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Premier volume.
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d’observations ASTRONOMIQUES. 123

que la Classe en avoit chargés, ont confirmé ce que le génie du géomètreavoit prédit depuis long-temps. M. Laplace avoit prouvé que l'état hygrosco-pique de l’air ne pouvoit avoir qu’un effet presqu'imperceptible sur lesréfractions, l’excès de la force réfringente de la vapeur aqueuse sur cellede l’air étant compensé, en grande partie, par sa densité plus petite. Lesformules développées dans le dixième livre du quatrième volume de la Mé-canique céleste annoncent meme que, si la compensation n’est pas tout-à-faitcomplète, ce manque d’équilibre entre la dilatabilité et le pouvoir réfrin-gent doit plutôt renforcer que diminuer l’effet des réfractions équatoriales.Aussi MM. Delambre et Biot, dans une suite d’observations très-exactesfaites au cercle répétiteur, n’ont pas vu varier sensiblement les réfractionspendant que l’hygromètre indiquoit de fortes variations d’humidité.

Telles sont les effets de l’eau dissoute dans l’atmosphère d’une manière àne pas en altérer la transparence. Mais la vapeur qu’on appelle vésiculairene paroit pas toujours suivre les memes lois. Il ne s’agit point ici de déter-miner si le brouillard et les nuages sont des amas de globules solides,comme M. Monge a tâché de le prouver dans son Mémoire sur la météoro-logie, ou si, comme j’incline à croire avec beaucoup d’autres physiciens, lesnuages sont composés de sphères creuses dans lesquelles probablement un airextrêmement humide est enveloppé d’une pellicule plus ou moins mince d’eau.Il suffit ici d’examiner les circonstances qui peuvent influer sur la différencede réfractions qu’offrent les nuages et le brouillard. Les brouillards sont descouches de vapeurs qui, reposant sur le sol, environnent l’observateur. Lesnuages, au contraire, sont des couches plus légères suspendues dans un airparfaitement transparent. Cet état de choses doit contribuer à modifier lesréfractions dans ces amas de vapeurs vésiculaires. L’expérience nous offredes exemples de ces contradictions apparentes. M. Arrago, à l’invitation deM. Laplace, a pris quelques hauteurs méridiennes du soleil vu à travers desnuages qui en laissoient apercevoir distinctement les bords. Cet astronomen’a pas observé que les réfractions fussent changées par le passage du rayonà travers un groupe de vapeurs vésiculaires. Pendant mon séjour dans leroyaume de Quito, j’ai pris des angles d’élévation de la cime de plusieursvolcans, nommément de ceux d’Uinissa et de Cotopaxi, au moment que desflocons de nuages blancs et transparens couvroient la crête de la Cordillère.J’étois sûr d’évaluer, je ne dis pas une quantité absolue, mais bien unedifférence de cinq ou six secondes sexagésimales. Cependant, je ne