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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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prit les Gréés L les Romains emtrgale-ment entendu une matière subtile, ignée,extrêmement déliée,qui étoit intelligenteà la vérité , mais qui avoit une étendueréelle & des parties différentes. Et eneffet comment veulent - ils qn’on croieque les philosophes grecs avoient uneidée d’une substance toute spirituelle,lorsqu’il est clair que tous les premiersJieres de l’églife ont fait Dieu corporel,ue leur doctrine a été, perpétuée danséglise grecque jufqiíe dans ces dernierssiécles, &qu'elle n’a été. quittée parlésRomains que vêts ìe temps de S. Augus-tin ?

, Pour juger sainement ,dans quel sçnïOn doit prendre le tetme'tf esprit danVlesouvragés des ancieqs, à pour décider defa véritable figrtj'fiOâtion , il faut d’aboféfqìre attention dans quelle occasion il s’enfaut servir, & à quel usage ils Vont em-ployé. Ils en usoient I! peu pour expri-mer l’ídée que nous avons d’im être pure-ment intellectuel; que ceux Hui n'ontrçconnu aucune divinité, ou du moinsHui u’en admettoíent que pour tromperle peuple, s'en seryoient très - souvent,te mot d 'esprit se trouvé très-souventjlaijs Lucrèce pour celui A’ame ; celui^'intelligence est employé au même usage :Virgile s'en sert pour signifier l’ame du :àponde, ou la masiere subtile & intelli-gente qui, répándue dans toutes ses par-ties le gouverne & lé vivifie. Ce systèmeétait en partié celui des anciens Pythagò-ficien’s ; les Stoïciens qui p’étoient pro-prement qué dés Cyniques reformés ,l'ayoient perfectionné; 'ils dpnnoiènt je.ítom de Dieu k ce tte ame ), iís la regaj;-doient comme intelligente’i rappellçiebt■esprit ìnteileUueii cépèndhnt aVòient'-ijs-une idée d’une substance t otite spiií-.tuclle ? pas davantage que Spínósá, ojul,du moins,gnere-p!ns: ils cpoypiéxií, dîtleP. Mourgiie.s dans son plan théologiquepu pythagorí.smè^, avoir beaucoup faitd'avoir choisi’ jè’.corps lé plus suhtil’(Jelfeu, ) pour en co m p ose r 1 ' ! n ie ÍI i géb é é iml’esprit du inonde, cominé Ou le peut,.U«ir d.ang .jjlùtárqúe. 11, faut entgndré• leur langage; ca,r dansjè nôtre, ce quiest esprit n’ést pas corps ,’ & ddns le.leùrau contraire on prouver'oit qú’úne choseétoit corps parce qu’elle étoit esprit. ;..Je.fuis obligé de faire cette observation- fans laquelle ceux. qui lit oient avec des

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yeux modernes celte définition du dieudes Stoïciens dans Plutarque', Dieu estUn esprit . intellectuel U ignée , qui n'ayantpoint de forme peut se changer en teUe chosequ'il>veut, U rqfemhler à tous le* êtres ,croir'oient que ces termes d 'esprit intellec-tuels détermineroient la signification duterme suivant, à un feu purement méta-phnriqne.

, Ceux qui voudroieht ne paS s'en tenirà l’ópíriron d’un savant moderne , nere-fuserprrt peut-être pas de se soumettre àl’autórité d’un ancien auteur qui devoftbien cônnoítre le sentiment des anciensphilosophes, puisqu’il a fait un traité déleur opinion , qui , quoiqu'extrêmementprécis , ne laisse pas d’êtra- fait -c'airtC’eftdp Plutarque dor. t je veux parier. Hdit èn termes .exprès dé.lVsprit qu’il n'estqu’uue matière subtile, h il parle nommédisant bine chose connue & avouée détous, ses philosophes, “, Ni'tr'e a ne , dîìS-il, qui est air, nous tient- en vie ; aussil’efprit & l'air contiennent en être toutle’monde’, car l’efprit & l'air sent deuxnOìfis qni signifient la même chose- Jene pense pas qu’on puisse rien demanderdé plus soit & dé plus clair"en mêmetemps. Dira-t-on que Plutarque ne çon-nóíssoit point la valeur’ destèrmèVgrècs,& que les modernes, qui. vivent aujour-d’hui en ont une pltís ’gtan'de'cOncrois-sance que lui ? On peut biep avapeerune pareille absurdité ; mais bù trciivera-t-ellcJa moindre croyance ?

Plàtdn a été de tous les. philosophes an-ciehs'cetHÎ qui pároìt lé plus’ avoir eul’idáç de la véritable l^iritualíf'é q cepen-dant iorsqíi’on examine avecuôpeii d’at-teiïtion la suite & i’efichaii'énient de fesppiniojnson voit clairement qiìfe par leterme ’i'esprit il n’entehdoît qu’urìe ma-tière ignée, subtile K intelligente ; lahscela, comment eût - íl pii diteqtie Dieuavoit poussé hors dé son sein líife matièredoht.iì avoit formé l’U hivers ? \ r a-t-îlde I'étériilue dans une substance toute spi-rituelle r ? Platon avoit -emprunté cetteidée d’e’Tîméé dé ïiôçre qui dit que Dieuvoulant,tirer de son sein un fils très-beau,produisît le monde gui’fera,éternel, parçequ’iì ii’èstpas d’un bon pere de doiïrier lamort à son enfant. II est bon de remarquerici que Platon , ainsi que Tinue de En-cre son guide & son modèle, ayant éga-lement admis la coéternité de la matière