DIVERSES.
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tnais cels pourtant qu’ils me rendent content de moi-mëme,ôc m’inspirent la fierté d’ame d’un homme qui se sent bienordonné, ôc qui ayant eu le courage de faire ce qu’il falloirpour l’être, croit pouvoir s’en imputer le mérite. II dépendoitde moi, non de me faire un autre tempérament, ni un autrecaractère, mais de tirer parti du mien , pour me rendre bonà moi-même , ôc nullement méchant aux autres. C’est beau-coup que cela, Moníìeur, ôc peu d’hommes en peuvent direautant. Aussi je ne vous déguiserai point que, malgré le sen-timent de mes vices, j’ai pour moi une haute estime.
Vos gens de Lettres ont beau crier qu’un homme seul estinutile à tout le monde , 6c ne remplit pas ses devoirs dans lasociété. J’estime moi, les paysans de Montmorenci des mem-bres plus utiles de la société, que tous ces tas de désœuvréspayés de la graisse du peuple , pour aller íìx fois la semainebavarder dans une Académie ; 6c je fuis plus content de pou-voir dans l’occasion, faire quelque plaisir à mes pauvres voi-sins , que d’aider à parvenir à ces foules de petits intrigans,dont Paris est plein, qui tous aspirent à l’honneur d’être desfripons en place, 6c que pour le bien public, ainsi que pourle leur, on devroit tous renvoyer labourer la terre dans leursprovinces. C’est quelque chose que de donner aux hommesPexemple de la vie qu’ils devroient tous mener. C’est quelquechose quand on n’a plus ni force, ni santé pour travailler deses bras , d’oser de sa retraite , faire entendre la voix de lavérité. C’est quelque chose d’avertir les hommes de la foliedes opinions qui les rendent misérables. C’est quelque chosed avoir pu contribuer à empêcher, ou différer au moins dans
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