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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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avea perduçcs notions C communes, &la malédiction île 8. François de Borgia ,Je troisième de vos généraux, s’est ac-complie fur vous. II vous difoit, ce saint&bon-homme: “Il viendra un temps oùvous ne mettrés plus de bornes à votreorgueil & à votre ambition , où vous nevous occuperez plnsqu’à accumuler desrichesses & à vous faire du crédit, oùyous négligerez la pratique des vertus ;alors il n’y aura puissance fur la terre quipuisse vous ramener à votre premiereperfection , & s’il est possible de vous dé-truire , on vous détruira. „

II falloit que cuix qui avoient Fondéleur durée fur la même base qui soutientì’existence & la fortune des grands , pas-sassent comme eux , la prospérité des Jé-suites n'a été qu’uu songe un peu pluslong.

Mais en quel tems le colosse s’est-ilévanoui ? aú moment où il patoissoit leplus grand & lb mieux affermi. II n’ya qu’un moment que les Jésuites rem-pliíïbient les palais dé nos rois ; il n’y aqii’ûn moment que la Minesss , qui faitl’efperance des premieres familles de Té-tât , reinpliffoit leurs écoles, il n'y aqu’rtn moment que la religion les avoitportés à la confiance la plus intime dumonarque , de fa femme & de ses en-cans ; moins protégés qne protecteurs denotre clergé : ils étoient Paine de cegrand corps. Que ne fe croyaient ils pas ?J’ai vu çes chênes orgueilleux toucher,1e ciel de leup cime ; j’ai tourné la tète,.&ils n’étoient plus.

Mais tqut événement a ses causes.

■ Quelles ont été ceiles de la chiite inopi-née & rapide de cette société? en voiciquelques-unes, telles qu elles fe, présen-tent à mon esprit.

L’cfprit philosophique a décrié le cé-libat, & les Jésuites se son ressentis,ainsi que tous les autres ordres religieux,du peu de goût qu’on a aujourd’hui pourle cloître.

Les Jésuites se sont brouillés avec lesgens de lettres, au moment où ceux-cialloient prendre parti pour eux contreleurs implacables & tristes ennemis..Qu’en est-il arrivé ? c’est qifau lieu de«ouvrir leur côté fossile, on Ta exposé,_& qu’on a marqué du doigt aiix sombresenthousiastes qui les menaqoieut, Ten-dre i t où ils dévoient frapper.

J E S Lss

Il ne s’est plus trouvé parmi eux d'hom-me qui se distinguât par quelque graiichtalent; plus de poètes, plus de philoso-phes , plus d’orateurs, plus d’érudits ,aucun écrivain de marque, & on a mé-prisé le corps.

Une anarchie interne les dívisoit de-puis quelques années ; & si par hasardils avoient un bon sujet , ils ne pou.voient le garder.

On les a reconnus pour les auteurs detous nos troubles intérieurs, & on s’estlassé d'eux.

Leur journaliste de Trévoux , bon.homme, à ce qu’on dit , mais auteurmédiocre & pauvre politique, leur a faitavec son livre bleu mille ennemis redou-tables , & ne leur a pas fait un ami,

11 a bêtement irrité contre fa sociéténotre de Voltaire, qui a fait pleuvoirsur elle & sur lui le mépris & le ridicule ,le peignant lui comme un in bécille , &ses confrères , tantôt comme des gensdangereux & méchans ; tantôt connuedes ignorans, donnant l’exemple & leton à tous nos plaifaris subalternes , Stnous apprenant qu’on puuvoit impuné-ment se moquer d’un Jésuite , je auxgens du monde qu’ils en pouvoient rirefans conséquence.

Les Jésuites étoient mal depuis très-long-temps avec les dépositaires des loix ,& ils ne songe-oient pas que les magistrats,aussi durables qu’eux, seroient à la lon-gue les plus forts.

Ils ont ignoré la différence qn’il y aentre des hommes nécessaires & des moi-nes tutbuleos, & que si l’état étoit jamaisdans le cas de prendre un parti, il tour-neroitíe dos avec dédain à des gens querien ne recommandoit plus.

Ajoutez qu’au moment où l’orage afondu fur eux , dans cet instant où lever de terre qu’on foule du pié montrequelque énergie, ils étoient si pauvresde talens & de ressources, que dans toutTordre il ne s’est pas trouvé un hommequi fût dire u» mot qui fit ouvrir lesoreilles. Us n’avoient plus de voix , &ils avoient fermé d’avance tontes lesbouches qui auroient pu s’ouvrir en leurfaveur.

Us étoient haïs ou enviés.

Pendant que les études fe relevoientdans l’uni verlité, elles achevoient de tom-, ber dans ieut college, H cela lorsqu’eij