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«rageux: ce terrible présage reçtrtunenouvelle force quelques jotirs après ; carpendant qu'on haptisoit le nouveau né ,îe feu prit au palais , fit iles progrès,& alarma prodigieusement ('imaginationdéjà frappée des Portugais. Dans la fuitele régné de ce prince déconcerta totale-ment les tireurs d’horoleope, & démon-tra la puérilité de cette forte de présage ;çependaut si les mêmes accidens arrivoient dans ce siecle, si fort illuminépar .le flambeau de la philosophie, je neferois point da tout étonné que chez lanation la plus éclairée de l’Europe , lepeuple pensât tout de même. Quoi qti’ilen toit, un an après la naissanc - deJean , Emmanuel , son pere, le fit re-connoître pour son successeur. Sa pre-«giere enfance fut confiée aux foins deGonçale Figueyra; & la reine dona Ma-ïie, fa .mere, princesse au-dessus de sonsexe par ses lumières, son mérite & lafermeté de son ame, veilla fur fou édu-cation, secondée par Emmanuel lu.i-mê-me, qui désirant que son fils se distin-guât, autant par ses talens que par fanaissance & son rang, ne souffrit auprèsde lui que. des personnes illustres parleur mérite; dans cette vue, il voulutque don Diegue Ortiz., évêque de Tan-ger , lili enseignât les belles-lettres , quesiouìs T.exeira lui expliquât le droit pu-blic;., tandis que Thomas de T-orrès, mé-decin & astrologue le formero.it da n s lesautres sciences. Ce plan parut trop éten-du pour la capacité du jeune e'íeve, quine répondit point du tout aux (pins defes maîtres , & rendit leurs leçons inu-tiles. II étoi t parvenu, fort. ignorant,à !â dixieme année, lorfqu’il fit une chûtesi rude , que l'on désespéra de ; sa vie;cependant, à force de remed.es il se ré-tablit ,ï&- il ne lui resta de .cet accident,qtì'Hîie.ségere çicatqc* Pi. front, Emma-nuel voyant que son-fil s manquoit tota-lement ite goût pòor T étude , & qu’iln’étqit- capable, d’aucune application sé-rieuse; chercha par quels moyens il fe-roit pofiîble de fixer fa légèreté natu-relle : if crut enfin que l'expédient leplus f-ge ferolt de n’admettre auprès detHi que de,jeunes seigneurs , à-peu-prèsde son âge , mais. distingués par leuresprit & leurs talens: çe moyen réus-sit, Si Jean trouva tantd’agrémens dans ;leur société, les écouta.avec tant d’at-
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tension ; fit de si heureux efforts pourles imiter, que peu de temps après Em-manuel ne balança point à l’admettreIni-même dans fes conseils , où il pritde bonne heure la connoiffance Si le goûtdes affaires. Jean se forma tìcjonr enjour, & il ne tarda point à surpasser,en prudence & en sagacité , les jeunesgens qu’on luiavoit donnés pour instruc-teurs & pour modelés; mais malheurreufement iérfllít par la déférence de cesjeunes seigneurs, ou gâté par les con-seils de quelques-uns d’entr'eiix, à me-sure qu’il s’éclairoit, il devenoit auflifort vain, présomptueux & très opiniâ-tre. I.rs pev.s, & fur - tout les rois,font communément les derniers à s'ap-- percevoir .des défauts de leurs enfans:Emmanuel, qui ne voyoit que les ex-cellentes qualités de Ion fils, fe dégoû-ta de la souveraine puissance ; 8c acca-blé par quelques revers inattendus, ilforma , trois ans avant fa mort, le pro-jet d’abdiquer la couronne en faveur deJean , de ne fe réserver que l’Algarve,& dépasser en Afrique, à la tête d'unepuissante armée ( Voyez E«m aistuel ; )mais .quelques précautions qu’il eût pri-ses pour tenir ce projet caché, jusqu’aujpur.de l’abdication , son secret trans-pira; L les grands, suivant l’usage , serétidîr.ent fort assidus auprès du jeunegrince , plusieurs même d’entre eux fu-rent assez lâches pour lui faire leur couraux dépens d’Emmanuel, dont ils trai-toieot lafiienfaifance de prodigalité ; l’a-rnénité, de timide & basse condefeen-, d a u ce pour le peuple ; l’indulgence &
. Cássabfifié , d’ignorance dans l’art degouverner les homrpes. Jeann'nvnit quedix-sep t ans, - on lui peignait fqus destraits si brillons les avantages du pouvoirarbitraire , qjq’il pensa , .comme fes sé-ducteurs, que son pere ne savoit pas ré-gner; & il marqua la plus vive impa-tience de monter fur le trône , afin d’ydéployer toute la puissance de í’a.utoritéroyale. Emmanuel s’apperqut des désirsde son fils il découvrit par quels con-seils ion ambition s’enflammoit, &, d’a-près quelles maximes fi .s’étoit.proposéde gouverner. Cette découverte le fitchanger de résolution , il abandonna sonprojet d'abdication ; Si, dans.la vue de! s’affermir lui-même fur le trône, & dej détrrfire. les espérances de .ces fâches