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auparavant on enfant d’une demoisellede Galice. La nature, ou les grâces decet enfant firent une forte impression furdon Pedre : il parut s’intérelTer vive-ment au fort de son Hls, & l’adroitd’An-drade profitant de cette occasion , de-manda librement au roi, pour Jean sonpupille , la grande - maîtrise de i’ordred’Avis, vacante depuis qu -Iques jours.Cette dignité étoit très-éminente; cepen-dant le roi don Pedre ne résista point auplaisir de faire du bien à son fils, il luiaccorda la grande maîtrise, l’arma che-valier , quoiqu’enfmt, & le fit partirpourTomar.on étoit la principale mai-son de cet ordre. Ce fut dans cette visteque Jean fut élevé ; il y reçu t une ex-cellente éducation , répondit , au-delàmême de Pattentede ses instructeurs auxfoins qti’ils íe donnoient pour le former ;& fit des progrès si rapides , qu’ii étoitdéjà très-iustruit à Page où la plupart desjeunes gens commencent à peine à s’ins-truire. Auísi parut-il de bonne heureavec éclat, soit à la tête des armées, soitau timon des affaires , fous le régné deFerdinand son frere ; & reconnlit-on enlui l’un des meilleurs capitaines , & Pundes hommes les plus habiles & les pluséclairés du Portugal. On fait combienfut malheureux le régné de don Ferdi-nand; on fait dans quelles fautes tombace souverain , léger, capricieux, incon-séquent: elles eussent été irréparables,& quelques - unes eussent causé peút êtrela ruine de l’état , si le grand - maîtred’Avis , tantôt par fa prudence & sesnégociations, tantôt par fa valeur & sonactivité , n’eút arrêté les maux &. lesdésordres qui dévoient naturellement ré-sulter de Pincnnstante & téméraire con-duite du roi son frere. (Voyez FERDI-NAND, roi de Portuçul.) Quelque mé-pris qu’il eut pour le caractère perfide &les mœurs corrompues de la reine Léo-nore , il lui resta soumis tant que le roivécut; & il la servit même , quelqu’in-justes que fussent les ordres qu’elie lechargea d’exécuter. Cependant les scan-daleuses intrigues de la reine, qui ne'gardoit aucune bienséance , ayant éclaté,Jean, par intérêt pour le roi, blâma hau-tement l’iuclécence de la conduite, &fans craindre les fuites de fa liberté, l’a-vectitelle-même avec Fermeté de garderdu moins plus de retenue dans ses adulte-Tome XVIII. Part. L
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res amours. Léonore irritée obtint, ousupposa avoir obtenu de son Facile épouxun ordre d’arrêter le grand-maître , quifut mis en prison. Sa captivité ne suffi-soit point à Léonore , & quelques joursaprès elle envoya un nouvel ordre de lefaire mourir. Celui à qui cat ordre futremis, 11e crut pas devoir obéir avantque d'avoir parié á Ferdinand qui paruttrè;-étonné , & n’apprit qu’avec indigna-tion l’abus étrange que l’on avoir fait deson nom. Mais bientôt fa tendresse pourLéonore Pemporta, il laiffa même quel-ques jours le grand-martre en prison, luirendit la liberté au nom de la reine , Lcomme si ce n’eûtétéqu’à sa sollicitation,Jean se orêta à ia foiblesse de Ferdinand;& feignant d’avoir ia plus vive rec mnoif-sance pour sa persécutrice, dont il eon-noissoit la noirceur fc qu’i! abhorreit.ilalia lui baiser la main auisi-tôc qu’il lusfut permis de reparaître à la cour. Ce-pendant la passion dc Léonore pour An-deiro, comte d’Ourem , devint C scan-daleuse , si publique & si déshonorante,que Ferdinand ne pouvant pins ì’ignour,chargea le grand - maître de se défaire del’audacieux Andeiro à la premiere occa-sion qu’il le pourroit. Mais le souverainoffensé n’etlt pas le tems de vair fa ven-geance remplie , & pour le bonheur del’état qu’il iaílTòit dans la plus grande'confusion , & qu’il eut entièrement écra-sé s’i! eut régné pins long - tems, il mou-rut. Le Portugal étoit dans la plus dé-plorable situation , & pour combler sesmaux, le trône étoit l'objet de l’ambi-'tion , ou même des prétentions Fondéesde plusieurs princes qui, pour s’en ex-clure les 11ns les autres , inenaçoient leroyaume de la plus cruelle guerre. Lepremier de ces prétendant étoit JeanI,roi de Castille , qui ayant épousé donaBéatrix , fille de Ferdinand , sembloitavoir au sceptre les droits les plus in-eontestabks du chef de fa femme -, rnaisses droits n’avoient point l’apprcbatiande la nation Portugaise , que í’idée seuled’ohéir au roi de Castille transportait decoiere. D'ailleursquelqu'évídeus.que pa-russent les titres de Jean I,it s s’évanoais-soieut devant ceux de l'infant don Juande Portugal , fils de don Pedre & d’í-nès de Castro. Personne ne dmltoit enPortugal de la. validité du mariage dedon Pedre. II eíbvtai que l'infant don