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Si nos grammairiens avoient donnéaux analogies l’attention qu’elles exi-gent; outre qu'elles auroient servi à leurfaire prendre des idées justes de chacundes temps: elles les auroient encore con-duits à reconnaître dans notre impératifun prétérit, dont je ne sache pas qu’au-cun grammairien ait Fait mention, si een’est M, l’abbé de Dangeau, qui l’amontré dans ses tables, mais qui sem-ble l’avoir oublié dans Pexplication qu’iien donne ensuite. Opusc. sur la lang.franç. Op avait pourtant l’exempîe dela langue grecque & la facilité que nousavons de la traduire littéralement dansces circonstances, devait montrer sensi-blement dans nos verbes ce prétérit deVimpératif. Mais Apotlone avoit dit ( lìh.
J. cap. 30. ) qu'on ne commande pas leschoses pujfées ni les présentes : chacun arépété cet adage fans l’entendre , parcequ’on n avoit pas des notions exactes duprésent ni du prétérit ; & il semble enconséquence que personne n’ait osé voirce que P usage le plus fréquent met-
Indicatif. Subjonctif.
Prés. anxil. fui. (puesaye.
Prêt. comp. j'ailu. que s aye lu.
Prés. auxil. je suis. que je fois.
Prêt. comp. je fuis sorti. que je sois sorti.
M. l’abbé Girard prétend ( vrais princ.
Dise. viij. du verbe, pag. 13.) que Vis-sage lia point fait dans nos verbes de modeimpératif, parce qu'il ne caractérise l’i-dée accessoire de commandement , « lafremiere & seconde personne , que par lasuppression les pronoms dont le verbe sefait ordinairement accompagner , & à latroisième personne par l'addition de la parti-cule que.
J’avoue que nous n’avons pas de troi-sième personne impérative , qne nousemployons pour cela celle du temps cor-respondant an subjonctif, qu'il lise, qu'ilait lu, & qu’alors il y a nécessairementune ellipse qui sert à rendre raison dusubjonctif, commes’ily avoit par exem-ple, je veux qu’il lise, je désiré qu’ilait lu. En cela nous imitons les Latinsqui font souvent le même usage, non-seulqment de la troisième, mais mê-me de toutes les personnes du sub-jonctif , dont on ne peut alors ren-dre raison que par une ellipse sembla-ble.
Nais pour ce qui concerne la seçonde
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toit tous les jours fous les yeux. Ayezlu ce livre quand je reviendrai : il estclair que l’expreffion ayez lu est impé-rative , qu’elle est du temps prétérit,puisqu’elle désigne l’action de lire com-me passée à l’égard de mon retour : en-fin que c’est un prétérit postérieur, par-ce que ce passé est relatif à une époquepostérieure à Pacte de la parole, je re-viendrai.
Ce prétérit de notre impératif a lesmêmes propriétés que le présent. II est,pareillement hien remplacé par le prétéritpostérieur de l’indicatif ; vous aurez luce livre quand je reviendrai : & cettesubstitution de l’un des temps pourl’au-tre a les mêmes principes que ponr lesprésens ; c’est énergie ou euphémismequand on s’attache à la précision ; c’est.harmonie quand on fait moins d’atten-tion anx idées accessoires différentielles.Enfin ce prétérit se trouve dans P ana-logie de tous les prétérits franqois ; ilest composé du même auxiliaire, prisdans le même mode.
Infinitif. Impératif.avoir. aye.
avoir lu. aye lu.
ítre. fois.
être sorti. sois sorti.
personne au singulier, & les deux pre-mières au pluriel , la suppression mêmede? pronoms, qui font nécessaires par-tout ailleurs, me paraît être une sonnecaractéristique d u sens impératif, & suf-fire pour en constituer un mode parti-)culier, comme la différence de ces mé-. mes pronoms ínffit pour établir celle despersonnes.
D’après toutes ces considérations, ilrésulte que l 'impératif des conjugaisonslatines n’a que le présent postérieur, $que ce temps a deux formes différen-tes, plus ou moi as impératives, pourla seconde personne tant au singulier,qu’au pluriel, L une seule forme pour
la troisième.;. , .
Jìug. 2. lege «h legito.j.,legito,
plur. z-, legite ou legitote. ,,. ■z. .legunto. r,
Ce qui maiiqòe ,à-l 'impératif,. Tissage-le supplée par le subjonctif, &cequelesrudimens vulgaires ajoutent à ceci, com-me partie du tnadit impératif, y est ajoutéfaussement L mal-à--pt<jpus. - - ,
Çç 4