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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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Dieu qui est juste , & qui a voulu que lesbons & les méchans éprouvassent dansl'autre monde un fort digne de leurs œu-vres dans celui-ci, a décidé &' a dû dé-cider qn'elle resteroit après la sépara-tion d'avec ie corps. Dieu a tiré l’ame dunéant j si elle n’y retombe pas, c’estqu’il lui plaît de la conserver. Matérielleou spirituelle, elle subsisteroit également,s’il luj plaisoit de la conserver. Le senti-ment de sa spiritualité & de Yvtmortalité,sont indépendans l’un de l’autre ; l’amepourroitêtre spirituelle & mortelle,ma-térielle & immortelle. Socrate qui n’avoitaucune idée de la spiritualité de l’ame,croyoit à son immortalité. C’est par Dieu& non pas par elle-même que l’ame est ;c’est par Dieu , & ce ne peut être que parDieu , qn’elle continuera d’ètre. Les phi-losophes démontrent que l’ame est spiri-tuelle , & la foi nous apprend qu’elleest immortelle , & elle nous en apprendaussi la raison.

L'immortalité se prend encore pourcette espece dc vie, que nous acquéronsdans la mémoire des hommes ; cí senti-ment qui nous porte quelquefois anx plusgrandes actions, est la marque la plusforte du prix que n où s attachons à l’esti-me de nos semblables. Nous entendonsen nous-mêmes l’éloge qu’ils feront unjour de nous, & nous nous immolons.Nous sacrifions notre vie, nous cessonsd'exister réellement, pour vivre en leursouvenir. Si l’ immortalité considérée sous.cet aspect est une chiniere, c'est la chi-mère des grandes âmes. Cesam.es qui pri-sent tant Yimmortalité, doivent priser enmême proportion les talens, fans lesquelselles se la promettroient en vain ; lapeinture , la sculpture, l’architecture,í’hiftoire & la poésie. II y eut des roisavant Agamemnon , mais ils fout tombésdans la mer de l’oubli, parce qu’ils n’ontpoint eu un poète sacré qui les ait immor-talisés : la tradition altéré la vérité desfaits , & les rend Fabuleux. Les nomspassent av..c les empires, fans la voixdu poète & de l’historien qui traversel’intervalle des te ms & des lieux, &qui lei apprend à tous les siécles & à tousles peuples. Les grands hommes ne fontimmortalisés que par l'homme de lettresqui pourroit s'immortaliser fuis eux. Audéfaut dictions célébrés, il chantero.itles transactions de la nature & le repos.

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des dieux, & il seroit entendu dans l’a-venir. Celui donc qui méprisera l’hommede lettres, méprisera aussi le jugementde la postérité , & s’élevera rarement àquelque chose qui mérite de lui êtretransmis.

Mais, y a-t-il en effet des hommes enqui le sentiment de Y immortalité soit to-talement éteint, ct qui ne tiennent aucuncompte de ce qu’on pourra dire d’euxquand ils ne feront plus! je n’en croisrien. Nous sommes fortement attachés àla considération des hommes avec les-quels nous vivons ; malgré nous, notrevanité excite du néant ceux qui ne fontpas encore, & nous entendons plus onmoins fortement le jugement qu’ils por-teront de nous, & nous le redoutons plusou moins.

Si un homme me dikoît, je supposequ’il y ait dans un vieux coffre , reléguéaufoiidde mo.n grenier, un papier capa-ble de me traduire chez la postérité com-me un scélérat & comme un infâme ; jesuppose encore que j’aie la démonstra-tion absolue que ce coffre ne sera pointouvert de mon vivant ; eh bien , je ne medonnerais pas la peins de monter au hautde ma maison, d’oiivrir le coffre, ri’entirer le papier, & de le brûler.

Je lni répondrais , vous êtes un men-teur.

Je fuis bien étonné que ceux qui ontenseigné aux hommes Vimmortalité del’ame , 11e leur aient pas persuadé en mê-me temps qu’ils entendront fous la tom-be les jugemeus divers qu’on porterad’eux, lorsqu’ils ne seront plus.

Immortalité , f. f. , terme deBlason , bûcher du phénix , nommé ainsidu mot immortel , parce que , selon la Fa-ble , il se dresse lui-même son bûcher ,bat des ailes, dessus pour l’allumer , s’yconsume, & il y naît un ver de sa cendred’où il se forme un autre phénix.

On n’exprime Vimmortalité , en bla-sonnant, que lorsq’uelle se trouve d’unautre émail que cet oiseau.

Feyne de Lavaune, à Paris; d'argentau phénix de sable, sur son immortalité degueules. (G. D. L. T. )

IMMORTELLE, f. m. elychrifum ,Ilift. nat. Botan., genre de plante à fleur,composée de plusieurs fleurons découpésen forme d’étoile, portés fur lin embryon,& soutenus par un calice écailleux, lui-8 b L-