sultent inévitablement les plus grandsmaux , & pour les souverains eux-mè-mes, & pour les nations soumises à leursloix. Le plus grand de ces incouvéniens,& duquei découlent tous les autres , estqu’sccoutumés à ne voir, à n’entendreque des hommes rampans, de vils flat-teurs, de lâches courtisans, ils regar-dent la bassesse L l'adulation comme lesvéritables & seules expressions du respect:&du lele ; en forte que tout ce qui dif-féré dgs maniérés & du langage de cettefoule corrompue, eftà leurs yeux licen-ce, audace ou rébellion punissable; &comme il est de l’intérêt de cette vile co-hue d’écarter fans cesse d’auprès d’euxtout citoyen aflez honnête , tout sujet as-sez Edele & assez ferme pour leur mon-trer la vérité , ils ress-i.t perpétuelle-ment environnés de cette même espacequi a gâté leur enfance, qui a égaré leurjeunesse, & qui jufqu’aux derniers mo-mens de leur régné , ne cessera de les per-vertir, de les éblouir & de les aveugler.Cependant les rois étant les souverainsdispensateurs des grâces, des bienfaits,des récompenses, des dignités , des char-ges , det emplois ; & tout chez les roisfoibles & ignorons se vendant, s’achetaut,se livrant à la vénalité, à ('intrigue, àla corruption, tout se prostituant au vi-ce, an luxe » au faste, à la perversité,le désordre & les abus s’intrtìduisent,se multiplient s te peuple mal conduit,mal gouverné, peut-être surchargé d’im-pôts, dévoré lui-même par le luxe, seplaint, murmure j c’êst alors qu’au nomdu souverain , dont ils se sont audacieu-semént rendus les interprètes, ces mê-mes adulateurs si bas & si rampans auxpieds du trône , d’éploient insolemmentles chaînes du despotisme, L ne ces-sent de répéter au Crédule & foible mo-

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«arque cette soude L monstrueuse ma»xime, qu’une nation ne peut être heu-reuse & paisible,& que les rois ne règnentvéritablement, qu’autant que le peupleest esclave. Mais tandis que d’après cevicieux principe ; la puissance arbitrairecherche à étendre les fers de la servitu-rde , l’âmour de la liberté qui s’accroîtenraison des efforts que l’on fait pour la gê-ner ou ia détruire , fermente, fait naître& fortifie la haine qu’infpire inévitable-ment l'oppreísion, la nation, fans cesserd’être Stdele, cesse d'être aulsi zélée pourle souverain ; & pendant que les citoyensgémissent ou murmurent, les auteurs d»désordre mal unis entr'eux, parce qu'il nepeut y avoir que des ligues passagères en-tre les méchans, fe divisent, leurs intérêtsfont opposés, ils cherchent à s'entre-de-truire, chacun d’eux ayant ses partisans ,ses créatures, il fe forme des factions ;la cour n’eft plus occupée que d’intri-gues, de cabales; l’etat souffre; le sou-verain trop peu éclairé, trop foible prâconnaître & punir également tous Veus;qui le trahissent & foulent le royaume,prend liri - même parti pour l’aa d’en-tr’eux ; & le reste des factieux irrités decette préférence , se liguent & portentlear audace jusqu’à faire craindre le mo-narque lui-même, qui, maigre ses gran-des idées de puissance , de despotisme,tombe dans la plus violente & quelque-fois dans la pitre déplorable situation.Telles furent les causes qui agitèrentpresque perpétuellement le régné mal-heureux de Jean II, qui n’eut ni assezde lumières pour discerner les traîtresqui l’entourerent & abusèrent de sa con-fiance , ni aflez de fermeté pour les ré-primer , lorsqu’ils fe furent soulevés , &qu’il dépendit <le lui de les punir ou deles éloigner. La nation souffrit infinimentde la foiblesse de Jean //, & il souffritlui-même presqu’autant de la licence &des crimes de ses favoris qu’il avoit en-hardis , & en quelque forte autoriséslui-même par ses imprudences & fa pu-sillanimité. Fils d’un illustre souverain ,de Henri III, roi respectable par sa sa-gesse, redoutable par sa valeur, & de donaCatherine de Lancastre , Jean II n’avoitque quatorze mois lorsque sa mort luienleva le roi son pere : don Ferdinandson oncle , fut son tuteur, & régent dnroyaume ; mais don Ferdinand lui-même