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Tome dix-huitieme. I - JOM.
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examiner en détail tont ce que les gram-mairiens ont avancé fur cet objet. Leplus court, & fans doute le plus sûr, estd’analyser la nature de Y infinitif, com-me si personne n’en avoit encore parlé :en ne posant que des principes solides,on parvient à mettre le vrai en éviden-ce , & les objections íont prévenues 011résolues.

Les inflexions temporelles , qui fontexclusivement propres au verbe, en ontété regardées par Scaliger comme la dif-férence essentielle: tempus autan non vu■detur ejse ajsefhis verbi , sed dijserentiaformalis , propter quant verbus» îpsmn•verbum est. (De C nus. L. L. lib. V. cap.cxxj.'ì Cette considération, trcs-lolideen foi , l’avoit conduit à définir ainsicette partie . d’oraison : verbum est notareistb tempore , ibid. no. Scaliger tou-chait jmsque au but, mais il l’a manqué.Les temps ne constituent point la natured u verbe ; autrement il faudroit dire quela langue franque qui est Je lien dn com-merce des Echelles du Levant, est fansverbe , puisque le verbe n’y requit aucunchangement de terminaisons; mais lestemps supposent nécessairement dans lanature du verbe un» idée qui puisse servirde fondement à ces métamorphoses, &cette idée ne peut être que celle de l’exis-tence, puisque l’existence successive desêtres est la feule mesure du temps qui soità notre portée, comme le temps devientá son tour !a mesure de {'existence suc-cessive. Voyez Verbe.

Or cette idée de ('existence se mani-feste à ['infinitif paries différences carac-téristiques des trois especes générales detemps , qui font le présent , le prétérit& le futur ; par exemple , amure (aimer)en est le préient ; amatiife (avoir aimé)en est le prétérit ; amtijière (devoir ai-mer) , félonie témoignage & les preu-ves de Voisins (Analog. III. 17.) en estl’aiieien futur, auqufl on'a substitué de.puis des Fururs composés , amaturum e_Je,atnutttrumfuijfe , plus analogues a 11 x fu-turs des modes personnels ; voy. Temps.L’ufage, malgré ses prétendus caprices,ue peut résister à {'influence sourde de{'analogie.

II faut donc conclure que l’essence duverbe se trouve à Yinfinitif comme dansles antres modes, & que Yinfinitif est vé-ritablement verbe : verbum eutem ejfe ,

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7 ,’erli iefinitio clunsat ; signifient enim remsub tempore (Scalig. ibid. 117.) Si Sanc-tius fi: quelques autres grammairiens ontcru que les inflexions temporelles de 1’»»-finitif pouvoient réemployer indistincte-ment les unes pour les autres ; fi quel-ques-uns en ont conclu qu’à la rigueur ilnc pouvoit pas se dire que Vinfinitif tòtdes temps différens, ni par conséquentqn’il fût verbe, c'> st une erreur évidente,& qui prouve seulement que ceux qui ysont tombés n’avoient pas des temps unenotion exacte. Un mot suffit fur ce point:files inflexions tempotelles de Yinfinitifpeuvent se prendre sans choix les unespour les autres , Y infinitif ne peut pas setraduire avec assurance, ikdieis mclegme,par exemple, peut lignifier indistincte-ment veux dites que je lis , que j'ai tu ,que j r lirai.

11 semble qu’une fois assuré que Vinfi-nitifi en soi la nature du verbe . & qu’ilest une partie essentielle de la conjugai-son, on n'a plus uu’a te compter entreles modes du verbe. II se trouve pour-tant des grammairiens d’une.grande ré-putation & d’un grand mérite , qui enavouant que V infinitif e& partie dn verbe,ne veulent pas convenir qu’il en soit unmode; mais maigre les noms imposonsdes Scaliger, des Sanctius, des Voisins,& dc Lancelot, -'oserai dire que leuropinion est d’iine inconséquence surpre-nante dani des hommes si habiles ; carenfin , puisque de leur aveu même l'soyf-nìtif est verbe , il présente apparem-ment la signification du verbe sons nn as-pect particulier , & c’eft sans doute pourcela qu’il a des inflexions & ries usagesqui lui font propres, ce qui suffit pourconstituer un mode dans le verbe, com-me mie terminaison différente avec unedestinatiori propre suffit pour constituerun cas dans le nom ; mais quel est cet as-pect particulier qui caractérise le modeinfinitif ì

Cette question ne peut se résoudre qued'après les usages combinés des langues.L’oblervation la plus frappante qui enrésulte, c’est que dans aucun idiome I'íb-finitif ne requit ni inflexions numériques,ni inflexions personnelles; & cette una-nimité indique si sûrement le caractèredifférentiel de ce mode , sa nature dis-tinctìve , que c’est de-là , selon Priscîen(lib. VIII. de modii') , qu’il a tiré son