Band 
Premier volume.
JPEG-Download
 

NIVELLEMENT BAROMETRIQUE. 87 1

altérer les résultats d’un calcul exact. Ce jeune savant infatigable a malheu-reusement construit ses tables hypsométriques après avoir terminé le calcul detout le nivellement du Nouveau Continent. Au moyen de ces tables, il par-vient à calculer, d’après la formule de M. Laplace, qui exigeoient primitive-ment douze logarithmes, trente hauteurs dans l’espace d’une heure.

Il n’y a pas très-long-temps que l’on n’auroit pas osé agiter la questionsi une mesure faite au moyen du baromètre peut atteindre l’exactitude desopérations trigonométriques. Dans l’état actuel de nos connoissances , il estdifficile de décider à laquelle des deux méthodes on doit accorder la pré-férence , si les observations- ont été faites sous des circonstances favorables,et en remplissant les conditions que la théorie et une longue expérienceont prescrites. Le géomètre redoute le jeu des réfractions terrestres ; le phy-sicien doit craindre lâ distribution inégale de la chaleur dans la colonned’air aux extrémités de laquelle se trouvent les deux baromètres. Il est plusque probable que près de la surface de la terre, le décroissement du calo-rique 1 est plus lent qu’à de plus grandes élévations; et pour connoitre exac-tement la densité moyenne de toute la colonne d’air, il faudroit, en s’élevantdans un ballon, pouvoir examiner la,température de chaque couche.

Des physiciens célèbres ont avancé que le coefficient déduit des obser-vations précises de M. Ramond n’appartient qu’à un climat analogue à celuides Pyrénées , et qu’un coefficient barométrique doit être fonction de la lati-tude du lieu. Sans doute la valeur de ce coefficient, les réfractions et le dé-croissement du calorique dans les couches de l’atmosphère sont trois objetsintimément liés entre eux. Mais le mélange .chimique de l’air étant partoutle même et la vapeur aqueuse , comme l’a prouvé l’auteur de la Mécaniquecéleste , n’influant que peu sensiblement sur les trois objets indiqués, on neconçoit pas pourquoi les modifications de l’atmosphère ne seroient pas lesmêmes sous toutes les zones. D’ailleurs, existe-t-il un nombre suffisant debonnes observations astronomiques qui prouvent que les réfractions appar-tenant à des angles de hauteur moindres de dix degrés, sont différentes enété et en hiver, dans des climats très-éloignés les uns des autres, lorsque lesobservations ont été' corrigées par la température et la hauteur barométri-que? Le décroissement du calorique ne paroit fonction de la latitude, qu’au-tant qu’il dépend de la température normale des plaines , et le décroissement

' Voyez plus haut dans mon Mémoire sur les réfractions , pag. 1 38.