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rent Eric dans Stockholm , se saisirentrie la personne & le jetterent dans uneétroite prison. II y souffrit des maux«|u’i! n’avoitpas fait essuyer au duc Jean ,lorfqu’il l’avoit tenu dans les fers. Celui-ci se faisoit un jeu d’insulter aux mal-heurs de son frere, & de redoubler sostourmens. Ce fut au milieu de ces soinscruels, & plus dianes d’un bourreau qued’un prince , que Jean fut proclamé, l’anl;A8. II commenqa par écarter du gou-vernement Charles, son frere , avec quiil avoit promis de le partager ; fit fapaix avec le czar , & désavoua !a con-duite de les ambassadeurs qui avoientconclu avec le Danemarck un traité igno-minieux. En donnant à son frere quel-ques provinces qu’il ne pouvoit lui re-fuser, il força les habitans de ces con-trées à promettre de ne jamais placer furle trône d’autre prince que ses defcen-rians. La guerre se ralluma bientôt avecla Moscovie ; la Livonie étoit le tison dediscorde entre les deux puissances. Jean,attaqué à la fois par les Danois & lesMoscovites, acheta la paix avec le Da-nemarck aux conditions qu’on vouljit liliimposer. II renonça à toutes fes préten-tions fur la Norwege , fur les provincesde Halland & de Blecknie, fur Jempt-land& Hermdaln ; enfin il paya les fraisd'une guerre que son frere avoit fait naî-tre , & dont la Suede avoit essuyé tousles échecs. Quelques tentatives pour ré-tablir en Suede la religion catholique;quelques démarches infructueuses pourobtenir la couronne de Pologne après lamort deSigifmond; le procès de CharlesMornay qui eut la tête tranchée pouravoir plaint le sort du malheureux Eric,une victoire ptefqu’incroyable , rempor-tée fur les Moscovites avec des forces in-férieures ; un formulaire dressé sous létitre de liturgie de Véglise suédoise con-forme à se'glis• catholique & orthodoxe ;quelques hrouillt ries. à ce sujet avec lacour de Rome ; la persécution élevée pourle formulaire ; enfin rempoisonnementd’Eric ordonné parle roi, approuvé parles principaux sénateurs , & le cadavrede ce prince donné cn spectacle au peu-ple, tels senties événemens qui rempli-ïent le rcgne de Jean depuis i;7l juf-qu’en 1579.
Après la mort de l’archevêquc d’Upsal,le roi voulut lui donner un successeur én-
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nemi rie l'hérésie & partisan rie l'égliserortiaine. II envoya Laurent Magnus enItalie pour y prendre le goût du catho-licisme , & concerter avec la cour deRome sur les moyens de le rétablir daysle Nord. Le clergé ne se seroitpent-êtrepas apperçu de ces menées, si le ducCharles, intéressé à détruire son freredans l’eípritdupeuple, n’eût ouvert furfa conduite les yeux de tous les ordresdu royaume. On fit des remontrances auroi ; il fut inflexible. Ce ne fut qu’eni;8r qu’il parvint à faire approuver parle clergé le changement qu’il vouloitétablir. Cette révolution lui avoit coûtébien des peines , & il étoit occupé à con-vaincre des docteurs, tandis qne fes gé-néraux luttoient loin de lui contre toutesles forces de la Moscovie. Cette guerrene paroissoit point intéresser le roi Jean:tout entier à la religion, la gloiren’étoítplus rien pour lui, & celle dont les sol-dats suédois fe couvrirent dans cettèguerre, n’appartenoit qu’à eux. Une trevede deux ans conclue en 1583 , suspenditles hostilités. Cependant le duo Charlesnégocioit avec la plupart des princes pro-teftans, & les engageoit à défendre leurreligion. Ce n’étoit pas qu’il fût plusattaché àl’une qu’à l’autre ; mais il efpé-roit rendre son frere odieux au peuple ,s’approcher du trône par degrés , & ymonter peut-être à la faveur des troublesqui étoíent prêts à naître de ces débatsthéologiques. Le roi pressentit le desseinde l’ambitieux Charles; & pour appaiferles nombreux partisans de la confessiond’Augsbourg , il défendit aux catholi-ques de tenir des assemblées. Mais cequi acheva de renverser tons les projetsdu duc , ce fut l’élection de Sigismond ,fils de Jean , au trône de Pologne. Onimposa à ce prince des conditions qniten-rioient à maintenir la religion protestanteen Suede & à la fomenter en Pologne.Jean, toujours attaché à régisse romaine,fit de nouveaux efforts pour en rétablirle culte dans fes états. On vit l’inftant oùtoute la Suede alloit prendre les armespour la défense de la confession d’Augs-bourg ; Charles s’étoit déclaré chef de larévolte. Jean , qui savoir qu’il avoit plusd’ambition que de zele, crut l’attirer,en partageant avec lui se gouvernementdu royaume: il ne se trompa point. Dèsque Charles çut obtenu les honneurs don