NIVELLEMENT BAROMETRIQUE.
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Sur les mesures de hauteurs faites à Vaide du baromètre pen-dant le cours du voyage aux régions équinoxiales du Nou-veau Continent , par A . de Humboldt .
J’ai réuni dans un seul tableau les mesures barométriques que j’ai faitesconjointement avec M. Bonpland , pendant l’espace de cinq ans dans l’inté-rieur de l’Amérique, depuis les 12 0 de latitude australe jusqu’aux 21 0 delatitude boréale , et depuis les 76° jusqu’aux io4° de longitude occidentaledu méridien de Paris. Je crois pouvoir me flatter que ce tableau sera de quel-que intérêt pour la géographie physique de notre globe. Les deux hémisphèresne présentent pas d’étendue de terrain également considérable sur laquelleon ait déterminé un aussi grand nombre de hauteurs. Presque toutes lesmesures ont été faites avec le même instrument. Elles ont été calculées d’unemanière uniforme , d’après la formule de M. Laplace, en y introduisant lenouveau coefficient de M. Ramond.
Occupé de recherches botaniques et minéralogiques, je n’ai pas eu le loisirde faire des courses lointaines simplement dans le but de porter le baromètresur des cimes remarquables par leur élévation 5 je n’ai pu faire que les me-sures qui se lioient, pour ainsi dire, immédiatement à l’objet principal demon travail. Le nombre de points que j’ai mesurés et qui sont réunis dansle tableau précédent, s’élève à 4 ^ 3 . On n’a pas ajouté les hauteurs observéessimplement pour déterminer la limite supérieure ou inférieure de certains vé-gétaux. Ces dernières hauteurs ont déjà été employées en partie pour dresserla carte jointe à mon ouvrage sur la Géographie des Végétaux. D’autres setrouvent indiquées dans la description de nos Plantes équinoxiales , et dansla Monographie des Melastomes et des Rhexia publiée par M. Bonpland.En ajoutant aux résultats que j’offre en ce moment aux physiciens, quelquesmesures faites par la Condamine et Bouguer, celles de M. Caldas, et le peude hauteurs que l’on connoît sur le territoire des Etats-Unis $ on trouveraque le Nouveau Continent présente à-peu-près cinq cents points dont l’élé-vation au-dessus du niveau de la mer a été déterminée barométriquement.Je doute que dans toute l’Asie on en connoisse plus d’une cinquantaine,et cependant les nations les plus civilisées de l’Europe y ont eu des colonies