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d’oublier cette obligation, & que les proimesses faites par de jeunes princes fansexpérience, à leurs corrupteurs, ne doi-vent point être remplies ; & que mê-
me c’éto.tdans ce cas, une grande fa-veur que de ne pas punir les porteursde pareils écrits. Les états assemblés,Jean II fit publier de nouvelles loix ,& des réglemens de réforme, qui extir-poient tous les abus qui s’étoient in-troduits dans ['administration de la justi-ce : il o donna entr’autres choses, quedéformais Irs criminels n’auroient pointde refuge, & serment arrêtés dans tous leslieux d u royaume indifféremment. Avantcette ordonnance il y avoit en Portugalune roule d'assies où les cri ■ inels lesplus puniís.bles étoient en fureté. Lespalais des grands su r-tout étoient au-tant de refuges regardés comme invio-lables. L’or.lonnance d u roi fit murmu-rer ces grands, qui fe plaignirent hau-tement, & dirent que c’étoit attenterau plus lacré de leurs privilèges : ilscraignirent des réformes encore plus gê-nantes ; & le duc de Bragance qui fectoyoit encore plus lésé que les autres,pour arrêter le cours de ces innovations ,fe ligua f crétement par un traité, avecdon Ferdinand, roi de Castille & d’A-ragon. Jean II fut informé de ce traite& ne voulant point éclater encore con-tre !e coupable , époux de la sœur dela reine, il ne lui cacha point qu’il étoitinstruit de tout,, l’avertif de renoncerases intrigues criminelles ; & à cette con-dition promit de lui pardonner. Cet avisne corrigea point le duc de Bragance, ilcontinua dé cabaler: Jean le fit arrêterà Evora, où son procès fait en très peude jours, il eut la tête tranchée. Cetexemple inspira de la terreur aux sei-gneurs qui ne pouvant plus fe flatterde l’impùnité, cesscrent de murmurer& fur-tout.de formér des complots, L’und'entr’eux cependant, le duc de Viseu ,frét é de ja,reine, fut assez téméraire pourfermer les yeux fur la sévérité de cetexemple, & assez audacieux pour en-trer dans.une conspiration, épntre la yiçde ton beau-frere. Le secret de j|a. cons-piration if échappa point à la vigilancedu roi : il inyita le duc à venir à 8e-tubal, sous prétexte de quelques.affai,res importantes qu’il avoit à lui com-muniquer. Leduc s’y rendit. Lé roi ìe
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tirant I l’écart : Que feriez-vous lui dit—il , d celui qui en voudrait à votre vie.}Je It tuerois de ma propre main , répon-dit le duc: meurs donc , répliqua le roten lui perqant le cœur d’un coup de poi-gnard, Le crime du duc de Viseu étoitatroce ; mais faction de Jean n’est-eltepas encore plus atroce ? Et châtier ainsi ,n’est-ce pas assassiner & non punir ? Quoiqu’il en soit, le roi donnoit dans le mê-'me lents les preuves les plus signaléesde son équité & dç son désintéressement.II vifttoit les provinces, examinoìt parlui métne si sesíujets n’avoient pas à feplaindre de la partialité ou de la préva-rication des juges : remettoit au frevedu duc de Viseu tous les biens confitqués fur ce dernier, dont les compli-ces périrent tous dans les supplices. IIfit aussi d’.excellentes loix somptuaires :il ne permit, qu’aux femmes de porterde la foie, de l’argent & des pierreries :il réduisit à la moitié les droits du portde Lisbonne , & y attira par ce rnoyeyune foule de vaisseaux marchands, quidoublèrent le revenu du produit de cesmêmes droits, il alla à Serubal faireéquiper lui-même une flotte contre lesMaures d’AFriqve , & dont il donna lecommandement à don Diegue d’Ahnéi-da , qui. eut de grands succès à Analeoù les Maures furent battus. A peu-près dans le même tems , Jean II don-na ordre à don Peilre de Covillant, &à don Alphonse Payva , d’aller par ter-re en Orient, de s’informer exactementdés productions de ces pays , des cho-ses qne l'on y trouvoit & d-où on lestiroit. Ces deux voyageurs réussirent,& c’esi à eux que l’on fut redevable dçla découverte d’un nouveau chemin parmer pour allçr aux Indes orientales. Onreproché avec raison au roi Jean II (sa-voir rejette les propositions que vintsoi faire .le. célébré Génois ChristopheColomb , .qui u'ayant point trouvé à 1 ptcour dg,Portugal les secours qu’il de-vojt e.u. abtendre , s'adressa à Ferdinand& Isabelle , auxquels il procura la corç-quête du Kouveau-Monde , L f un desplus vastes empires de la terre. La puis-sance díFerdinand & d’Isabelle sos avoitrefroidis.fur le mariage projette, il yavoit plusieurs années, entre -don Al-phonse, prince de Portugal, & don*Isabelle, infante de Castille. Jean II de*0 4