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Premier volume.
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364 NIVELLEMENT BAROMETRIQUE.

depuis trois siècles! Qu’il seroit important de fixer enfin la hauteur absoluede l’intérieur de la Perse et du Thibet!

Du grand nombre d’instrumens astronomiques et de physique que j’ai eusavec moi pendant le cours de mon expédition, aucun n’a exigé plus de soinet ne m’a causé plus de peine, je dirois presque plus de chagrin, que letransport du baromètre. Comme il vaut mieux ne pas observer du toutque de faire de mauvaises observations, on doit moins craindre de briser lebaromètre que de le voir dérangé. Les naturalistes qui ont fait des observa-tions dans les montagnes d’Europe, dans les Pyrénées et les Alpes, dans lespays civilisés, où l’on trouve des guides et souvent des guides intelligens , seplaignent cependant des difficultés qu’ils ont eu à vaincre pour conserver leursinstrumens pendant un voyage de trois à quatre mois. De combien ces diffi-cultés n augmentent-elles pas au milieu de la Cordillère des Andes , lorsqu’ongravit des pentes extrêmement inclinées, et qu’on marche sur un sol argileux etconstamment humide, où le pied glisse à chaque instant ! Un savant voyageurqui, dans ce moment, parcourt l’Afrique , M. Seetzen 1 a cru qu’il étoit abso-lument impossible de porter avec soi, dans une longue expédition, un ba-romètre exact. Il n’a pas même voulu en courir la chance.

Un baromètre destiné à une expédition hors de l’Europe doit être cons-truit de manière à pouvoir être facilement raccommodé par l’observateurmême , si celui-ci est muni de mercure et de tubes. Cette condition indispen-sable, à laquelle réfléchissent très-peu les artistes d’Europe et ceux qui tra-vaillent dans leur cabinet, suppose une grande simplicité de construction.Dans les courses que j’avois faites dans les montagnes d’Europe, depuis 1790jusqu’en 1797 , j’appris , par le grand nombre de baromètres brisés entremes mains, que ni ceux à syphons garnis de robinets , ni les fameux baro-mètres de Hurter , n’étoient propres à être emportés dans une expéditiondestinée pour les forêts de l’Orénoque ou pour les Cordillères du Pérou. Jedonnai la préférence aux baromètres portatifs de Ramsden, qui sont mu-nis de cuvettes à niveau constant, qui se transportent retournés dans une po-sition à-peu-près verticale, et dans lesquels le tube se brise d’autant plusdifficilement, qu’il joue avec liberté dans une rainure de bois. J’ai em-porté le même baromètre de Ramsden , sans changer de tube , depuis Salz-bourg, par Paris, Marseille, Perpignan, le Mont-Serrate , Madrid, Cumana

1 Journal astronomique de M. de Zitck , 1802, pag. 2ji.