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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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d’une église, que de tous les tourmensdes œuvres pénales. 11 prétendoit encorequ’on acoordoit avec beaucoup de raisondes indulgences pour la fondation deshôpitaux, la réparation des ponts & deschemin?, pareeque ces ouvrages serventaux pèlerins & autres personnes quivoyagent pour des causes pieuses.

Si ces raisons étoh-nt solides, continueM. Fleury , elles auroient dû touchertqus les saints évêques des premierssiécles qui avoient établi les pénitencescanoniques : mais ilsportoient leurs vuesplus loin. Ils comprenoient que Dieu estinfirment plus honoré par la pureté desmœurs, que par la construction & l’or-nement des églises matérielles , par lechant, les cérémonies , & tout le culteextérieur ; qui n’est que. l’écorce de lareligion , dont i’ame est la vertu. Or ,comme la plupart des chrétiens ne fontpas assez heureux pour suivre toujourslçors devoirs, ces sages pasteurs ne trou-vèrent point de meilleurs remedes pourramener les pécheurs , que de les enga-ger non pas à des aumônes, à des visitesd’églil'es,.& à des,cérémonies extérieures,où. le cœur; n’a point de part, mais à,sepunir volontairement eux - mêmes enleurs proprts petsonnes, par le retran-chement de tous les plaisirs. Auffi leschrétiens n’ont jamais été plus corrom-pus, que quand les pénitences canoni-ques perdirent de leur vigueur , & queles indulgences prirent leur place.

.En vaut l’égiiíe laissoità la discrétionépiscopale de remettre- une partie de lapénitence canonique ,, suivant les cir-constances , & la ferveur dir pénitent j. jìei indulgences plus commodes fapperent :toute pénptence.Mais on vit avee.furprife.fous le pontificat d Urbain;!!.* qu’en fa-veur d’une lenle bonne œuvre , le pé-cheur fut déchargé de .toutes les peinestemporellesdontilpouvoit être redevableàda justice divine. Il 11 e falloit pas moinsqu’un concile nombreux , présidé par cepape en personne, pour autoriser cettenouveauté. Ce concile accorda une indul-gence, une rémiffion pléniere de tous lespéchés à ceux qui prendroient les armespour le recouvrement de la Terre-sainte.

On avoit bien déja employé l’inven-tion de racheter en peu de jours parquelques œuvres pies des années de pé-nitence , les pèlerinages de Rome , de

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Compostelle & autres lieux , y entroientpour beaucoup. Mais comme la croisadeen Orient étoit un voyage pénible à en-treprendre , qu’il étoit accompagné detons les périls de la guerre,dans un payséloigné, & contre des infidèles , on crutqu’on ne pouvoit rien Faire de trop enfa saveur. D ailleurs l'indulgence tenaitlieu de solde anx croisés ; & quoi qu’ellene donnât pas la nourriture corporelle,elle fut acceptée de tout le monde enpaiement. On fe flatta de subsister auxlfrais du public , des riches, des Grecs Ldes Musulmans.

Les nobles qui se sentaient la plupartchargés de crimes , entr'autres de pilla-ges fur ses églises L fur les pauvres , s’es-timerent heureux dsevoir rémiisien plé-niere de tous leurs péchés, & pour route,pénitence leur exercice ordinaire , quiét.it de faire la guerre , outre l’elpé-■rance , s’rls étaient rués , d’obtenir. ilcouronne du martyre.

La noblesse entraîna le petif peuple*dont la plus grande partie étoit des serfs. attachés anx terres L entièrement dépensdans de leurs seigneur». En un mot eba-cuiJí se persuada qu’il n’y avoit qu’à marJcher vers la Terre-faiute pour assurer Ionsalut. On fait quelle fut la conduite de»croisés, & le succès de leurs entreprises.

Cependant l'idée d’Urbain II fut adop-tée , goûtée & perfectionnée par ses suc-cesseurs ; quelques-uns même étendirentle privilège des indulgences aux person-nes qui ne pouvant, ou ne voulant poinf! s’armer pour les croisades , fourniroient; un soldat à leur solde.

Bientôt ces faveurs spirituelles ftttenfedistribuées à tontes les personnes- qui f»mirent en campagne contre ceux que lespapes déclarèrent hérétiques en Europe.Le long schisme qui s’éleva sous ! Urbai»VI,'engagea méme les doubles pontife*de délivrer des indulgences les uns contre:les autres. Walsingham moine bénédic-tin de l’abbaye de saint Albans, dit la-dessus ; “ qu’ils donnèrent au monde'cette leçon , qu’un stratagème, quelque-sacré qu’il soit , ne devroit jamais êtreemployé'deux fois dans le même sieclc.,,

Néanmoins Alexandre VI s’en servoit,avec succès pour payer l’armée qu’il desti-nait à la conquête de la Romagne.Le car-,dinal Bembo prétend qu’il vendit des in-dulgences-en- Italie pour près - -de seize.