Band 
Tome dix-huitieme. I - JOM.
Seite
620
JPEG-Download
 

620 I N D

cents marcs d’or; & e’est le moindre re-proche qu’on puissi Faire à ce pontife.

Après le pontificat déteste , mais heu-reux , d Alexandre VI (dit Fauteur del’histoire générale , dont le tableau ter-minera cet article), après le régné guer-rier , & plus heureux encore de Jules II,Jean de Médicìs fut orne de la tliiare àJ'âge de trente-six ans , & prit le nomdeLéonX. La religion n’eut rien d’aus-tere sous fou pontificat; & ce qui l’offensale plus, n’étoit point apperqu dans uneCour occupée d’intrigues & de plaisirs.

Le prédécesseur de Léon X, le PapeJules II, fous qui la peinture & l’archi-tecture commencerent à prendre de flnobles aceroissemens, avoit désiré queRome eût un temple qui surpassât sainteSophie de Constantinople, & qui fût leplus beau qu’on eût encore vu fur la terre.11 eut le courage d’entreprendre ce qu’ilne pouvoit jamais voir finir.

Léon X suivit ardemment ce grandprojet. I! falloit beaucoup d’argent, &ses magnificences avoient épuisé son tré-sor. II n’est point de chrétien qui n’eût<ttì contribuer à élever cette merveille dela métropole de l’Europe ; mais l'argon tdestiné aux ouvrages publics, ne s’arra-ehe jamais que par force nu par adresse.Léon X eut recours, s’íl est permis de seservis de cette expression , à une des clés<le S. Pierre, avec laquelle on avoit ou-vert quelquefois les coffres des chrétiens,pour remplir eeux du pape.

II prétexta une guerre contre les Turcs,& fit vendre dans tous les états de lachrétienté des ioiia/genceíplénitfres , con-tenant la délivrance des peines dn pur-gatoire, soit pour soi-même, soit pourses parens & amis. II y eut par-tont desbureaux A'indulgences ; on les affermentcomme les droits de la douane. Plusieursde ces comptoirs se tenoient dans les ca-barets de Rome , L l’on y jouoit publi-quement aux dés s dit Guiohardin , lepouvoir de tirer les âmes du purgatoire.Le prédicateur, le fermier, le distribu-teur, y firent de bons profits ; le papefur-tout y gagna prodigieusement Oncn peut juger si l’on daigne seulement serappeller, qn’un de ses légats qu’il en-voya Pan iyi8 dans les royaumes de Da-uemarck , de Suede, & de Norwege, lesplus pauvres de l’Europe ; y vendit desindulgences pour près de deux millions

I N D

île florins. Léon X toujours magnifique,diffipoit en profusions toutes ces riches-ses , à mesure qu’elles lui arrivoient,

Mais le malheur voulut qu’on donnâtaux Dominicains la ferme des indulgencesen Allemagne; les Augustins qui enavoient été long-íemps possesseurs, enfurent jaloux, & ce petit intérêt de moi-nes dans un coin de ía Saxe , dessilla lesyeux des peuples fur le trafic scandaleuxdes indulgences & produisit trois cents ansde discordes, de Fureurs, & d’infortu-nes chc-z trente nations. (D. J.)

Indulgence , f. f. Morale, c’estune disposition à supporter les défautsdes hommes, & à pardonner leurs fau-tes ; c’est le caractère de la vertu éclairée.Dans la jeunesse , dans les premiers mo-mens de l’enthousiasme, pour Tordre &le beau moral, on jette un regard dé-daigneux sur les hommes qui semblentfermer les yeux à la vérité , & s’écartentquelquefois des routes de l’honnête ; maisles connoissances augmentent avec l'âge,l’esprit plus étendu voit un ordre plusgénéral; il voit dans la nature des êtres,leur excellence , & la nécessité de leursfautes. Alors on aspire à réformer sessemblables comme foi - même , avec ladouce chaleur d’un intérêt tendre qui cor-rige ou console , soutient & pardonne.

L’envie plus contrariée par le mérite,qu’offenfée des défauts, voit le mal àcôté du bien , & le censure dans l’hommequ’on estime.

L’orgueil pour avoir le droit de con-damner tous les hommes, tes juge d’a-près les idées d’une perfection à laquelleaucun ne peut atteindre.

La vertu toujours juste , plaint le mé-chant qui se'dévore íui-méme, & jus-ques dans les sévérités on la trouve con-solante.

Indulgence, Art numismatique,cette vertu si rare chez les hommes, estreprésentée dans une médaille de Gor-dien, par une personne assise entre deuxanimaux indomptés. Est-cepour marquerque la douceur, que l 'indulgence peutadoucir les esprits les plus farouches ?Dans une autre médaille, VindulgenceA’ Auguste est caractérisée par une femmeassise, qui tend la main droite, & quitient un sceptre de la gauche ; pur ou-vrage de la flatterie. Vindulgettce pré-tendue d’Qctrn n’étoit qu’pne politique