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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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té : mais il s’en falloit bien qu'il fût ré-tabli; il lui survint su contraire unecomplication de maux qui dégénérèrenten hydropisie. Dans cette situation fâ-cheuse, il montra la plus grande acti-vité, & ramena l'abomlance à Evora oùla cour étoit alors, & où l’avarice dequelques personnes riches, qui ayantacheté tout le bled, le tenoietit à unprix exorbitant, avoit mis la famine.Jean II instruit de la cause de ce dé-sordre , crut y remédier en fixant leprix du bled ; mais les perfides mono-poleurs refusèrent, pour éluder la loi,de vendre leur grain : Jean irrité con-tre ces mauvais citoyens, défendit fouspeine de mort à qui que ce fût d’ache-ter dti bled des marchands Portugais,& affranchit les marchands étrangersde tout droit d’entrés , quelque quan-tité d; bled qu’ils en voulussent amener.En peu de jours Evora fut dans ì’abon-dance , & les monopoleurs resterent rui-nés. Jean 11 étoit encore à Evora lors-qu’il apprit que Christophe Colomb ,dont il avoit iì mal accueilli la propo-sition , il y avoit quelques années , étoità Lisbonne, où il avoit été contraint derelâcher. Le roi le fit venir à fa cour,l’acc’.teiUit avec la plus flatteuse distinc-tion , en usa envers lui avec une géné-rosité vraiment royale , & le servit detoute fa puissance contre quelques en-nemis qui attentèrent à fa vie. Cepen-dant ce grand prince se sentoit affoiblir dejour en jour,A son esprit étoit dans la plusgrande inquiétude au sujet de la suc-cession , qu’il voyoit- bien devoir passersur la ; ère du duc de Béja , & qu’il eûtdélire «'assurer à son fils. Comprenantqu’il ne lui restòit que peu de te m S àvivre, il fit son testament, expliquases dernieres volontés, parla- de sa suc-cession, ordonna de laisser le nom deson successeur en blanc, hésita quelques«ioniens., & à sii fin, voulut que l’ony mit celui de George. Faria , qui écri-voit ce testament Lows la dictée du roi,& qui ayant jadis découvert la conspi-ration du duc de Vii'eu , avoit tout àcraindre, fi le duc de Béja parvenoitau trône, fut néanmoins assez grand,ass-.z généreux , pour repréfenttr à foumaître que cette disposition blessait évi-demment Iss droits de la reine & dudue de Béja z qu elle fouleveroit -les

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grands & le peuple; enfin qu’elle per-drait George lui-même , au lieu de leplacer fur le trône. La grandeur d’amede Faria fit impression fur Jean , quiconsentit enfin qu’on écrivît le nom duduc de Béja, se contentant de donnerà George, par un codicille, le duchéde Conimbre, & tous les biens de donPedre , jadis possesseur de ce duché.La violence qu’il s’étoit faite pour dic-ter ce testament, qui coûtait tant à Cttendresse paternelle, acheva d’épniferses forces , & il mourut le 25 octobre'1495 , dans la quarantième année de sonâge, & dans la quatorzième de fan ré-gné. C’est à lui que le Portugal Fut re-devable de fa grandeur, & de la décou-verte des Indes orientales , pour laquelleVasco de Gama étoit prêt à mettre à lavoile lors de la mort de cet illustre sou-verain. II fut très-éclairé ; mais il futtrès-févere: il le fut trop, & son ex-cessive rigueur fait tort , à mon avis ,au surnom de parfait que sa nation luidonna.

Jean III , roi de Portugal, Hifl. dePortugal, II y a aussi quelquefois duhasard & souvent du caprice dans lechoix des surnoms que les peuples don-nent aux rois : je viens de m’arrêter aurégné de Jean II, que l’on trouva par-fait , parce qu’il eut une rigueur outrée ;& Jean III , qui fans être févere , fitaimer la justice L respecter les Inix ;Jean III , qui philosophe sur le trône,fut l’ami , le bienfaiteur , le pere deíes sujets, & qui consacra tous les ma-in en s de son régné & de sa vie aUx sainsdu gouvernement, ne fut décoré par lesPortugais d’aucun surnom honorable ,lui qui réunissait à un degré si éminenttant de rares & utiles vertus. L est à luique je donnerais volontiers le surnomde parfait , parce q ne , suivant moi, I»plus parfait des rois est celui qui couutrihiie le plus à la félicité publique. IFnaquit à Lisbonne, le 6 juin 150s dumariage -du roi Emmanuel-le-fortuné,avec dona Marie , infante de Castille : lejour de fa naissance fut marqué par taterreur des habitans de Lisbonne, quiéprouvèrent une horrible tempête, &qui, suivant ta maniéré de penser deleur temps, 11e manquèrent pas de croireque, fi jamais ce prince venoit. à nrosi-ter fur le trône, ion regnp ferait très-