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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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Jean V, qui défendit tout de fuite à sessujets d’evoir désormais aucune commu-nication avec te saint siégé ; aux ecclé-siastiques de s’adresser au pape pour enobtenir des bulles , donnant au patriar-che de Lisbonne le droit d’accorder desdispenses, de juger les affaires ecclésias-tiques en dernier ressort, enfin , d’exer-cer à-peu-près toutes les fonctions de lapapauté. Jean ne pouffa pas son ressen-timent aussi loin qu’on croyoit qu’il leporteroit. Benoît XIII, qui avoit suc-cédé à Clément, mourut; le roi de Por-tugal se réconcilia avec le successeur dece pape, & parut délirer fi fortee rac-commodement, qu’il ne songea pas mêmeà insister fur l’éìévation de Bícchi aucardinalat. Le reste du régné de Jean futtrès-pacifique, à quelques démêlés près,soit au sujet du cérémonial dont il étoitfort rigide observateur, soit au sujet desprérogatives de son rang, dont il se mon-tra toujours extrêmement jaloux. II s’é-toit proposé de ne jamais entrer dans lesdifférends qui pourroient survenir entreles puissances Européennes, & il ne s’é-carta point de son pian : en sorte que de-puis l’époque du traité de paix qui avoitmis fin à la guerre qui s’étoit élevée ausujet de la succession d’Efpagne , le Por-tugal jouit du calme le plus paisible pen-dant toute la durée du régné de ce souve-rain , qui, épuisé par le travail assiduauquelil s’étoit livré pour le bien de sessujets, mourut le zi juillet 1790, âgéde 60 ans, après avoir tenu le sceptrependant 43 années, II avoit pour maxi-me de ne jamais embrasser un parti qu’a-près avoir mûrement réfléchi fur sesavantages & ses inconvéniens ; mais ilfut dans îe constant usage de ne jamaisabandonner le parti qu’il avoit pris, &il étoit à cet égard de la plus inébranla-ble opiniâtreté. Du reste, Jean fut mi-nutieusement dévot, il n’eùt tenu qu’àlui d’anéantir Je tribunal de l’inquifitìon :mais il ne l’osa point ; L en cela, ceprince sut d’une malheureuse pusillani-mité. (Z. C.)

Jean , H ifs. du Nord , roi de Darte-marck , de Suede & deNorwege. II étoitfils aine de Cbristiern I. Après la mort dece prince, arrivée lan 1481. Jean ré-clama la promesse que les états de Suede ;de Danemarck & de Norwege avoientlolemnellcment jurée, de placer les trois

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1 ctv rennes fur fa tête , L de rétablir Iïcélébré union de Calmar . II convoqua àHelmstadt une assemblée des députés destrois royaumes: ceux de Danemarck &deNorwege le proclamèrent; mais ceuxde Suede impliquèrent au rendez-vous.L'administrateur Steensture leur avoitordonné de s’v trouver ; mais ses ordresne furent point exécutés, ou plutôt cettedésobéissance étoit combinée avec lui,parce qu’il craignoit que sélection deJean ne lui enlevât l’autorité dont iljouissait en Suede. Malgré les efforts deSteensture, yen» fut proclamé à Calmar-II ne reftoit à l’administrateur d’autre res-source que d’imposer au nonveau roi desconditions difficiles a remplir, dont l’in-fraction dégageroit les Suédois du fer-ment de fidélité. Ce moyen lui réussit.Après bien des débats, Steensture voyantle roi Jean déjà maître du Gothland , cé-da à la fortune L rendit hommage aunouveau roi, l’an 1487. A peine fnt-ilretourné en Danemarck, que l'adminif-tratenr reprit le cours de ses complots,& souleva la Suede. Jean étoit un de cesesprits flegmatiques qui ne s’échauffentque lentement & par degrés, mais dontla colere ne peut plus s’éteindre, lors-qu’elle a une fois éclaté. Avant de pren-dre les armes, il voulut tenter la voie delajiégociation : elle ne lui réussit pas ; &les délais de Steensture rendirent inutileune assemblée indiquée à Calmar. Cepen-dant Jean avoit engagé les Russes à por-ter le fer & le feu au sein de la Finlande jla disgrâce de Steensture, en 1497, ra-nima ses espérances. II parut, fit desconquêtes , gagna une bataille , fut uneseconde fois reconnu par l’administrateur,& reçut la couronne des mains de l’ar-chevéque d’Upfal. L’année suivante ,1498 , le jeune Cbristiern , son fils, futproclamé l’héritïer du trône. L’autorít»du rois’affermissoit de plus en plus, lors-qu’une démarche ambitieuse lui fit per-dre le fruit de tant d’efforts ; il voulutasservir les Dythmarses , fut vaincu ,s’enfuit dans le Hoistein avec les débris deson armée, & fut contraint de demanderla paix.

Steensture saisit des circonstances si fa-vorables à ses desseins. Les Suédois ré-voltés le mirent à leur tète: tine partiede Noíwegicns se joignirent à eux: lechâteau de Stockholm fut emporté , &.la