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conclus avec certitude que si ee'la est, 1elle doit découler de leur essence. Jetâche de trouver comment elle en déri-ve ; mais si je ne peux en venir à bout,dois-je conclure ^e-là que cette propriéténe leur est pas essntielle? Non assuré-ment 5 mais que j’ai la vue fort bornée,ou qn’elle n’en découle que par un fi longcircuit de raifonnemens > que je ne fuispas capable de le suivre jufqu’an bout.
II reste douteux si cette propriété , queInexpérience m’â découverte dins dixtriangles , par exemple , appartient àl’esseuce générale dn triangle , auquelcas ce feroit une propriété universelle quiconviendroit à tous les triangles , o» sielle découle de quelque qualité particu-lière à une forte de triangles, & qui parun hasard très - singulier, fe trouveroitappartenir à ces dix triangles fur lesquelsj’en ai fait fessai. Or il est aisé de conce-voir que si ces dix triangles font faitsdis-férens les uns des autres, ils n’ont vrai-semblablement d’autre propriété com-mune que celle qui apparticiit à tous lestriangles en général 5 c’est-à-dire, qu’ilsne le ressemblent en rien , qu’fen ce quele* uns & les autres font des figures quiont trois côtés: du moins cela est très-vraisemblable ; & cela le devient d’au-tant pins, que l'expérience faite sur cestriangles a été plus souvent répétée , &sur des triangles plus diffsrens. Dès-lorsil est auffi très-vraisemblable que la pro-priété que l’on examine découle non dequelque propriété commune à ces dixtriangles mis en épreuve,mais de l’esseneegénérale de tous les triangles ; il est donctrès-vraisemblable qu’elle convient ì tousles triangles , L qu’elle est elle-même unepropriété commune & essentielle.
Ce même raisonnement peut Rappli-quer à tons les cas semblables ; d'où ilfuit i°. que la preuve d’analogie est d'au-tant plus forte & plus certaine , que l’ex-périence est poussée plus loin, & quel'on rapplique à des choses plus diffé-rentes. î Que plus la propriété dont ils’agit est simple, & plus l'Muéíiott estforte, supposant le même nombre d’ex-périenoes > car une propriété simple doitnaturellement découler d’une maniéréfort simple d’un principe fort simple : orquoi de plus simple que l’essence d’unechose , sur-tout que l’essence généraled’un être universel & abstrait.
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Je trouve donc ici le principe d’ana-logie fondé sur l’expérience & sur la sim-plicité qui approche le plus de la vérité.Cependant que l’on n’oublie jamais queVinduflion ne noils donne a u fond qu'unesimple probabilité plus ou moins forte;or dans les sciences nécessaires on de-mande plus que la probabilité ; on veutdes démonstrations , & elles en font sus-ceptibles. Ne nous laissons donc pas ar-rêter par nue lâche paresse, ou séduirepar la facilité de la preuve d’analogie.Je consens que l’on fe serve de ce moyenpour découvrir la vérité, mais il ne fautpas élever fur un pareil fondement l’é-difice des sciences qui peuvent s’enpasser.
INDULGENCE , f. f. , Hijl. ecclés. .rémission donnée par les papes de la peinedûe aux péchés, fous certaines conditionsprescrites.
M. l’ai>bé Fleury, qui fera mon pre-mier guide fur cette matière , commencepar remarquer que tous les catholiquesconviennent que l’eglise peut accorderdes indulgences , & qu’elle le doit en cer-tains cas v mais il ajoute que c’est à sesministres à dispenser sagement ses grâces,i & à n’en pas faire une profusion inutileou même pernicieuse.
La multitude des indulgences , & la fa-cilité de îes gagner devint un grand obs-; tacle au zele des confesseurs éclairés. IIleur étoit difficile de persuader des péni-tences à un pécheur qui pouvoit racheterses péchés par une aumône légere , oupar la feule visite d’une église; car lesévêques du onzième & du douzième siéclea ccordoient libéralement des indulgencesà toutes sortes d’œuvres pies , commepour le bâtiment d’une église, d’une cha-pelle , l’entretien d’un hôpital, un pèle-rinage à Rome, & même tout ouvrageutile au public , un pont, une chaussée ,le pavé d’un grand chemin. Plusieursindulgences jointes ensemble rachetoientla pénitence toute entiere.
Quoique le quatrième concile de La-tran qui se tint dans le xiij. siécle , ap-pelle ces sortes A'indulgences indiscrètes ,superflues , rendant méprisables les clésde régisse, & énervant la pénitence;cependant Guillaume évêque de Paris ,célébré dans le même siecle, soutenoitqu'il revient plus d’honneur à Dieu , &d’utilité aux âmes dejla construction