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RECUEIL
de moins qu’en supposoit M. Biot, d’après Davy, l’effet de la condensationdevient sensible; car le pouvoir réfringent du composé est de 2,168, aulieu de 2,0847 I#
Nous avons vu jusqu’ici que la constitution chimique de l’atmosphèresous l’équateur ne présente aucune modification particulière propre à favo-riser l’opinion de l’influence des climats sur les réfractions moyennes,influence qui fût indépendante de la température et de la pression baro-métrique de l’air. En supposant sous les tropiques; comme quelques phy-siciens l’ont fait arbitrairement, plus d’acide carbonique ou (à compositionégale) plus de condensation de bases, ces différences, bien loin d’expliquer,comme le feroient des accumulations d’hydrogène et d’oxygène, une dimi-nution dans le pouvoir réfringent du mélange, tendroient plutôt à en aug-menter les effets.
Humidité. Brume. Nuages.
Il en est de meme d’une quatrième et dernière cause qu’il nous reste àexaminer, de l’humidité. Si l’influence de cette cause est sensible, elle doitaugmenter l’inflexion des rayons lumineux sous l’équateur, quelle que soitla grandeur de l’angle apparent que l’on observe. En effet, dans ces climatsbrûlans, le sol couvert d’épaisses forêts, et humecté par des pluies presquecontinuelles, répand des masses d’eau énormes dans un air dont la tempé-rature varie de 22 à 36°. L’humidité extrême de ces régions équinoxialescontraste avec la sécheresse à laquelle l’atmosphère polaire se trouve réduitepar le froid.
La gravité spécifique de la vapeur d’eau étant, à forces élastiques égales,à la gravité spécifique de l’air comme 10 : i4> celui-ci pèse d’autant moinsqu’il est plus près du degré extrême de sa saturation. Or, l’air humide n’estqu’un mélange d’eau et de vapeurs; par conséquent, sa densité est aussimoins grande que celle d’un air plus sec. On peut concevoir par là comment,sous l’équateur, une source constante de chaleur et d’humidité produit unediminution dans les hauteurs moyennes du baromètre, l’air dilaté dans descolonnes plus élevées refluant sans cesse sur les colonnes voisines, et pesantmoins à cause de son mouvement ascensionnel. On peut en conclure demême que, si la vapeur d’eau avoit exactement le même pouvoir réfringentque l’air, les réfractions devroient être moindres dans l’air humide que dansl’air sec. Mais des expériences précises, faites par les deux savans distingués