d’observations ASTRONOMIQUES. 119
l’époque reculée où se formoit le noyau de notre planète. Dès-lors l’hydro-gène se seroit mêlé au reste de l’atmosphère qui étoit agitée par les courans.La quantité moyenne d’hydrogène répandue dans l’air ne peut être qu’in-finiment petite. Ce résultat d’expériences directes a été confirmé parl’harmonie frappante que trouvent MM. Biot et Arrago, entre le pouvoirréfringent de l’air atmosphérique observé et entre le pouvoir réfringentcalculé dans l’hypothèse que l’atmosphère est un simple mélange d’azote etd’oxygène. De plus, en considérant les produits de la putréfaction des ma-tières organiques, en réfléchissant sur la réunion peu commune des cir-constances sous lesquelles, par une simple décomposition de l’eau, il s’élèvede la surface du globe du gaz inflammable pur, nous trouvons que le mi-nimum d’hydrogène atmosphérique dont nous admettons l’existence, devientpar là même moins redoutable pour les astronomes ; que cet hydrogène,pour la plus grande partie, est un mélange d’hydrogène carburé, oxi-carburé,phosphuré et sulfuré. Le phosphore se combinant avec le soufre et avec lecarbone., comme l’ont fait voir Pelletier et M. Proust; le soufre hydrogénédissolvant aisément le phosphore, comme l’ont prouvé MM. Clément etDesormes, il est plus que probable que les miasmes mêlés à l’atmosphèrecontiennent des variétés particulières de gaz hydrogène dans lesquelles deuxou trois substances oxigénables sont dissoutes à la fois. Il est probable aussique sous les tropiques, où une chaleur constante et une grande humiditéfavorisent le développement des êtres organisés, ces émanations gazeusessont plus communes que dans les climats tempérés ; elles y cause-roient un jeu de réfractions extraordinaires, s’ils parvenoient à s’accu-muler momentanément. Mais cette crainte s’évanouit, lorsqu’on considère,i°. les circonstances qui s’opposent à cette accumulation dans une région oùle mouvement perpétuel de l’air, depuis l’équateur aux pôles, cause l’appa-rence des vents alisés; 2 0 . les quantités extrêmement petites de ces émana-tions, que des expériences eudiométriques les plus exactes nous permettentde supposer dans l’air; 3°. le fait remarquable et rassurant que l’hydrogène,qui contient d’autres substances oxigénables en dissolution, a un pouvoirréfringent qui n’est pas le tiers du pouvoir réfringent de l’hydrogène pur,et qui n’est que le double de celui de l’air atmosphérique. 11 résulte ausside ces mêmes considérations, que les phénomènes singuliers de réfraction,et surtout ceux de réflexion aérienne que l’on n’observe que dans certainesrégions de la terre, par exemple à Reggio et dans la partie méridionale de