Band 
Tome dix-huitieme. I - JOM.
Seite
349
JPEG-Download
 

I M A.

des'Céfars , & la premiere qui fit périrson fils pour y régner. L’aiilre est l’impé-ratrice Théodore , veuve de Théophile.Sous Irene se tint > en 786 , le deuxièmeconcile de Nicée septième général, où ily eut trois cents cinquante peres. C’est leconcile que Charlemagne refusa de rece-voir à Francfort. (C)

Image , Belles - Lettres , se dit zuíîides descriptions qui se Font par le dis-cours. Voyez Description.

Les images, suivant la définition qu’endonne Longin, sont des pensées propresà fournir des expressions, L qui présen-tent une efpece tle tableau à l’esprit.

II donne, dans un autre endroit, àce mot un sens beaucoup moins étendu ,lorsqu’il dit que les images font des dis-cours que nous prononçons, lorsque parune efpece d’enthoiiiiasme , ou émotionextraordinaire de Famé., nous croyonsvoir les choses dont nous parlons , & quenous tâchons de les peindre aux yeux deceux qui nous écoutent.

Les images , dans la Rhétorique, ontun tout autre usage que parmi les Poètes.Le but qu’on le propose dans le poésie ,c’eíll’étoiinement &la surprise ; au lieuque dans la prose , c’est de bien peindreles choses , & de les faire voir claire»ment. Elles ont pourtant cela de com-mun, qu’elles tendent à émouvoir dansl’un &l’autre genre. Foy. Poe'sie.

Ces images ou ces peintures font d’ungrand secours pour donner du poids , dela magnificence &de la force au discours.Elles réchauffent & Raniment, & quandelles font ménagées avec art , dit Longin,elles domptent, pour ainsi dire , & sou-mettent l’auditenr.

On appelle généralement images , tanten éloquence qu’en poésie, toute descrip-tion courte L vive , qui présente les ob-jets aux yeux autant qn’à l’efprit. Telleest dans Virgile cette peinture de la cons-ternation de la m ère d’Euryale, en ap-prenant la mort de son fils :

Mìserte calor ojsa reliquit ,

ExcuJJì manibus radii , revolutuquepensa.

JEneid. IX.

ou cette autre de Verres par Cicéron :Stetit soleatus prmtor populi romani, cumpallia purpureo , tunicaque talari, mu-iierculû íiixus in littorc', oll cette imagede Racine dans Athalie :

I M A 349

De princes égorgés la chambre étoitremplie,

Un poignard à la main /’implacableAthalie■

Au carnage animoit ses barbares sol-dats , £9° c.

’D’après Longin on a compris fous lenom A'isnage , tout ce qu’en poésie on ap-pelle descriptions & tableaux. Mais ,enparlant du coloris du style , on attache àce mot une idée. beaucoup plus précise ;L par image on entend cette efpece de,métaphore, qui, pour donner de la cou-leur à la pensée , & rendre un objet sen-sible s’il ne l’estpas, ou plus sensible s’ilne l’est pas assez, le peint faus des traitsqui ne font pas les siens, maïs ceux d’unobjet analogue.

La mort de Laocoon dans l’-EWíde estun tableau ; la peinture des serpens quiviennent i’étouffer, est une description.Laocoon ardens est «ne image. La descrip-tion différé du tableau, en ee que letableau n’a qu’un moment & qu’nn lieufixe. La description peut) être une suitedu tableau ; le tableau peut être un tissui'images } Vimage el’e-méme peut formerun tableau. Mais fèumgeestle voile ma-tériel d’une idée au lieu que la descrip-tion & le tableau ne font le plus souventque le miroir de l’objet même.

Tonte image estime métaphore, maistoute métaphore n’est pas une image. IIy a des translations de mots qui ne pré-sentent leur nouvel objet que tel qu’il esten lui-même , comme , par exemple , !aclefd’ime voûte, le pied d’une monta-gne ; au lieu que l’exprçffion qui faitimage , peint avec les couleurs de loi,premier objet, la nouvelle idée à la-quelle ou Rattache , comme dans cettesentence d’iphicrate , une armée de cerf sconduite par un lion, cil plus à craindrequ'une armée de lions conduite par un cerf}& dans cette réponse d’Agésiias, à quil'on demandoit pourquoi Lacédémonen’avoit point de murailles : voilà : (énmontrant ses soldats) les murailles deLacédémone,

L 'image suppose une ressemblance ,renferme une comparaison; A de la jus-tesse de la comparaison dépend la clarté,l.a transparence de Vimage. Mais la com-paraison est sous-entendue, indiquée oúdéveloppée: on dit d’un homme en co-lère, il rugit, on dit de même, c'ejl uq