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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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Mine, que Jean , son époux , y avoit im-prudemment laissée, fut faite prisonniè-re. Au milieu de ce? trouble?, l'on deschefs des rebelles fut assassiné en Norwe-ge, & Paul Laxmann , maréchal de lacour, eut le même sort. Ce dernier atten-tat s’étoit commis á Copenhague, & le roirenvoya les assassin devant le tribunaldes électeurs de l’empire, ce qui fit soup-çonner qu’ii n'étoit pas intéressée au châti-ment de tous les coupables. Cet’e condui-te étoit d’autant pins dangereuse , que leroi semblait par-là rendre une efpeced’homm’ge aux empereurs, qui avoieutsouvent prétendu compter les rois de Danemarck au nombre de leurs vassaux. Lafortune parut changer ; Christiern , fils deJean , tailla eu pieces les rebelles deNor-wege, l’an 1503 : il fit même quelquesconquêtes en Suede ; mais Steenllure eutbientôt réparé ces pertes. Jean, en ar-mant le duc de Meckleubourg contre larépublique de Lubeck, la forqa à se déta-cher de l'alliance de la Suede. II lanqa enmême temps un arrêt par lequel il con-damnoit les rebelles, c’est-à-dire, tousles Suédois, à perdre leurs biens , &c. . .L'empereur Maximilien ratifia cet arrêt,comme fi la Suede eût été une de ses pro-vinces. La guerre étoit à chaque instantsuspendue par les délais de Steensture ,qui proposoit toujours d'entrer en négo-ciation , & qui n’yentroit jamais. Mal-gré fa longue expérience , Jean Fut tou-jours la dupe de ces ruses politiques. Cefut alors que ce prince poussé à bout ven-gea d’une maniéré affreuse tous les ou-trages qu’il avoit reçus. II ravagea laScanie , & fit un désert de cette provincefur laquelle il vouloir régner. Steensturen’étoit plus. Les Suédois, las de défendreleur liberté expirante , s’engagerent àpayer une somme de treize mille marcsd’argent, jul'qu’à ce que le roi 011 son filsChristiern fût reconnu d’un concert una-nime par la nation. Jean mourut l’an1513. On lui pardonnera peut-être le ra-vage de la Scanie, lorfqu'on songera com-bien de fois il avoit pardonné aux rebel-les , combien de négociations il avoit en-tamées peur les faire rentrer dans le de-voir. II étoit d',w caractère doux; sonjugement étoit sain, ses intentions droi-tes, fa générosité dirigée par un goût épu-ré. C’étoit parmi ies membres de i’acadé-mis de Copenhague qu’il choisissoit ses

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ambassadeurs. II fit de grandes fautes enpolitique ; il essuya de grands échecs dansia guerre ; & parmi ses malheurs, on peutcompter celui d’avoir été pere de Chris-tiern II. (As. de Sacy.)

JEAN, Hift. de Suede , roi de Suede ,étoit fils de Gustave Vasa & frere d’EricXIV. A peine Eric étoit-il monté sur letrône, l’an 1560, qu’il traita ses freresen sujets, & peu s’en faut en esclaves;il leur refusa une partie de leur apanage ,& ne leur céda quelques principautés,qu’en les condamnant à les perdre , si ja-mais ils osoient lui désobéir. Leurs vas-saux devaient relever immédiatement dela couronne. C’est ainsi qu’Eric vouloirsubstituer le despotisme au gouvernementFéodal. Le prince Jean étoit sur-tout in-digné d’une servitude qui blessoit la fiertéde son caractère. Mais comme il ne trou-va pas dans ses freres le méme couragedont il le íentoit animé, il épousa Cathe-rine , princesse de Pologne , & se fortifiade l’alliance de cette république. Ce ma-riage, célébré Pau 156e malgré le roiEric, lui sonna de justes alarmes fur lafidélité de son frere. II le fie assiéger dansle château d’Abo , Pan 1563. Jean se dé-fendit avec intrépidité ; mais la placefut emportée par stratagème. Le duc futfait prisonnier avec fa famille : il futcondamné à perdre la tète comme rebelle,quelque rigoureux que fut cet arrêt ,/ea»auvoit dût se souvenir dans la fuite, lors-que son frere tomba entra ses mains , quecelui-ci lui avoit fait grâce de la vie , &avoit changé la peine de mort en une pri-son perpétuelle. On prétend qu’Eric ,partagé entre le remords & la haine, al-loit quelquefois au château de Gripsholmoû languissait son frere ; qu’il y entrait,résolu de l’assaffiner; que fa colere ex-piroit, dès qu’il vojmit ce malheureuxprince, & qu’il fortuit le cœur ferré &les yeux mouillé; de larmes. Enfin l’an1567 , il rendit h liberté au duc qui jura’d’étre à l’avenir le plus fidele & ie plussoumis de (es sujets. I! renonça pont ja-mais à ia couronne, & s’imposa d’autresconditions dictées par la nécessité & bien-tôt violées par l’ambition. Ericavoit ac-cumulé crime fur crime, le peuple l’avoiten horreur: la révolte n’attendoit qn’unchef pour éclater. Les freres du roi se li-guèrent, ieverent des troupes, appelle-rent l’étrauger à leur secours, assiégç.

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