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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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le recueil de í'académîe des Belles-Let-tres : i> en faut détacher les généralitésles pins importantes & tes pins assor-tissantes au plan de cet ouvrage.

Commençons par distinguer les im-précations des anciens , en imprécationspubliques, en imprécations des particu-liers , & en imprécations contre foi-jnème, lorsqu’on se dévouoit pour lapatrie ; mais nous ne dirons rien de cesdernieres, parce que nous en avons déjatraité â l'article DÉVOUEMENT, ÇHijl.N Lit ter.)

J’wttends par imprécations publiques,celles que l’autorité publique ordonnoiten certains cas çbez les Grecs , chez lesRomains, & chez quelques autres peu-ples.

Les citoyens impies, mais fur-toutles oppresseurs de la liberté & les enne-inis de l’état, furent l’objet le plus or-dinaire de ces fortes à'imprécations. Al-cibiade en subit la peine , pour avoirmutilé les statues de Mercure, & pouravoir profané les sacrés mystères de Ce-lés.

Dès que les Athéniens eurent secouéle joug des Pilìstratïdes, un décret dusénat ordonna des imprécations contre Pi-sistrate & ses descendans. Un pareil dé-cret en ordonna de plus fortes contrePhilippe, roi de Macédoine. Tite-Lívenous en a conservé la teneur que voici.

Le peuple, dit-il, obtint du sénat undécret, qui portoit que les statues qu’onavoit élevées à ce prince, seroient ren-versées ; que tous ses portraits seroientdéchirés ; que son nom & ceux de sesancêtres de l’un & de Tautre sexe, se-roient effacés; que les fêtes établies enson honneur seroient réputées profanes,& les jours où on les célébroit, des joursmalheureux; que les lieux où Ton avoitplacé quelque monument à fa gloire,seroient déclarés des lieux exécrables ;enfin, que les prêtres dans toutes leursprières publiques pour les Athéniens &polir leurs alliés, seroient obligés dejoindre des malédictions contre la per-sonne & la famille de Philippe. On in-séra depuis dans le décret, que tout cequi pourroit être imaginé pour flétrirle nom du roi de Macédoine, feioit avoué& adopté par le peuple d’Athénes ; &que1, quelqu’un ofoit «’y opposer, il seroitregardé pour ennemi de Tétai.

I M P

Éschine nous apprend que les Amphic-tions s’obligerent par une a more impré-cation, non-fenlement à lie jamais cul-tiver , mais même à ne jamais permettrequ’on cultivât les terres des Cyrrhéens& des Acragallides, qui avoient profa-né le temple de Delphes, & s’étoient gor-gés du butin des offrandes dont l’avoitenrichi la piété des peuples : voici lespropres termes de l ’imprécation , ils fontbien curieux.

“ Si quelqu’un, soit particulier, soitville , soit nation entiere , viole cet en-gagement , qu’on les déteste comme cri-minels de leze - majesté divine enversApollon, Latone, Diane & Minerve ;que leurs terres ne donnent point defruits ; que leurs femmes n’enfantentpas des hommes, mais des monstres; queleurs troupeaux ne produisent que desmasses contraires à Tordre de la nature»que fans celle de lels gens succombentdans toutes expéditions de guerre , danstout jugement de tribunal, dans tontedélibération de peuple , qu’eux , leurfamille & leur race , périssent par uneextermination totale ; qu’enfin aucunevictime de leur part ne trouve grâce de-vant les qu 'tre divinités offensées , &

qu'à jamais elles rejettent de semblablessacrifices. „

Comme toutes les imprécations avoientpour but d’attirer la colore des dieux fnrla tête de celui contre qui on les pronon-qoit, les divinités, qui dans la Mytho-logie préfidoient à la vengeance , entrelesquelles les Furies tenoieut !e premierrang, étoient celles qu’on invoqnoit leplus généralement dans les imprécations.

Les vœux qu’on leur adreffoit font ap-pelles indistinctement, exécrationes , exe-cratìonum Carmen , dine, déprecationes ,devotiones , nota feralia , termes quimarquent qu’on ne les invoqnoit quepour en obtenir quelque chose de funeste;& afin de répandre une sorte d’horreursur les sacrifices qui faisoient partie dela cérémonie, on les offroit ces sacrifices,non fur des autels élevés, mais dansdes sodés profondes que Ton creusoit ex-près.

Le premier but de ces prières venge-resses étoit de mettre les divinités infer-nales en possession du coupable , qu’onleur abandonaoit ; c’est ce qu’on enten-l doit par les deux mots devovere diris