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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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ayant été appelle au trône d’Aragon , do- ‘na Catherine sa mere resta seule chargéede sa tutelle & de la régence de ses états.Dona Catherine avoit d’excellentes inten-tions ; l’on dit même qu’elle avoit degrandes qualités ; mais les foins du gou-vernement i’occupoient trop, pour veil-ler anffi affidument qu’il eut été néces-saire , à l’éducation de son iris qui Fut unpeu négligée : d’ailleurs , la reine Ca-therine ne vécut point assez long-tempspour le bonheur du royaume & pour fu-tilité de son pupille, qui, n’ayant quetreize ans , lorsque cette princesse mou-rut , fut proclamé roi par les soins tropempressés de ['archevêque de Tolede , &de quelques autres seigneurs, le 20 octo-bre 1418. Les premiers jours du régné dece prince , trop jeune pour se douter seu-lement de retendue L des bornes de sonautorité , Furent employés aux fêtes deses fiançailles avec dona Marie , infanted’Aragon; époux & roi dans un fige où àpeine les hommes commencent à fe eon-noître, Jean II convoqua les états, &déclara qu’il alloit gouverner par lui-méme; il eût dit vrai, s’il eût déclaréque les autres alloient gouverner fousson nom. On lui fit renouvelles la trêveavec le roi de Grenade : & la feule actionqi.’il lit alors d’nprès hli-même , fut def0ire de don Alvar de Luna , seigneurambitieux , éclairé, mais fort turbulent;son favori : ce choix déplut à don Juan& à don Henri fils de don Ferdinand , &lnfans d’Aragon; ils vouloient seuls &à l'exclution l'nn de l’antre , régner furJ’esprit du roi, & fous son nom , régir,«n à leur gré, bouleverser l’état. Donjuanméiìita de se rendre maître de la personnedu jeune souverain ; mais son frere plusheureux , exécuta pour lui-même ce pro-jet pendant l’abience de don Juan, qui«toit aile en Navarre épouser Tintante do-na Bianche. Don Henri profita de ceVoyage, & de concert avec le connétable,Tcvêque de Ségovie & quelques autresseigneurs, il aìia àïordelillas où le roiétoit , & par le plus insolent des at-tentats , se fendit maître de sa personne ;sans-doute dans la vue de lui faire ou-blier ce cri' e, il lui fit épouser l’infantedona Marie sa sœur, & le roi parut avoirfi peu de ressentiment de cet acte de vio-lence, que devant les états assemblés parson ordre à Avila, il justifia tout ce qu’a-

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voit fait don Henri, & désavoua toutesles démarches que l’infant don Juan Fai-soit pour le tirer des mains de Ion ravis-seur. Toutefois , cette complaisance nese soutint pas, & Jean II plus ennuyéqu’irrité de fa captivité , confia à don AI-var de Luna son favori, qu’il vit en se-cret, combien il desiroit d’être délivréde l’oppreffion de don Henri. Don Alvarse ligua avec don Frédéric, comte deTranstamare L don Rodrigue Pimantel:ils prirent si bien leurs mesures , qn'ilsdélivrèrent le roi, qui passant le Tag'efur une barque ; gagna le château deMontalban. A peine il y étoit arrivé,qu’il y fut assiégé par le connétable & donHenri: mais ces deux hardis factieux,informés que don Juan suivi de nom-breuses troupes, venoit au secours du roi,leverent le siégé & fe retirerent préci-pitamment l'nn & l’autre. Jean 11 fen-toit toute l’obligation qu’íl avoit à donJuan; mais n’ayant pas plus d’enviedetomber en fa puissance, que de rentrerfous Toppreflìou dont il venoit de s’a£-franchir , il accueillit avec distinctiondon Juan ; mais ne voulut point lui per-mettre de rester à fa cour, & le renvoya,après lui avoir ordonné de licencier sestíonpes. L’infant hors d’état de résister ,obéit; mais Henri furieux leva le mas-que & excita des troubles; afin de main-tenir son crédit, il avoit épousé, pen-dant la rétention du roi , l’infante donaCatherine sœur de ce monarque , & il s’é-toit fait accorder pour dot de son épou-se , la ville de Villena avec ses dépen-dances, fous le titre de duché. Cette villen’ayant point encore été cédée, Henrivoulut de force s’en mettre en posses-sion, suite de cè nouvel attentat ; Jean IIrévoqua la donation qu’íl avoit faite deVillena , & défendit anx habitant de re-connoître d'autre seigneur que lui. Hen-ri continua d’user de force ; mais sesentreprises ne lui réussirent point j laplupart des seigneurs Tabandonnerent Ks’attacherent au roi, qui, vivement in-digné de les violences, l’obligea de feretirer, & ne voulut pas même le voir,lorsque forcément soumis, Henri vintpour lui témoigner son repentir & l'assu-rer de son obéissance. Cette sévérité quine fut à la vérité que momentanée , nerendit le calme ni à la cour ni à Tétât.L’infant Henri toujours inquiet,factieux,