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jìroit beaucoup Taccomplissement de cemariage ; & pour y parvenir , il com-mença par faire fortifier toutes les pla-ces <le son royaume, situées fur les fron-tières de Castille ; il y fit bâtir auffi quel-ques nouvelles forteresses. Ces précau-tions alarmèrent Isabelle & Ferdinand ,qui avnieut trop d’embarras alors poursoutenir une nouvelle guerres Jean leslaissa quelque tems dans l’incertitude ;& il lettr envoya ensuite dss ambassa-deurs chargés de leur dire qu’il avoirembelli fou royaume autant qu’il l’avoitpu; qn'il l’avoit mis à l’abri de touteIncursion; qu’enfin, il avoit rendu sesÉtats fiorlssans, & qu’il croyoit devoirles informer tiu succès de ses foins, parceque leur fille étant destinée à partagerle trône de Portugal, il aimoit à leurapprendre qu’elle recueilleroit le fruitde ses travaux. Ferdinand & Isabelle nevoyant pas qu’ils eussent d’autre partià prendre, consentirent A ce mariage,qui peu de tems après fut célébré à Evo-m avec. la plus grande magnificence.Mais ies fêtes données à cette occasionfur nt terminées par un accident bienfuneste , & qui les changèrent en undeuil bien amer. ' Le jeune époux Al-phonse ayàntvpulii faire une course, soncheval "s’abbattit, & le jetta par terrefi rudement, qu’il !’y laissa blessé à mort&■ fans sentiment ; il móú.-ut ie lende-main- Cette catastrophe cruelle pénétrale roi de couleur; .ct il y eut succom-bé , fi on ne lui eût amené don George■son fils naturel, qn’il avoit éu de donaAnne de Mendose. La vue de cet enfantcalma pvu-à-peai fa tristesse ; & la ten-dresse paternelle fe portant toute entierefur ce jeune prince , il s’ocetipá , maisvainement , des moyens de lui assurerla suce. filon au trône, au préjudice dedon Emmanuel, duc de Béja, ftere dela reine , & qui par la mort d’Átpfionfe ,étoit devenu í’heritíer présomptif de lacouronne. Dans la vue d’accontnmer lanation à regarder ce jeune prince com-me destiné à régner il lui dontìa , quoi-que' dans i'enfance encóre; les grandes-•maîtfifts d’Avis & de Saint-Jacques.'Bientôt il alla plus loiif, & sollicitadu papeAiexandre une bulle par laquelleGeorge fut reconnu pouf légitime : ,maisle consistoire assemblé à Rome rejettaTimianírnement cette demande, ’çpi) lui
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parut trop contraire aux droits de lareine donna Isabelle de Castille, du ducdeBája, & du reste de la Famille royale.Jeun. 11 cessa de faire alors des tentati-ves, qn’il connut devoir être inutiles;mais il dédommagea , autant qu’il futen lui, son fils George, du rang où ilne pouvoir point l’élever, accumula furfa tète les honneurs, les biens, les di-gnités , & lui donna le riche prieuréde Crato, premier prieuré Portugais del’ordre de Malte. La tendresse du roipour George a Mira à celui-ci l’affiduitédé plusieurs coutisans, jufqu’alors em-pressés auprès du duc de Béja, qui dechagrin & de dépit s’éloignade la cour,& lé retira dans ses terres. Jeun parutpeu sensible â son éloignement, & con-tunia de prodiguer des bienfaits à sonfils, & à s’occuper des foins du gou-vernement, car rion ne ponvoit le dis-traire des fonctions de la royauté , qu’ilexerqoit avec l’attemtion la plus assidue.Toujours prêt à défendre l'honneur dela couronne, les intérêts de ses sujets& la gloire de la nation, il apprit qu’ti-ne caravelle Portugaise richement char-gée & revenant de Guinée , avoit étéprise par quelques corsaires François.Irrité de cette entreprise te roi fit ar-rêter tous les vaisseaux François quiétoient dans ses ports ; & Charles, roide France, informé du sujet de cettesaisie, jugea la représaille juste, & fitrendre la caravelle avec toute fa charge.Cependant, la reine qui n’osoit repré-senter à son époux la préférence qu’ildevoít a u due de Béja sur George, &qui n’avoit vu qu’avec la plus vive dou-leur son frère s’éloigner , tomba mala-de, soit de chagrin, soit par l’iuqnié-tude que l’avenir lui causoit , & restaquelques jours à Setubal dans le plusgrand danger. Jean II & le duc de Béjafe'rendirent auprès d’elle , & ne la quit-tèrent point qn’ellene fût rétablie, maisle roi s’étoít si fort excédé de fatigue,qu’il tomba lui- même très-dangereufe.ment malade , & son corps s’étant cou-vert de taches noires & livides , biendes gens imaginèrent qu’il avoit été em-poisonné ; & les médecins plus éclairés,regardèrent fa maladie comme incura-ble. Elle ne Pempêcha cependant pointde Rappliquer aux affaires, comme s’ileût encore joui de la plus robuste fan-