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en excitant, par un sens , des affectionssemblables à celles qu’on peut exciterpar un autre; &, comme le rapportne peut êfre sensible que l’impreísionne soit forte, la peinture dénuée de cetteforce ne peut rendre à la musique les imi-tations que celle-ci tire d’elle. Que toutela nature soitendormie, celui qui la con-temple ne dort pas , & l’art du musicienconsiste à substituer à l’image insensiblede l’-sbjet mdlle des mouvemens qne-saprésence excite dans le cœur du oontem-plateur.Non-seulement il agitera la mer,animera la flamme d’un incendie, feracouler les ruisseaux , tomber la pluie,grossir les torxens ; mais il peindra Phor-reur d’un désert affreux,- rembrunira lesmurs d’une prison souterraine , calmerala tempête, rendra Pair tranquille .& se-rein , & répandra de l’orchestre nne fraî-cheur nouvelle sur les boccages. 11 nereprésentera pas directement ces choses,mais il excitera dans i’ame. les mêmesmouvemens qu’on éprouve en les voyant,
- 1M1TATIVE. Phrase, Gram.essPoéjìe. J'appelle phrase imitatwe avecM. ì’abbé du Bos (qui me Fournira cetarticle dc Grammaire philosophique}toute phrase qui imite en quelque ma-xiierele bruit inarticulé dont nous nousservons par instinct naturel, pour don-ner l’id.ée , de la chose que la phrase ex-prime avec des mots articulés, .
L’homme qui manque de mots pourexprimer quelque bruit extraordinaire,ou pour rendre à son gré le-sentimentdont il est touché, a,recours naturelle-,meut à l’expédient de contrefaire ce mê-me bruit, & de marquer ses sentimens■par. dés sons Inarticulés. Nous sommesportés par un mouvement naturel’à dé-peindre par des sons inarticulés le fracastzu’une maison aura fait. en tombant, lebruit ,ço.nsus dune -assemblée tumul-tueuse , & plusieurs autres choses. L’ins-tinct. nous porte à suppléer, par ces sonsinarticulés, à la stérilité de notre langue,on bien à la lenteur iíe notre Imagina-tion.
IWais les Ecrivains latins, particuliè-rement leurs portes qui n’o.nt pas été gê-nés cç.inmé les nôtres Ridant la langueest ^nfinitnent plus riche.! sont retnplis déphrases rmitutives qvii ont été, admirées &çitécs avec éloge par les Ecrivains du bonfemps. Estes out été louées par les Eh*
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. mains du siecle d’Auguste qui étoient ju-’ ges compétent de ces beautés. ■
Tel est le vers de Virgile qui, dépeintPolipheme. ,
JUonfirum horrendum , informe ,■ ingens jcut lumen ademptum. >- - -
Ce vers prononcé en supprimant le»syllabes qui font élision, & em faisantsonner l’a comme les Romains íe faisoientsonner, devient si l’on peut s’exprimerainsi v un vers monstrueux. Tel est en-core le vers où Perse parle d’un hommequi nazilley & qu’on ne sauroît aussi pro-noncer qu’en nasillant.-.
Jétmcidulum quiddom balbàde nitre locutus.Le changement arrivé dans la pronom-dation du latin, nous a vo-ilé, suivantles apparences , une partie de ces h estâ-tes, mais il ne nous les a point toutescachées.
Nos poètes qui ont voulu enrichir leursvers de ces phrases, imìtatives .,, n’ont pasréussi an goût des François , comme cespoètes latins réuffisoient au goût des Ro-mains. Nous rions du vers où du Bar-tas dit en décrivant un coursier, le champplat, bat , abbat. Nous ne traitons pasplus férie usement les vers où Ronsarddécrit eh phrase.imitative le vol de'l’a-loue-tte.
EUe guindée duzéphire.,.
Sublime cn l'air , vire c$ revive ,
. Et y iépligne un. joli cri, . .
Qui rit, guérit, & tire l'ire.
Des esprits, mieux que je n'écris. .Paíquier rapporte plusieurs autresphrases imjtatìves. des poètes François ,dans le chap. x. liv, VIII. de. ses recher-ches , où il Veut prouver que nptre lan-gue n’est pas moins c apa hie que la latinede beaux traits poétiques ; mais les exent-ples que Pasquier rapporte, réfutentseuls fa proposition.
En effet, parue qu’on aura introduitquelques phrases mitatives dans.des vêts,il ne s’ensuit pas que ces vers soient bons.11 faut que ces phrases imìtatives y - aientété introduites., fans préjudicier au sens& à la construction grammaticale. Or Ohçiteroit bien peu de morceaux de poésiefrançoise, qui soient de çette elpece , &qu'oi) puisse opposer eu quelque façon àtant d’autres vers, que les la tins de topsles temps ont loue. dans les ouvrages despoètes qui avoienÇ écrit en, langue vul-gaire. M. l’âbbé du Bos ne çonçoiifitnt