REÇU EIL
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trouvai pas que l’angle apparent fût sensiblement variable avant et aumoment de la formation du nuage.
Le brouillard ne produit pas constamment le meme effet. Dans une ma-tière aussi délicate , il importe de réunir tous les faits qui ont été bienconstatés. En parcourant le grand travail de M. Delambre , sur les réfrac-tions atmosphériques, contenu dans le second volume de la Base du systèmemétrique, on y trouve des observations très-curieuses faites à Boiscommunpendant un temps de brouillard épais. La vapeur vésiculaire augmentatellement le jeu des réfractions terrestres, que neuf résultats donnèrent àM. Delambre le facteur n entre 0,146 et 0,175, tandis que des mesuresprises par un air transparent présentent ce facteur de la moitié plus petit,égal à 0,078. Mais cette contradiction apparente entre l’action qu’exerce lenuage sur le rayon lumineux et l’action qu’on attribue au brouillard, n’apas de quoi nous étonner. Les nuages, selon des observations directes quej’ai eu occasion de faire sur la pente de la Cordillère des Andes, ont sou-vent 12 à 1600 mètres d’épaisseur perpendiculaire. On conçoit comment,malgré ce volume, malgré cet agroupement énorme de vapeurs vésiculaires,le rayon lumineux peut passera travers le nuage, comme s’il passoit à traversun verre parfaitement plan. Si les globules de vapeurs sont solides, l’obser-vateur voit le disque solaire par des rayons qui passent par le centre, ou pardes rayons qui traversent l’air humide dans lequel nagent les globules :si, au contraire, les petites sphères sont creuses, la lumière, en pénétrantdans l’intérieur à travers une pellicule d’eau très-mince, éprouve en entrantla meme inflexion quelle subit en sortant. L’extinction de la lumière doitêtre presque nulle, si (comme le rend probable M. Laplace, dans son sup-plément à la Théorie de l’action capillaire) l’enveloppe est une lame d’eaudont l’épaisseur est plus petite que le rayon d’activité sensible de ses mo-lécules. L’air dans lequel se trouvent les vapeurs vésiculaires est saturéd’eau, et, comme nous venons de le voir tantôt par les expériences duprisme de M. Biot, l’eau dissoute n’altère aucunement le jeu des réfractions.
Il paroit donc que les expériences de M. Arrago et les miennes, sur le pouvoirréfringent des nuages, sont conformes à la théorie. Les phénomènes extraor-dinaires observés par M. Delambre pendant un mois entier à Boiscommun,peuvent avoir été causés, non par l’état hygrométrique de l’atmosphère ,mais par des anomalies dans la loi du décroissement du calorique dans lescouches d’air superposées. C’étoient des observations de réfractions terrestres,